Vu de Jérusalem

Commentaires de l'actualité israélienne, réflexions sur le conflit israélo-palestinien, le Judaïsme, les Sciences... le monde vu depuis son centre névralgique, depuis Jérusalem, d'un point de vue probablement juif, français, à la sauce israélienne, le mien

vendredi 27 juin 2008

Chambre à gaz - Version globale

La chambre à gaz est la meilleure métaphore pour exprimer la réalité du monde dans lequel nous vivons:

Extérieurement, une chambre à gaz ne se distingue en rien d'une salle de douche. La seule différence: un MaidanekBadundDesinfektiondispositif caché permet, par simple pression d'une manette, de transformer instantanément la proprette salle de douche en salle d'exécution.

Maydanek. "Bain-douche et désinfection"

Depuis que des missiles balistiques à têtes nucléaires ont été installés au coeur de caches souterraines aux quatre coins du monde et qu'ils sillonnent furtivement le fond des mers dans les sous-marins, c'est la planète entière qui possède désormais ce double visage: une planète normale, jolie, regorgeant de destinations touristiques, qui en même temps, par une simple pression sur un bouton peut instantanément se transformer en enfer mortel. Une chambre à gaz globale, c'est ce qu'est devenue notre planète.

Dans les deux cas le même dispositif psychologique est à l'oeuvre: apparence tout à fait normale du lieu; présence dissimulée du moyen d'extermination qui permet de vivre normalement au lieu même de l'extermination sans s'en soucier; possibilité qu'a un individu de "lever le rideau" du décor d'une simple pression et exterminer en masse.

Il y a un lien historique direct entre ces deux types de chambre à gaz:

Les USA se sont lancés dans une course à la bombe A pendant la deuxième guerre mondiale pour ne pas être devancés par l'Allemagne hitlérienne.
Les Nazis étaient beaucoup plus avancés dans la création d'une bombe atomique qu'ont voulu nous le faire croire les physiciens allemands; selon l'historien allemand Rainer Karlsch il semblerait même qu'Hitler ait devancé les alliés! Son livre: La bombe d'Hitler.

NagasakibombLe champignon nucléaire au-dessus de Nagasaki

Quoiqu'il en soit, en 1939 trois physiciens nucléaires, Leo Szilard, Edward Teller et Eugene Wigner, des réfugiés juifs hongrois, sont persuadés que les Nazis pourront construire une bombe atomique. Ils convainquent un autre réfugié plus connu qu'eux, Albert Einstein de signer une lettre au président Roosevelt pour lui faire prendre conscience de l'importance de créer une bombe atomique avant les Allemands. De là va naître le Projet Manhattan qui conduisit à la première bombe. En 1945 Einstein écrit au président pour l'en dissuader. Mais les américains s'en sont finalement servis pour faire tomber le Japon et mettre ainsi fin à la guerre. Einstein regretta publiquement d’avoir mobilisé les États-Unis au sujet de la bombe et milita pour un monde sans arme nucléaire.

L'annihilation de Hiroshima et Nagasaki avait pour but de terroriser en tuant des civils. C'est le premier attentat terroriste, et demeure le plus terrible commis jusqu'à aujourd'hui; en tant que tel il est injustifiable. Depuis nous vivons dans "l'équilibre de la terreur" et le terrorisme actif.

C'est la Corée du Nord qui est une des principales sources des capacités balistiques et nucléaires de l'Iran qui font du Moyen Orient une "chambre atomique" locale particulièrement "chaude". Les Nord-coréens ont expérimenté les armes chimiques dans des chambres à gaz sur des détenus politiques et leurs familles (voir: Les chambres à gaz de Kim Jong Il). Leurs missiles ont repris la technique des V2 nazis.  Ils ont développé un système concentrationnaire effroyable (voir cette excellente étude: Un goulag si discret... ).

Les Nord-coréens collaborent avec les Syriens dans le développement de leur arsenal d'armes chimiques. Israël est directement visé. Pas une de ses villes qui ne soit à portée des missiles de Damas.
Nous avons l'habitude, ici, de cette menace. Par deux fois déjà - lors des guerres du Golfe - nous avons dûHiroshima_aftermath isoler une chambre dans notre appartement et nous y enfermer, le visage dûment revêtu de masques à gaz. Ainsi chaque famille en Israël a construit dans sa maison une "chambre anti-gaz", à l'aide de feuilles de plastique et de scotch.

Hiroshima après

J'ai une tante qui est décédée d'une attaque cardiaque soudaine à la fin de la première Guerre du Golf. Son père a été gazé à Auschwitz. Nous ne saurons jamais si cette femme, profondément croyante et sioniste, n'est pas morte d'avoir vu sa famille de nouveau confrontée aux gaz mortels, en un court-circuit historique insoutenable.

La continuité historique et idéologique entre hitlérisme et khomeynisme via le communisme nord-coréen, est un fait. Le Juif, individuel ou sous forme d'Etat, demeure la victime de choix.
Il n'y a pas de solution de continuité entre les chambres à gaz nazies d'hier et la grande chambre à gaz globale d'aujourd'hui.

Quelles différences toutefois entre ces deux situations?

- La première différence est différence d'échelle évidente: la "chambre nucléaire" est globale - la mondialisation est passée par là aussi - et le dispositif exterminateur est éloigné géographiquement. Mais sa puissance ayant augmenté en proportion, la densité du danger reste comparable. Et comme la vitesse et la technique réduisent les distances, la planète est bien comparable à une chambre: un missile balistique passe d'un coté à l'autre de la planète en une demi-heure; un pays peut être partout grâce à l'ubiquité de sa flotte sous-marine et de ses bombardiers stratégiques.

La métaphore du "village global" m'apparaît bien dépassée: un village ne se réchauffe pas si quelques pollutioncheminées fument un peu trop; une maison, une chambre, si. Le réchauffement planétaire est donc le symptôme le plus clair de ce que la planète terre est devenue un réduit étouffant, une chambre à gaz globale.
A gaz vraiment?
Mais on ne parle que d'eux, les gaz à effet de serre! Vous n'aviez pas compris cela? B
ienvenue dans la chambre à gaz à effet de serre!
Vous trouvez que j'exagère? Je l'espère sincèrement.
Le réchauffement climatique pourrait s'accélérer en cercle vicieux et tourner en véritable scénario-catastrophe: le réchauffement provoque la libération du CO2 et du méthane emprisonné dans le permafrost arctique, ce dernier est un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2; la teneur de l'atmosphère en vapeur d'eau - autre gaz à effet de serre redoutable - augmente suite à l'évaporation accrue des mers; plus d'incendies de forêt, donc plus de CO2...  Puis vient le coup de grâce: les clathrates du fond des mers se mettent à libérer les gigatonnes de méthane fossile qu'ils ont accumulé au cours des ères géologiques.

Nul scientifique ne peut infirmer ce scénario ni le valider avec certitude. Selon le climatologue Hervé le Treut, "les hydrates de méthane ne sont pas pour l'instant intégrés dans les modèles climatiques" qui nous fournissent des prévisions sur l’ampleur du réchauffement climatique. Les modèles les plus alarmistes actuellement sous-évaluent probablement les dangers. La question la plus cruciale: Comment et à partir de quel stade du réchauffement celui-ci risque-t-il de s'emballer, n'a pas de réponse actuellement. Certains scientifiques pensent même que l'irréversible cercle vicieux est déjà amorcé... 

- La deuxième différence porte sur l'agent utilisé. L'ancien agent était chimique, relativement primitif: le fameux Zyklon B, du cyanure en fait. Aujourd'hui, nous avons toujours des agents chimiques, mais beaucoup plus puissants et pouvant être dispersés par obus ou missiles à longue portée: gaz VX, Sarin, Soman, ricin; des agents nucléaires, produit de fission ou fusion, extrêmement efficaces et bien adaptés au théâtre global; les gaz à effets de serre et la pollution chimique globale (mercure, etc.), qui sont produits involontairement et entraînent une mort lente et insidieuse.

- La troisième différence est la réciprocité des rôles bourreaux/victimes. Pendant la deuxième guerre mondiale, le monde était séparé en deux camps: d'un côté le troisième Reich, de l'autre le reste du monde, ses victimes potentielles. Aujourd'hui les camps sont autant de nations ou blocs nationaux figés en un "équilibre de la terreur". La "chambre à gaz globale" est compartimentée en sous-chambres nationales ou régionales cloisonnées. Chacun est en même temps bourreau et victime en puissance. L'idée que les forces opposées s'annulent en un "équilibre" donne une impression trompeuse de stabilité. Elle est un facteur supplémentaire de quiétude indifférente. On va jusqu'à parler de "paix nucléaire"!

Cela est vrai dans le monde entier, pour l'Inde et le Pakistan par exemple, mais pour Israël, face à l'Iran et ses bras terroristes, l'équation de la dissuasion réciproque apparaît faussée: l'idéologie suicidaire des bassijis; l'utilisation d'armes atomiques par des organisations terroristes qui utilisent des civils innocents comme bouclier vivant; la dissymétrie de taille entre Israël et l'Iran, dissipent l'illusion de la paix par la dissuasion. Il n'y a plus d'équilibre de la terreur, elle est d'un seul côté. Reste la possibilité impossible pour Israël d'utiliser sa puissance nucléaire à la Samson.
L'inefficacité des sanctions et l'absence de toute action militaire font que chaque jour rapproche la menace nucléaire iranienne envers Israël de sa concrétisation. Israël risque d'être contraint à agir contre l'Iran comme il l'a fait en 1981 en Irak (Osirak) et, récemment, en Syrie. Israël jusqu'à maintenant a réussi à empêcher la chambre à gaz atomique locale de se refermer sur lui.
Se faisant il contribue à contenir la prolifération nucléaire au Proche-Orient.

- La quatrième et dernière différence entre les deux formes de chambre à gaz, celles des camps d'extermination et la globale, porte sur la connaissance du danger par les victimes. Contrairement aux déportés qui pour la plupart ignoraient le sort qui les attendaient, nous sommes au courant, nous pouvons dénoncer le piège. Mais ce n'est pas si simple: le mécanisme exterminateur lui-même est dissimulé et se fait oublier facilement.
Nous sommes nés dans la "chambre à gaz globale", nous n'y avons pas été transporté. Nous n'avons jamais rien connu d'autre, sauf pour ceux nés avant les années 50. Les plus jeunes sont déjà les deuxième et troisième générations nées dans la chambre. L'habitude devient nature, donc cette situation est pour nous doublement normale: normalité spatiale des apparences plus normalité temporelle.
Celui qui la dénonce passe pour un paranoïaque, pour un fou, un anormal! Mais c'est le monde que nous avons produit qui est fou, mad comme on dit en anglais: MAD, pour Mutual Assured Destruction. La réciprocité et la confiance évoquées dans cette expression étaient jadis associées au commandement d'amour du prochain; les voilà remplacés par l'assurance de la mutualité dans la mort.
La marque de la folie de ce monde, c'est sa duplicité, son visage au masque souriant, qui d'un seul coup levé, révèle le rire hideux de la tête de mort.
Regarder en face ce double visage risque effectivement de rendre fou. Alors le commun des mortels, nous tous le plus souvent, fuyons, nous voilons la face.

Un biologiste américain prévoyant, Robert Shapiro, propose une fuite radicale: il a fait le projet d'une sorte d'arche de Noé sur la Lune ou Mars qui permettrait de sauver le patrimoine biologique terrestre et les acquis de la civilisation en cas de shoa globale. Comme un disque externe permet de faire le back-up du disque dur de votre ordinateur, le refuge extra-terrestre permettra de sauvegarder l'information biologique et culturelle de la planète.
Ce n'est pas demain  que cette solution sera mise en œuvre. Et puis nous risquons fort que soit copié aussi le virus destructeur sur le nouveau disque. Chacun voudra se garantir une part du refuge de survie; quoi de mieux que se la "sanctuariser" comme sur la bonne vieille terre?

Un cauchemar

Est-il possible de sortir de cette chambre à gaz, ou mieux, de la détruire? Comment faire munch_TheScream_bigpour retrouver l'air frais  et léger d'antan, quand aucune menace n'assombrissait le ciel?

Le cri, Edvard Munch - 1893

On a pu croire dans les années 70, avec les accords de limitation de leurs armements stratégiques SALT I puis II entre russes et américains, que nous étions sur la bonne voie. Mais en fait il n'était pas question d'aller au-delà d'une réduction d'armement, de faire des économies. De combien de bombes de 50 mégatonnes - 3000 Hiroshimas - avons-nous besoin? Pourquoi accumuler de quoi détruire la planète plusieurs milliers de fois? Quel gaspillage, alors qu'on peut se contenter - pour en être bien certains quand même - de la détruire une seule dizaine de fois!

Un cauchemar vraiment. L'équilibre de la terreur, une fois installé, s'avère indestructible. Même dans le cas totalement improbable où les deux camps se désarmeraient totalement et entraîneraient dans le mouvement toutes les plus petites puissances, subsisterait le risque qu'un Etat ou une organisation terroriste ait caché quelque part une bombinette. Il pourrait alors dominer le monde. Et même si toutes les bombes étaient vraiment détruites – c'est une expérience de pensée, nous ne rêvons pas - toujours restera la possibilité terrifiante que quelqu'un puisse reconstituer en secret son arsenal nucléaire, ce qui imposerait immédiatement de rétablir la fameuse MAD, la "Mutuelle Assurance de Destruction", pour franciser le sigle.

Quand on a mis les doigts dans l'engrenage de l'équilibre de la terreur, on en sort plus. Nous sommes coincés, nous sommes cuits. Car évidemment, on ne restera pas éternellement dans cet équilibre, surtout que le club des équilibristes n'est plus le cercle privé très sélect du début; maintenant n'importe qui s'y invite, même les pauvres.
Ça va sauter un jour ou l'autre. Ça DOIT sauter.

Il y aurait bien une solution en fait pour s'en sortir. Une seule. Mais elle semble encore très utopique aujourd'hui.
Pour la comprendre il faut bien voir d'où sortent l'arme de destruction totale d'une part, et la MADness de cet équilibre de la terreur, d'autre part.
 

Le moyen de la destruction – le feu nucléaire - a en quelque sorte pour origine le désir d'Einstein, selon seseinstein460x276 propres termes, de "lire les pensées du Créateur". C'est en cherchant à découvrir les secrets de la création de l'univers et ses lois immuables qu'il a découvert la théorie de la relativité, et avec elle la fameuse équation E = MC2.

Albert Einstein, 1953

Mais le physicien ne prend-il pas symboliquement la place de Dieu? Contrairement à ce que pensait Einstein, nous ne pouvons connaître le monde tel qu'il est par lui-même, le réel objectif en soit. Nous ne pourrons jamais qu'aborder le monde révélé à notre perception. Il nous faut alors avec humilité réintégrer l'observateur humain subjectif, le pauvre mortel,  dans le système du monde.
La physique quantique a pris en compte une partie du problème en comprenant qu'en tant qu'êtres macroscopiques, nous ne pourrons jamais contempler de phénomène quantique pur. Nous sommes à jamais condamnés à n'observer que ses interactions avec la matière macroscopique.
L'observateur implicite aux théories physiques classiques contemple le monde depuis un point de vue éternel; il regarde les processus de la création cosmique vieux de milliards d'années alors que des hommes capables d'avoir un tel regard scientifique n'existent que depuis quelques milliers d'années. L'observateur scientifique est comme hors du temps, être divin transcendant au système.

En fin de compte, j'ai l'air d'insinuer que les élans prométhéens de la physique moderne devaient nécessairement être punis de destruction nucléaire.
"Tu as voulu connaître mes pensées à travers la création, Albert, que n'es-tu resté dans le Beth midrash à les découvrir dans ma Torah? Tu vas voir de quel feu je me chauffe!" aurait dit en d'autres temps le biblique Créateur du Ciel et de la Terre.
Non je ne vois pas là la punition d'un dieu vengeur jaloux de ses prérogatives. Loin de moi ces interprétations apparemment bigotes... Pourtant tout se passe comme si c'était le cas. Seulement il n'y a pas "punition" par un être transcendant, mais conséquence logique, directe et immanente.

Je vais donner un exemple plus récent de ce phénomène, tiré du dernier numéro de La Recherche (No 420, juin 2008). L'histoire semble anecdotique et même un peu loufoque, mais elle est très significative: un biologiste et un écrivain scientifique viennent de porter plainte contre le CERN. Ils l'accusentCMS_Higgs_event de risquer de détruire cet été la planète, et même l'univers entier peut-être!
Cet été va être mis en service le LHC, un accélérateur de particules géant, destiné à étudier la matière à proximité du Big Bang. Autrement dit le but est de voir l'origine même de la création. Tentative incestueuse d'assister à la "scène primitive" dirait un psychanalyste.

Simulation de la désintégration d'un boson de Higgs

Et voilà la sanction immédiate: selon le biologiste et physicien Walter L. Wagner qui a porté plainte, la collision des protons envisagée risque de produire un micro trou noir artificiel qui pourrait engloutir toute la planète et même plus! Quoiqu'il en soit du sérieux de cette plainte, on ne peut écarter le risque qu'en augmentant toujours plus la puissance des accélérateurs de particules on finisse par produire une catastrophe. C'est apparemment ce qu'a pensé le tribunal de Haïti qui a jugé la plainte recevable.
Un autre risque serait la production de strangelets  dans le LHC qui pourraient faire entrer toute la planète en fusion...
La réponse du porte-parole du CERN qui se veut rassurant sur la fiabilité du LHC: selon les experts, la probabilité d'un tel événement est infime, donc négligeable.
La destruction du monde, négligeable!? Magnifique démonstration de responsabilité scientifique! Science sans conscience…

La surchauffe de la planète a au fond la même cause: la domination de la nature par l'homme-dieu aux appétits qui ne connaissent aucune limite, aucun shabbat pour s'y retrouver créature.

Souvent, dans le passé, des inventions scientifiques ont provoqué la panique du public non scientifique. Mais jamais la recherche n'avait fait craindre une disparition brusque et totale du globe terrestre dans sa totalité!
Cette histoire de procès en fin de monde, avec toute son  apparence anecdotique, est révélatrice d'une mutation  réelle de l'échelle des risques. En effet, peu doutent de ce que de futurs accélérateurs de particules encore plus puissants risquent de créer des trous noirs plus sérieux.

N'y a-t-il pas un stade auquel nous dirons: stop, cela suffit, ici il faut s'arrêter, cela devient trop dangereux?
Faut-il absolument expérimenter tout ce qui est possible? Peut-on ignorer toute limite?
Dans toute l'activité scientifique se trahit le désir des hommes de devenir des dieux, de détruire et créer des mondes, et surtout de se créer eux-mêmes et vaincre la mort. Ce but inconscient est patent en physique, en biologie ou en cybernétique.

Mais ce qui est le plus significatif est le lien de cause à effet entre connaissance de l'origine et destruction totale. Plus nous approfondissons notre étude des briques fondamentales de la matière, plus la quantité d'énergie en jeu se fait prodigieuse. La puissance nouvelle conférée à l'homme n'est à priori ni bénéfique ni maléfique par elle-même. Tout dépend de l'utilisation qui en sera faite, dit-on. Alors la science serait neutre?

Désolé pour les "progressistes" croyants du scientisme, mais il s'avère toujours plus facile de détruire que de construire. C'est une loi universelle; en physique elle s'appelle "second principe de la thermodynamique". Les énergies titanesques libérées sont tout d'abord mises au service des forces de destruction.

Un exemple: la découverte de la fusion nucléaire a tout de suite trouvé application dans la bombe H; par contre, nous n'arrivons toujours pas à maîtriser la fusion contrôlée qui pourrait régler tous nos problèmes énergétiques et de réchauffement climatique...

Les physiciens juifs
C'est bien malgré son auteur que la fameuse équation d'Einstein, équivalant masse et énergie, a conduit à la mise au point de la première bombe atomique à Los Alamos. Après les travaux pionniers de Lise Meitner  et de son neveu Otto Frisch sur la fission, ce sont d'autres physiciens, Robert Oppenheimer, Leó Szilárd  l'ami d'Einstein et Enrico Fermi qui ont mené à bien, si on peut dire, cette tâche.

Le fait que la plupart des physiciens impliqués dans la création de la première arme nucléaire aient été juifs mérite réflexion. Question certes sulfureuse - étant donné l'usage qu'en font certains antisémites - mais que je ne veux pas éluder.
La bombe aurait été produite tôt ou tard sans l'aide des physiciens juifs, et même sans Einstein. De fait, le programme français mené par les Joliot-Curie était le plus avancé avant-guerre. Leur cyclotron continua à fonctionner pendant l'occupation et sera utilisé par les Allemands. Quant aux physiciens en Allemagne même, ils touchaient au but. Mais si les physiciens juifs - eux mêmes formés à la même école allemande - n'avaient pas appartenu à la "race inférieure", s'ils étaient de "la race des seigneurs", ils n'auraient pas eu à fuir le nazisme. L'Allemagne aurait construit l'arme nucléaire en premier, vraisemblablement bien avant la fin de la guerre. Hitler n'aurait pas hésité alors à faire exploser ses premières bombes sur Londres, Moscou et New York. Il aurait vaincu le monde libre.

413px_Lise_MeitnerLa haine antisémite d'Hitler est donc ce qui l'a perdu. Grâce à elle les physiciens juifs européens ont émigré aux États-Unis, ce qui a ralenti le programme nucléaire du Reich. Il n'y a pas de doute que leur rage de battre Hitler et leur sentiment de l'urgence ont beaucoup contribué à ce que les USA gagnent la course à l'atome et donc à ce que les démocraties soient sauvées.

Lise Meitner, 1928. Une femme physicien? Son collaborateur Otto Hahn reçu le prix Nobel de physique qui lui revenait.

Mais c'est Hitler qu'ils visaient. Roosevelt s'est servi d'eux, avec méfiance en plus, car ils étaient communistes pour la plupart. Hiroshima et Nagasaki en firent les premiers opposants au nucléaire. Dans ce but Einstein et Szilárd fondent en 1946 le Comité d'urgence des scientifiques atomistes.

Nous avons étudié des moyens de produire l'annihilation, la Vernichtung, nucléaire totale; voyons maintenant sa cause profonde et comment l'éviter.

Le mal et son remède

Les États semblent se menacer mutuellement de destruction de façon essentielle, de par leur nature même. Tout Etat qui resterait sans armée baisserait la garde et serait aussitôt attaqué par son voisin.
Ce n'est pourtant plus vraiment le cas des États européens entre eux; ce n'est assurément pas le cas des États d'une fédération, tels les États du Brésil ou des USA, qui n'ont pas besoin de dissuasion ou d'équilibre de la terreur pour se côtoyer paisiblement et collaborer ensemble à la richesse de l'Etat fédéral.

Dès lors, nous avons identifié le mal et son remède: la souveraineté étatique est le grand responsable. Elle doit être annulée dans la souveraineté d'un cadre englobant plus grand.
En effet, la souveraineté d'un Etat signifie qu'aucune loi extérieure à lui ne peut venir le limiter. M10120Potentiellement tout Etat se doit de dominer le monde entier pour assurer sa pérennité. La souveraineté est universelle, totale et exclusive par nature.

Idoles de bronze de Moloch*

C'est l'idole-roi Moloch, toujours assoiffée de chair fraîche humaine. Seule une autre idole, une autre souveraineté étatique peut la limiter en menaçant son existence même. D'où l'équilibre de menace de destruction réciproque qui règne entre les Léviathans. L'équilibre annihilateur nucléaire n'est qu'une expression de ce dernier. Il permet - c'est le terme consacré - de "sanctuariser" le territoire national. Chaque pays "qui a la bombe" est la Terre Sainte du dieu Atome, le Feu de Moloch, que servent les grands prêtres de l'Etat.
Pour la vraie Terre Sainte cette sanctuarisation ne fonctionne pas - bien sûr. Les deux peuples juif et palestinien, dont les souverainetés se nient mutuellement, sont bien trop imbriqués géographiquement pour qu'une bombe atomique soit d'une utilité quelconque... Ce sont eux, j'en suis convaincu, qui apporteront la solution. Nous en parlerons à une prochaine occasion.

La transformation de la chambre à gaz planétaire en résidence de rêve – si elle se fera - ne se fera que par l'établissement d'une Fédération Mondiale.
Ce n'est pas par hasard si Einstein préconisait la création d'un État mondial. Il a suscité la maladie et aussitôt concocté son remède.

Nous n'avons plus le choix. Il faudra que chaque peuple renonce mutuellement et de façon concertée à sa souveraineté étatique au profit d'un souverain du monde. Toute menace nucléaire sera éliminée comme par enchantement. Et seul un tel cadre fédéral donnera les moyens de juguler le réchauffement global.
L'existence de chaque Etat au sein de la fédération sera garantie par la constitution mondiale. La synergie des différentes cultures et économies, ainsi que les avantages incommensurables qui résulteront de la paix universelle, rendront inutile la répression de toute sécession et interdiront un retour en arrière.

Le Souverain du  Monde, Ribono shel olam, Rabb el alamin, n'est autre que le Créateur du Monde comme nous l'avons montré précédemment, et cette fédération mondiale sera sa création ultime. C.Q.F.D. Hallelouyah!

Connaître Ses pensées, les secrets de la création, oui. Mais il faut au préalable Le reconnaître, renoncer à prendre sa place pour devenir – à son image – des créateurs de mondes nouveaux. Ainsi prendra fin l'Histoire des peuples et de leurs guerres.

Faire reconnaître Le Souverain du Monde par toutes les nations est tout d'abord le rôle du peuple sorti d'Egypte. C'est à la nation des prêtres d'établir le trône du Roi des rois. Quand ils se font membres d'autres peuples, oubliant leur mission, ils s'autodétruisent.  Quand ils s'occupent d'autres choses que de leur sacerdoce, l'humanité chancelle. Malheureusement la catastrophe devra être frôlée pour que soit révélé le salut.

La suite? Cela, même les prophètes ne l'ont pas vu.

* http://www.cosmovisions.com/$Moloch.htm

Posté par yeudas à 07:18 - Environnement - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 11 juin 2008

Pour se faire plaisir

Pour les 60 ans de l'Etat d'Israël plusieurs chefs d'Etat ont prononcé des discours plus que chaleureux à l'égard de notre pays. Est-ce dû en partie à la montée du danger terroriste un peu partout dans le monde? Peu importe, faisons-nous plaisir!

Je cite ici le discours du premier ministre canadien Stephen Harper que m'a communiqué mon ami

8 mai 2008

Toronto

20080508_israel_1Merci de cet accueil chaleureux. Merci, Ivan de cette aimable présentation. Monsieur le Consul général, Monsieur le ministre Flaherty, honorable Chef de l’opposition, chers collègues des législatures fédérale et provinciale, membres de la United Jewish Appeal Federation, Mesdames et Messieurs, je suis très honoré de participer aux célébrations entourant ce soir le soixantième anniversaire de la fondation de l’État d’Israël.

C’est vraiment pour moi un honneur de prendre part à la célébration de ce soir. Israël a toujours été pour moi un symbole – un symbole du triomphe de l’espérance et de la foi. Après 1945, le monde dévasté dans lequel nous vivions avait désespérément besoin de se sortir de la désolation et de l’obscurité dans lesquelles l’avait plongé la guerre. Après tant de peine et de souffrance, l’humanité avait besoin de réconfort et d’un vent d’optimisme. Après tant de morts et de destruction, nous avions besoin de nous forger un nouveau rêve : celui d’un monde meilleur et plus civilisé. Nous avions besoin d’une source d’inspiration. Et c’est le peuple qui avait le plus souffert qui a été cette source. En prêchant par l’exemple, il a mené le monde vers la lumière. Venant de l’Europe dévastée et d’autres pays sur la planète, les descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ont pris la route pour rentrer chez eux. Leur pèlerinage était l’aboutissement d’un rêve vieux de deux mille ans, un tribut à la quête insatiable de liberté de l’humanité, un testament à la volonté invincible du peuple juif.

Ces soixante dernières années, Israël est devenu l’un des pays les plus prospères du monde, une terre où l’on cultive l’ingéniosité et l’esprit d’initiative, une oasis qui rend hommage au génie agricole de ses habitants, une source inépuisable d’art et de haute culture, un modèle de démocratie. Israël est, à n’en pas douter, le « miracle du désert ».

Mais, à mon avis, Israël puise sa force et sa réussite parce qu’il est voué aux valeurs universelles de tous les peuples civilisés et que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.

J’espère pouvoir me rendre bientôt en Israël pour constater le « miracle » de mes propres yeux. Pour voir comment des millions de gens de tous les coins du monde avec leurs langues et traditions si différentes se sont regroupés pour bâtir un pays moderne, prospère, vibrant et démocratique. C’est un pèlerinage auquel je rêve depuis bien longtemps et auquel je tiens encore plus depuis ma visite d’Auschwitz au printemps dernier. Je veux voir personnellement ce que les survivants de l’holocauste et leurs descendants ont accompli. Car ils symbolisent au plus haut point – et comme cela n’a jamais été vu dans l’histoire de l’humanité – la résilience et le renouveau. Je veux aussi transmettre en personne le message d’appui inébranlable du Canada envers Israël.

Malheureusement, à 60 ans, Israël demeure un pays menacé – menacé par les groupes et les régimes qui nient jusqu’à ce jour son droit d’exister. et pourquoi? Ne nous y trompons pas, au-delà de rationalisations à peine voilées, ils détestent Israël, tout comme ils détestent le peuple juif. Notre gouvernement estime que ceux qui menacent Israël menacent par là même le Canada. Car, comme nous l’avons vu pendant la dernière guerre mondiale, le sectarisme alimenté par la haine et dirigé vers quelques-uns est finalement une menace pour tous. On doit donc s’y opposer, où qu’il se manifeste.

Dans cette bataille incessante, le Canada se range de tout cœur aux côtés de l’État d’Israël, notre ami et allié dans la famille des pays démocratiques. Nous nous sommes portés à la défense d’Israël quand cette démarche n’était pas très populaire et nous continuerons de le faire, comme je l’ai promis.

Nous espérons tous – et prions pour cela je le sais – qu’un jour la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit seront des réalités pour tous les peuples du Moyen-Orient.

La consécration de ces valeurs est le meilleur moyen d’assurer une paix durable à la fois pour les Israéliens et les Palestiniens. Les fondements d’un avenir pacifique existent. partout en terre sainte, chacun, quelle que soit sa religion veut ce que nous voulons tous et toutes, à savoir un lieu sûr où vivre, des possibilités d’avancer, une bonne vie pour les enfants et un avenir pour les petits enfants. Alors que nous sommes réunis ce soir pour célébrer les premiers soixante ans de l’État d’Israël, prenons tous la résolution qui est la nôtre, à titre de Canadiennes et de Canadiens, de faire notre possible pour appuyer les Israéliens et leurs voisins dans leur quête d’un avenir meilleur.

La route sera parsemée d’embûches, mais si l’on songe au chemin qu’Israël a parcouru en si peu de temps et face à des obstacles apparemment insurmontables, aucune force ne pourra – je crois – réussir à assombrir les perspectives de liberté et de démocratie que fait briller ce pays.

Joyeux 60e anniversaire.

Merci beaucoup.

Shalom.

Stephen Harper

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mercredi 4 juin 2008

Groupe-pétition sur Facebook

Voilà un moment que je n'ai pas publié de message. Ce n'est pas par manque d'inspiration! J'étais en fait occupé à créer un groupe sur Facebook en réponse à la question de Bernice sur mon dernier message "Les affaires sont les affaires".
C'est une première étape pour exercer des pressions sur le Ministère de la Défense afin de l'amener à utiliser un des systèmes de défense anti-roquettes américains: d'abord constituer un groupe suffisamment important autour d'une pétition, puis l'adresser au gouvernement et aux députés de la Knesset. Je compte surtout sur les députés de l'opposition qui n'ont pas encore réagit à ce scandale. Par la suite on pourra envisager de manifester.

Alors je vous invite à joindre ce groupe "Israel Government, protect your Citizens, not RAFAEL!" et à le faire connaître de vos contacts.

A bientôt!

Yehuda


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vendredi 23 mai 2008

Les affaires sont les affaires

Enfin cette bonne nouvelle dans Haaretz d'avant-hier:

Contrairement à sa précédente décision d'il y a un an déjà (4 juin 2007), le ministère de la défense a finalement décidé de tester le système anti-roquette Vulcan Phalanx. Le ministre avait préféré alors le système de la société israélienne Rafael "Iron Dome" qui n'a pas encore fait ses preuves, coûtera des closein_weapon_systemmilliards de shekels, et ne devrait être fonctionnel qu'en 2011! Les habitants de Sdérot et des Kibboutz environnants n'avaient qu'à s'armer d'un peu de patience! Et d'ici là, les Palestiniens auront trouvé autre chose...

Le système Vulcan Phalanx

Le système Phalanx produit par la société américaine Raytheon, lui, est parfaitement opérationnel et peut être immédiatement mis en place. De plus il est relativement bon marché (8 à 15 millions $) et ses munitions aussi. Chaque missile lancé par "Iron Dome" coûtent de 30 à 50,000 dollars alors qu'un Kassam ne coûte presque rien!
En fait on a appris ensuite, bien après que le "Dome de fer" soit approuvé, qu'il ne pourrait pas protéger Sdérot car elle est trop proche de Gaza. On a envisagé de créer une zone tampon pour que les tireurs soient à la bonne distance... (Haaretz).

Le système de défense rapprochée Vulcan Phalanx  a été à l'origine mis au point pour la marine et donne satisfaction depuis plusieurs décennies. Sauf dans la dernière guerre du Liban lorsqu'une corvette porte-missile israélienne Saar-5 a été touchée par un missile. Mais le Phalanx n'avait pas été mis en route!

La version terrestre plus récente s'appelle le système C-Ram. La batterie se compose d'une mitrailleuse lourde à tir ultra-rapide (6.000 projectiles à la minute) couplée à un système radar. Une fois un missile détecté, les canons créent un rideau d’acier de balles volant à la vitesse d'un kilomètre par seconde - quatre fois plus vite qu’un Kassam. Selon les rapports américains le système est d'efficace à 80 % contre les missiles  et obus de mortier.

Ce système est bien assez bon pour les États-Unis et les forces armées britanniques et canadiennes qui emploient le Phalanx pour protéger leurs bases en Irak et en Afghanistan. Mais le plus convainquant est queC_ram les américains s'en servent pour défendre toute la zone verte, la zone gouvernementale de Bagdad.

Le système terrestre C-RAM

Mais le ministre israélien voit les choses d'un autre oeil. Cela fait environ un an maintenant que des experts indépendants et des spécialistes de Tsahal avaient essayé de convaincre Ehud Barak. Cependant, l'idée a été constamment rejetée par le ministère de la défense.

Un autre spécialiste en balistique dont j'avais lu un article il y a quelques mois, le Dr. Nathan Farber, avait essayé de convaincre le ministère depuis longtemps, sans succès. Je m'étais dit alors les spécialistes du Ministère doivent savoir de quoi ils parlent...

L'explication officielle du rejet reste dans le flou: "après étude les experts ont conclu que le système ne satisfait pas les besoins de défense d'Israël contre des mortiers et des missiles Kassam".
Des sources au ministère ont ensuite expliqué que le système ne convient pas pour Sdérot parce qu'il ne peut protéger que des zones de quelques centaines de mètres carrés seulement.

On nous prend pour des imbéciles? La Green Zone de Bagdad à une surface de 10 km², ce n'est pas si petit! Et la base militaire de Zikim, près d'Ashkelon - où avant-hier encore un soldat a été blessé par un tir de mortier - elle est aussi trop grande pour être protégée? Et les kibboutz qui jouxtent la frontière?

D'après Uzi Rubin, un spécialiste des missiles et ancien responsable du Ministère de la Défense, quatre batteries C-RAM  - pour 15 million $ pièce - pourraient défendre Sdérot de façon efficace contre les roquettes Kassam. Cela aurait pu être fait depuis des années. (Voir ce site militaire). Pour comparaison, le renforcement en béton des 8000 maisons proches de Gaza que le gouvernement a été contraint d'approuver il y a peu coûtera près de 100 millions $.

Un autre système américain qui a été rejeté est un système laser nommé "Skygard" de Northrop Grumman. 100% efficace, moins cher que le système de Rafael et pouvant être mis en place plus rapidement. Le ministère de la défense n'a pas daigné répondre aux propositions des américains.
Lorsque le directeur général du ministère de la défense décide l'année dernière d'aller voir sur place aux USA le système laser, "on" fait passer dans les médias israéliens une fausse information: la plupart des essais ont échoué. En fait il n'y a eu aucun essai et ne devait pas y en avoir. (omedia.co.il, aujourd'hui). Les défenseurs de l'industrie bleu-blanc sont vraiment très efficaces... 

Une batterie C-RAM a finalement été commandée aux USA pour la tester contre les mortiers et Kassams tirés depuis la bande de Gaza. Toutefois, on ignore quand elle arrivera en Israël. On raconte que le directeur général du ministère, Pinhas Buchris, aurait pris cette décision malgré l'opposition de plusieurs haut-fonctionnaires.

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Le vaisseau Saar-5. Un missile chinois tiré par des experts iraniens l'a touché depuis la côte libanaise

Début mars, une délégation des fonctionnaires du ministère de la défense et des officiers de l'Armée de l'Air est allé aux USA évaluer le Phalanx. La délégation a conclu que "le système pourrait fournir au moins une réponse partielle à la menace venant de Gaza".

L’année dernière ce n’était pas suffisant?

Visiblement il y a d'autres raisons qui ont fait préférer le projet de Rafael malgré son coût.

Une première hypothèse est une mesure de rétorsion contre les américains qui ont refusé d'acheter le système israélien de  protection active de blindés TROPHY produit par Rafael.

L'autre hypothèse est plus probable mais j'ai du mal à l'envisager: si le système C-RAM s'avérait suffisant pour contrer les roquettes Kassam, on risquerait de ne plus avoir besoin du Iron Dome et le gouvernement aurait du mal à justifier son achat. Et si au contraire celui-ci avait l'occasion de prouver son efficacité à protéger la population du Néguev Occidental, ce serait un argument de vente inestimable pour son exportation vers tous les théâtres de combat.

Ce qui me rend d'autant plus suspicieux - outre notre manque maintenant chronique de confiance envers la classe politique - est la façon dont les décisions ont été prises: parmi les membres du panel d'expert qui a approuvé le projet et lui a alloué un fond de recherche d'un milliard de shekels se trouvait Yedidya Ya’ari, un proche d'Ehud Olmert et PDG de Rafael Armements! (Haaretz).

Olmert avait nommé son ami Ya'ari dans la Commission Winograd qui a enquêté sur la seconde guerre du Liban. Le Conseiller juridique du gouvernement, Menahem Mazouz, a annulé sa nomination une semaine plus tard pour conflit d'intérêt. Rafael, en effet, est une compagnie gouvernementale, ce qui plaçait Ya'ari dans la dépendance d'Olmert.

L'opinion publique israélienne, écoeurée par les effluves nauséabondes des "affaires" que laisse Olmert dans son sillage, n'est pas encore vraiment au courant. Le mépris de la direction politique et militaire du pays pour sa population civile était patente durant la deuxième guerre du Liban. Ce nouveau scandale le confirme encore d'avantage.
S'il s'avère que la population de Sdérot subit depuis huit ans un des pires traumatismes qu'une population civile ait connu pour les intérêts du complexe politico-militaro-industriel, les réactions risquent d'être très dures.

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mardi 20 mai 2008

Guerres inutiles / Guerres utiles

Le film de l'Israélien Ari Folman - Valse avec Bachir (Waltz With Bashir) - reçoit des critiques élogieuses et est pressentit pour les Palmes d'Or à Cannes. Je n'ai vu que la bande annonce, les premières images et quelques critiques, mais ce film d'un genre nouveau, un des premiers long-métrages documentaires d’animation de l'histoire du cinéma, m'a tout de suite enthousiasmé.

DanceBashirOutre la valeur purement artistique de ce drame psychologique, l'apport essentiel du film tient dans sa démystification de la guerre. Dans la foulée de "Beaufort", il met en scène la guerre dans sa banale et absurde cruauté; des soldats y sont jetés sans raison valable, antihéros qui subissent les évènements sans les comprendre. Un film à l'opposé de toute l'esthétisation hollywoodienne de la guerre.

Je me réjouis du succès de ce film qui reste dans le droit fil de l'éthique juive: tel Jacob qui selon le Midrach prie - avant le combat contre son frère Esau qui approche, entouré d'hommes en armes - "Que je n'aie pas à tuer et que je ne sois pas tué" et fait tout pour apaiser son frère; ou comme la coutume de ne pas chanter le psaume du Hallel en entier au Seder de Pâques parce qu'il ne faut pas se réjouir de la mort des Égyptiens, dans l'esprit de Proverbes 24:17: « Lorsque ton ennemi tombe, ne te réjouis pas ; s’il succombe, que ton cœur ne jubile pas ».

Puis je surfe encore pour voir ce que l'auteur lui-même dit de son film. 

Elizabeth Tchoungui a interviewé Ari Folman sur France_24. Il explique que son but était d'abord de traiter son stress post-traumatique dû à la première guerre du Liban, en 1982, puis l'espoir de faire passer leur engouement pour la guerre à au moins quelques jeunes. "Les guerres, la guerre, n'importe où, sont inutiles... rien de bon ne peut en sortir" conclue-t-il.

Je suis déçu. C'est exactement la douce musique que les oreilles européennes veulent entendre. Ah, c'est tellement tentant de plaire encore plus aux admirateurs et de les caresser dans le sens du poil, pour être ensuite ovationné sur les tapis rouges de Cannes.
Autrement dit ce n'était pas la peine de faire la guerre à Hitler, il fallait laisser les Serbes continuer à massacrer en paix, il aurait fallu laisser le Koweït à Saddam, à quoi bon Israël se défend-elle contre le Hezbollah ou le Hamas...

Que Folman exploite ainsi son traumatisme de la guerre du Liban est d'autant plus dommage que celle-ciwaltzwithbashir précisément a été sanctionnée de façon différentielle sur sa légitimité: Sharon, alors ministre de la Défense, avait mandat du gouvernement pour repousser l'OLP à 40 km à l'intérieur du Liban. Toute la population du Nord d'Israël était bombardée depuis cette zone.  Jusque-là il s'agissait d'une guerre de légitime-défense parfaitement justifiée, et légitimée par un gouvernement démocratique lui-aussi parfaitement légitime.

Ensuite, ce n'est plus le cas: Sharon - désobéissant délibérément aux décisions du gouvernement de Menahem Begin - lança de son propre chef tanks et avions sur Beyrouth pour en déloger Arafat.  Bachir Gemayel  assassiné par un agent syrien, Sharon entre dans Beyrouth-Ouest. Le film se termine là: les Forces Libanaises - alliés d'Israël alors - se vengent de la mort de leur nouveau président et en profitent pour "nettoyer" à leur façon le camp palestinien de Sabra et Shatila.

La commission Kahan qui enquêtera en 1983 a montré que les Forces libanaises sont les seules directement responsables du massacre. Elle retiendra une responsabilité indirecte, morale, non juridique, pour Menahem Begin et exigea le limogeage d'Ariel Sharon, en ce qu'il n’a "pris aucune mesure pour surveiller et empêcher les massacres".
L'armée israélienne aurait-elle dû se douter de ce que les phalangistes chrétiens, entraînés par elle, risquaient de lui désobéir et de s'en prendre aux civils et non uniquement aux terroristes de l'OLP? Des soldats israéliens ont-ils été témoins impassibles des massacres et des viols, ou étaient-ils trop loin pour distinguer des civils de terroristes ou pour voir quoique ce soit? (voir l'article de l'Arche) Et quid de la responsabilité de l'OLP qui avait truffé le sous-sol des quartiers de Sabra et Shatila de galeries bourrées d'armes et qui n'avait pas retiré tous ses combattants? Et celle des forces internationales franco-italo-américaines, qui étaient garantes de la sécurité des populations civiles et se retirent plus tôt que prévu? Ou pire, le refus de l'armée libanaise elle-même d'intervenir?

Si le film se contentait de critiquer cette partie de la guerre, je comprendrais, quoique cela ne serait pas bien intéressant: les 400,000 israéliens qui sont alors descendus dans la rue, le gouvernement qui a nommé la commission d'enquête qui a renvoyé Sharon à ses moutons pour de longues années, Begin qui a démissionné et finit sa vie reclus dans son appartement, n'ont pas de leçon à recevoir d'un cinéaste à l'âme particulièrement sensible.
Quant à se lancer dans de grande tirades sur la vanité des guerres quand on vit dans un pays qui serait dévoré par ses voisins au moindre signe de faiblesse...

Faire la distinction entre ces deux guerres au sein de la guerre du Liban, c'est cela qui était important et qui est gâché par l'état d'esprit de cette Valse avec Bachir.

Folman donne une autre interview en hébreu sur YNET qui est un peu différente: à la fin de ses périodes de réserve il y a cinq ans, il suit une psychothérapie dans le cadre d'un essai thérapeutique. C'est alors qu'il comprend  qu'il doit faire ce film. Le but: "Entre-temps ma femme et moi avons amené trois enfants dans ce monde [...] quand ils grandiront et verrons le film, peut-être qu'il les aidera à prendre les bonnes décisions, c'est à dire ne participer à aucune guerre".
Est-ce à dire que Folman appelle à la désertion? Ou tout simplement à quitter le pays et aller se planquer en laissant dans le pire des cas les goyim s'entre-tuer dans leurs guerres stupides?

Mais peut-être suis-je trop dur avec Folman, moi qui n'ai fait aucune guerre? Après tout on peut penser qu'aucun État ne vaut la peine de sacrifier ses enfants pour lui. Peut-être suis-je influencé par tous ces commentaires de talkbackistes israéliens de droite qui vitupèrent contre "ces gauchos d'artistes dévorés par leur haine d'eux-mêmes, quand ils ne font pas qu'exploiter l'antisémitisme des milieux intellectuels de gauche tiers-mondistes pour se faire une carrière en Europe sur le compte d'Israël qui en plus finance leurs travaux..."

Car son traumatisme est réel; ce sentiment de culpabilité qui a gommé cette époque de sa mémoire mérite d'être respecté. C'est une courageuse tentative de thérapie par un film d'animation / réanimation (j'ai emprunté ce jeu de mot) du souvenir qui nous offre ce film et les magnifiques illustrations de David Polonsky.

Cette culpabilité - ne serait-ce que d'être associé de loin à une boucherie - mérite qu'on y réfléchisse.
Mais pourquoi cette culpabilité chez un soldat qui personnellement n'a commis aucun massacre?

Le Monde commente: "Valse avec Bachir est un film sur la peur et sur la culpabilité qui ose montrer ces soldats israéliens comme victimes [...] ils n'ont pas participé aux massacres mais ne sont-ils pas suspects d'avoir endossé le rôle des nazis durant la seconde guerre mondiale, se demande Folman. Leur chaos psychologique met en effet en regard Sabra et Shatila et le ghetto de Varsovie."

Voilà, nous retrouvons le nazisme "en regard" d'Israël. Dans un message précédent j'ai montré un exemple de documentaire télévisé patriotique qui voit dans la puissance militaire israélienne la réponse à Hitler. Si le patriote israélien se veut aussi fort qu'Hitler, le pacifiste qui dénonce le patriotisme se doit de dire "nous ressemblons aux nazis".
Dans les deux cas la réaction est délirante. Hitler et le nazisme ne sont plus là. Israël - justement - a plutôt bien réussi jusqu'à aujourd'hui à relever le défi d'avoir à recourir fréquemment à la force militaire sans trahir ses valeurs éthiques juives et démocratiques. Pourtant ses ennemis font systématiquement tout pour que le soldat israélien soit dans la position de  l'Occupant qui opprime des civils.
Tant qu'une solution politique ne sera pas adoptée par les camps en présence, Hamas, Hezbollah et Iran y compris, ou tant que le Messie ne sera pas arrivé, il faudra se salir parfois les mains dans des guerres défensives et justifiées, des GUERRES UTILES. Car tant que le monde restera soumis au règne des Etat-Nations, les Juifs auront besoin du leur pour essayer d'exister en tant que peuple, avec toutes les contradictions que cela implique. Mais c'est une question trop vaste pour en traiter ici.

Folman définit son film comme parfaitement apolitique. Dire que toutes les guerres sont inutiles, ce n’est pas politique? La désinformation médiatique dont nous sommes coutumiers a fait porter sur Israël toute la responsabilité du massacre de Sabra et Shatila (voir sur Le Monde Diplomatique). Déjà le Guardian (Folman's confession thrills Cannes) voit dans ce film le mea culpa d'un soldat israélien. Est-il permis, dans ce contexte, de s'offrir de telles compassions nombrilistes et apolitiques?

Aucun responsable libanais des nombreux massacres (Damour, Chekkra, Mont-Liban, Karantina, Tel Al-Zaatar...) qui ont émaillé la guerre civile n’ont été inquiétés. Tous ont été automatiquement amnistiés. Tant pis pour les familles des victimes. Le Liban soubresaute en ce moment. Ses charniers ne sont-ils pas encore digérés? Le commandant des Phalanges Chrétiennes qui a dirigé le massacre de Sabra et Shatila, Elie Hobeika, est même devenu ministre après la guerre, en 1990, dans un gouvernement dirigé par un certain… Rafic Hariri. Ministre de quoi? Ministre en Charge des Réfugiés. Mais quel humour, ces Libanais!

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jeudi 15 mai 2008

Une catastrophe climatique, c'est naturel?

Je suis las de lire partout cette expression "catastrophe naturelle".

Est-ce le séisme qui tue, ou la décision administrative de construire sur un terrain sismique? Les soubresauts de la terre du Sichuan sont-ils les assassins des enfants enterrés vifs sous leur école, ou les entrepreneurs qui n'ont pas respecté les normes antisismiques ? Est-ce le typhon qui tue, ou la corruption des autorités locales qui a donné l'autorisation de construire dans une zone inondable? Les eaux du fleuve Irrawaddy sont-elles coupables, ou la junte militaire birmane (avec l'aide de la France et Total) qui préfère consacrer la moitié de son budget à l'armée, plutôt que construire des digues ou investir dans un système d'alerte précoce?

Lors d'un séisme de la même puissance au Japon il n'y aurait pratiquement pas eu de victime.  Le gouvernement chinois dispose du plus grand excédant budgétaire au monde; il envoie des hommes dans l'espace et se prépare à conquérir la Lune. La vraie question est combien vaut pour lui la vie d'un paysan chinois?
050830_katrina_hlrg_10ahlargeLe cyclone "Katrina" a fait environ 100 fois moins de victimes

New Orleans *

que "Nargis", malgré l'inadaptation coupable des digues et une ville construite jusqu'à 6 mètres sous le niveau de la mer. Cela parce que les autorités de Louisiane, contrairement à celles de Birmanie, ont évacué leur population.

Pourtant nos journaux continuent de façon automatique à parler de catastrophes "naturelles". Ils personnalisent le séisme, le typhon baptisé "Nargis", en écrivant qu'ils ont "dévasté des régions entières"; même des ouvrages artificiels sont dotés de personnalité et d'intentions: le barrage de Zipingpu "menace d'engloutir" la ville de Dujiangyan, nous dit Le Monde aujourd'hui. Ailleurs, c'est le typhon qui est le sujet de toutes les actions: "il touche" telle localité, "il transforme" telle autre en véritable zone de guerre.

Bien sûr, ainsi est faite notre langue qu'elle personnifie tout ce qu'elle touche. Nous le savons, pourtant cela n'est pas anodin. Il est si facile alors de rendre les éléments naturels coupables, ou encore de les voir comme l'instrument d'une punition divine.

C'est clair, nous les êtres humains, nous sommes la cause des catastrophes. La croissance démographique a poussé les populations hors des zones de peuplement traditionnelles. Vieilles de millénaires, elles avaient fait leur preuves. Les modifications des écosystèmes, par déboisement de côtes maritimes et montagnes, ou endiguement des fleuves, accroissent les effets dévastateurs des intempéries. Le réchauffement climatique, d'origine humaine lui-aussi, multiplie la force et la fréquence des cyclones et inondations.

Ce n'est donc pas le moment de fuir nos responsabilités.

Ici aussi en Israël les spécialistes mettent en garde: le pays est parcouru par une des principales failles sismiques de la planète, la faille syro-africaine. Des dizaines de milliers de bâtiments anciens s'écrouleront. Le nombre de victimes potentielles est évalué à 10,000-15,000. Nous le savons depuis longtemps: la question n'est pas de savoir si un tremblement majeur va secouer la Terre Sainte, mais quand. Ce n'est qu'une question de temps et les autorités ont fait trop peu. Quant à nous, nous ne réagissons pas vraiment. N'est-ce pas parce que, malgré tout, l'idée de fatalité naturelle paralyse les esprits du petit peuple, alors que les décideurs et les riches influents sont à l'abri?

L'homme contrôle totalement l'écosystème planétaire. Plus une goutte d'eau, plus un grain de sable, plus un flocon de neige en Antarctique, plus un brin d'herbe sur cette terre n'échappe à l'influence des activités humaines. IL N'Y A PLUS DE NATURE. Alors, de grâce, cessons d'appeler les catastrophes climatiques des "catastrophes naturelles".

* http://www.kathryncramer.com/kathryn_cramer/2005/08/new_orleans_lev.html

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mardi 13 mai 2008

Indépendants, vraiment?

Je n'ai pas voulu nous gâcher la joie des festivités de la Fête de l'Indépendance avec des commentaires critiques. Quelques jours ont passé. Nos beaux drapeaux bleu-blanc "made in China" généreusement offerts par "Bank Hapoalim" flottent encore aux fenêtres des maisons et voitures; nous avons joyeusement tapé sur la tête de nos concitoyens avec les fameux marteaux en plastic; nous nous sommes goinfrés de bonnes israel60brochettes cuites sur le fameux mangal, notre barbecue national; nous nous sommes tordu le cou à admirer les acrobaties aériennes de  nos valeureux pilotes et avons presque oublié notre honte d'avoir tant de dirigeants en procès ou en prison pour corruption...

C'est vrai, c'est vrai, nous faisons une overdose d'autocritique et d'examens de conscience perpétuels. Mais tout de même je ne peux m'empêcher de poser la question: Sommes-nous vraiment indépendants?

Bien sûr, aujourd'hui aucun Etat n'est vraiment indépendant. La mondialisation et la domination économico-politico-militaire des grandes puissances et des cartels limitent cruellement la souveraineté des petits Etats comme Israël. Ce n'est pas de l'Etat qu'il s'agit.
Ma question est: le nationalisme israélien est-il une expression positive de l'autodétermination du Peuple Juif, ou seulement une réaction de défense contre ses ennemis? Puise-t-il dans son "âme nationale" ses propres fins, ou se contente-t-il de perpétuer un sionisme de réaction ou d’imitation?

C'est l'ambiance morose du Soixantenaire, les discours officiels qui sentent le réchauffé, le ronron médiatique, le cynisme désabusé de la jeunesse israélienne et mon propre manque d'enthousiasme qui me poussent à poser la question maintenant.

Un documentaire en particulier m'a frappé. Il s'appelle "Totseret Jyd" ou: "De fabrication juive", en reprenant le terme méprisant pour "juif" en Polonais. Je le trouve très significatif, et en même temps il raconte une extraordinaire histoire vraie qui mérite d'être rapportée. Il est passé sur la deuxième chaîne de la télévision israélienne à la veille du "Jour de la Shoa missileet de l'Héroïsme", soit une semaine avant le Jour de l'Indépendance. Il porte sur un gros contrat de vente d'armes et transfert technologique  signé en 2003 entre Israël et la Pologne.
La compagnie israélienne Rafael Armements a developpé un missile anti-tank sophistiqué, qui est produit sous sa licence dans les ateliers de l'usine polonaise Mesco.

Le missile de "Rafael" *

Il se trouve que l’ingénieur israélien chargé de la direction du projet - lui-même né en Pologne - est fils de rescapés. Lorsqu'il raconte à ses parents ce qu'il fait, ceux-ci, qui n'avaient jamais beaucoup parlé de la période de la guerre, lui demandent où se trouve l'usine polonaise.  Lorsqu'il leur dit "près de Skarzysko-Kamienna", ils sont sous le choc.  C'est le camp de travail forcé où ils étaient prisonniers! Ils commencent alors à lui expliquer.

Les nazis avaient réquisitionné l'usine polonaise pour le consortium allemand HASAG (Hugo Schneider Aktiengesellschaft) qui avait fait de la production de munitions un enfer pour des milliers de prisonniers juifs.
L'aile "C" des usines était particulièrement redoutée: on y fabriquait des mines sous-marines utilisant un explosif à base d'acide picrique très toxique. Les ouvriers-esclaves devenaient jaunes, leurs organes intérieurs étaient dévorés par la "picrine" et ne survivaient pas plus de trois mois. Un train amenait continuellement des "chargements" de main d'oeuvre fraîche directement à l'intérieur du camp. Ironie du sort? C'est là que les Polonais installent les lignes de production de Rafael!


Le
directeur de l'usine, le Dr. Arthur Rost, n'aimait pas gaspiller les munitions. Les prisonniers à exécuter  étaient chargés en camion et emmenés sur un champ de tir pour servir de cible dans le test des munitions.

Le journaliste Hayim Hecht, auteur du film, interviewe une survivante:

- ils savaient où on les emmenait?

- bien sûr qu'ils savaient ce qui allait leur arriver!

Et de citer la formule allemande alors bien connue apparemment:

- vernichtung durch arbeit (anéantissement par le travail).

Hecht affiche un sourire triomphant avec la fierté du vendeur à l'étalage qui vente son produit :

- mais cette fois, les Juifs ne sont plus les cibles vivantes, ils sont les invités d’honneur!

L'image glisse en fondu du charnier nazi au spécialiste israélien qui ajuste le tir "du meilleur missile anti-tank au monde". La "production jid" est appréciée maintenant! (Un extrait du film, hébreu).

Ce documentaire me met maintenant franchement mal à l'aise. Il alterne lourdement les images: champ de tir d'alors, champ de tir aujourd'hui, qui dominait alors, qui domine aujourd'hui... Il ne faudrait pas grand chose pour en faire un film de propagande antisémite qui montre comment les Juifs, pleins d'un esprit vengeur, deviennent parmis les plus gros marchands de canons du monde... S'il est légitime et sain de se réjouir de ce que nous ayons enfin les moyens de nous défendre, cette joie s'exprime trop souvent ici comme un grossier retournement, lequel participe de la même adoration de la force que celle des bourreaux, et du même mépris envers la faiblesse des victimes. Pour preuve la façon lamentable dont les survivants des camps sont traités en Israël.

"Plus jamais ça" - proclament les discours de commémoration de la Shoa. Grâce à sa puissance militaire et sa supériorité technologique Israël ne laissera plus les Juifs être des victimes sans défense.  C'est sa principale raison d'être si on écoute le patriotisme bleu-blanc primaire qui continue à sévir... et Ahmedinejad qui a bien compris que c'est le point faible de la cuirasse israélienne.
Le jour même de l'émission plus de dix missiles "Kassam" tombaient sur la ville de Sderot. Le même Ahmedinejad continue à menacer le pays d'un nouveau vernichtung... en langue perse!
Pas très convainquant comme raison d'être.

Inversion du rapport de force. Mimétisme de conflit. Revanche sur le passé. Ce n'est pas ça l'indépendance. Bien au contraire, le désir sans cesse exprimé de "normalisation" par toute une élite intellectuelle et politique du pays, qui veut désespérément voir les Juifs devenir enfin un peuple "normal, comme les autres", témoigne de la colonisation intérieure des esprits.

Soixante ans après, le rassemblement des exilés, la démocratie, l'économie prospère, l'armée puissante et les avancées scientifico-techniques d'Israël signent indéniablement la réussite du mouvement sioniste. Mais s'il ne veut pas s'épuiser comme une autre révolution réussie qui a fait son temps - le kibboutz - le sionisme va devoir puiser aux sources dormantes mais vives, fraîches et profondes des prophètes d'Israël.

Avec votre aide, ce blog essaiera d'apporter sa goutte d'eau...

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dimanche 11 mai 2008

Liban: l'armée "a évité le pire"?

Bernard Kouchner souhaitait vendredi: "Il faut éviter à tout prix le terrible engrenage de la guerre civile". Le Hezbollah se retire de Beyrouth-Ouest  et beaucoup poussent un soupir de soulagement. L'armée libanaise semble rassurer et dire "Nous avons évité le pire", à la façon du Maréchal Pétain.

"Il faut éviter à tout prix" oui, mais à quel prix?

hezbollah_flag"Parti de Dieu - La Révolution islamique au Liban"

Car c'est de capitulation qu'il s'agit. L'armée libanaise a désobéit aux ordres du gouvernement Siniora, ne s'est pas opposée aux combattants du Hezbollah et a cédé à toutes les revendications des kollabos libanais de l'axe Téhéran-Damas: le directeur de la sécurité de l'aéroport pourra continuer à travailler pour le Hezbollah; l'armée ne démantèlera pas le réseau de communications du Parti de Dieu, mais conduira une enquête "qui ne portera pas atteinte aux intérêts de la Résistance". Il est probable que l'armée - déjà multi-confessionnelle - est largement infiltrée par le Hezbollah (Al-Hayat). Cela peut expliquer la déclaration du chef des Forces Armées Libanaises  qui parlait de risque de division de l'armée.

Le Hezbollah va pouvoir poursuivre l'achat massif de terres au Sud-Liban qui permet de le relier à la vallée de la Bekaa, et ainsi à la frontière syrienne.
Le nouveau réseau de communication construit par une société iranienne va permettre à l'Iran et à la Syrie de contrôler directement les bases de missiles de différentes portées installées sur tout le territoire libanais. L'afflux d'armement et d'instructeurs iraniens via le port de commerce et l'aéroport international de Beyrouth ne pourra plus être empêché par une armée nationale d'avance défaite.

C'est d'une façon très semblable que le Hamas a pris contrôle de la Bande de Gaza. La ressemblance n'est pas fortuite: le parrain de l'opération est le même. La situation aussi était comparable: un mouvement islamique fort du soutien populaire, seule opposition à un pouvoir "pro-occidental" mafieux et corrompu.

Al-Qaidah ne veut pas être de reste: la semaine dernière Zawahiri a parlé de transformer le Liban en une "forteresse islamique contre les Croisés et les Juifs".

Mais le Liban a peut-être évité la guerre fratricide. Nous voilà rassurés.

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mardi 6 mai 2008

Emergence créatrice

Nous avons vu que pour un scientifique l'idée de création et, à la limite celle d'un Dieu Créateur "situé" au-delà de l'univers et "non-existant" physiquement, peut se défendre. Mais que ce démiurge intervienne directement dans l'histoire, et de plus s'y révèle de façon qu'on puisse qualifier de personnelle comme il le fait dans la Bible, voilà qui est beaucoup plus indigeste. Peut être cela sera-t-il moins étonnant en examinant de plus près la façon dont il procède...

La vision scientifique du monde décrit la complexification progressive de la matière, depuis les quarks et les particules élémentaires jusqu’à l’homme et les sociétés humaines. Comment se fait cette construction, degré après degré?

Apparemment elle se fait d’elle-même, chaque niveau de complexité engendrant les suivants par intégration, au fur et à mesure du refroidissement de l’univers. Dans le monde vivant, Darwin l’a expliqué par l’action des forces immanentes du hasard et de la sélection naturelle.

Pourtant là-aussi la simple causalité physique est mise à mal; un phénomène étrange apparaît lors du passage d'un niveau de complexité au suivant: comme surgies d'on ne sait où apparaissent des propriétés nouvelles, non déductibles de celles des éléments constitutifs inférieurs, qui font que le "tout est plus que la somme de ses parties".

Ne sachant qu'en faire, on parle de propriétés "émergentes", comme si elles préexistaient en quelque tréfonds caché et en sortaient soudain.

Par exemple: tout ce que nous savons des particules "élémentaires" ne nous permet pas d'en déduire le comportement de l'atome qu'elles constituent. Il y beaucoup de surprises en découvrant l'atome; il présente des propriétés dans ses relations à d'autres atomes ou à la lumière qui ne sont pas exprimables en termes de physique de particules. C'est un autre monde.
On peut essayer après-coup, connaissant l'atome en termes de physique atomique, d'analyser ses propriétés en fonction de celles des particules et des forces qui le composent. On peut le faire "de haut en bas" par analyse depuis l'atome, mais si on veut faire le contraire, procéder par synthèse de bas en haut, on se heurte à la complexité des calculs. Décrire même l'atome le plus simple par ses particules dépasse la capacité des plus gros ordinateurs. Alors des atomes plus gros, des molécules, c'est tout simplement impossible!

La solution: on cache pudiquement le système qui dépasse notre entendement derrière un concept et l'on invente une terminologie ad hoc pour décrire ses nouvelles propriétés. C'est ce qui fait qu'à chaque niveau apparaît une nouvelle science, laquelle a beaucoup de mal à communiquer avec ses consoeurs… Si tel n'était pas le cas, on devrait pouvoir expliquer la psychologie par les propriétés des quarks!
Ce principe de contournement de la complexité est typique des mathématiques et c'est ce qui fait leur puissance: un ensemble, avec ses éléments et leurs relations peut être désigné d'une simple lettre, pouvant ainsi être manié comme un simple élément dans un système d'ordre supérieur, auquel on ajoute des relations supplémentaires. En théorie des nombres, l'infini une fois nommé, désigné par "" peut être aisément manié et entrer dans une arithmétique de l'infini qu'il serait impossible d'envisager autrement.

L'approche réductrice, poussée à l'extrême, devient absurde. Un-tel dira par exemple que l'amour vient des hormones. Il ne voit pas qu'une hormone est en fait une forme de message chimique dans un organisme biologique coiffé d'un cerveau, qui sont ensemble le support "matériel" des émotions et des pensées d'un esprit unique. C'est aussi stupide que de dire qu'un livre n'est rien d'autre que du papier et de l'encre…

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La notion d'émergence contredit donc le réductionnisme de Descartes: il n'est pas possible de comprendre tous les phénomènes en les réduisant systématiquement à leurs composantes plus simples.

René Descartes. Portrait by Frans Hals, 1648

Récemment, Robert Laughlin, prix Nobel de physique, est allé jusqu'à suggérer que le principe d'émergence est à l'origine des lois de l'univers et non le contraire. Il n'y aurait donc pas de loi fondamentale à rechercher dans l'infiniment petit puisque chaque loi serait une propriété émergente des lois à l'échelle inférieure.

Maintenant jetons un coup d'œil sur l'ensemble des différents niveaux de complexité et leur émergence l'un de l'autre, comme le fait Joël de Rosnay dans son "Macroscope".

Quarks et gluons forment les particules élémentaires. Déjà, lorsque trois quarks s'assemblent, ils forment un proton dont les propriétés ne sont pas présentes dans les quarks pris individuellement.
Puis les particules s'assemblent en atomes, les atomes en molécules, macromolécules, virus, organites, cellules, végétaux et animaux primitifs pluricellulaires, animaux supérieurs, sociétés animales, homme, sociétés humaines… A chaque étage se produit un saut de complexité quand un système devient simple élément du système d'ordre supérieur, pour former ce que nous pouvons appeler une structure gigogne. Le quantitatif se mue en qualitatif, caractérisé par des propriétés nouvelles: au monde de la synthèse atomique au sein des étoiles succède celui de la chimie minérale des poussières, astéroïdes et planètes, puis celui de la chimie organique prébiotique, suivie du vivant, puis de l'humain avec la conscience et le langage.

Voyons s'il est possible de dégager des principes généraux qui transcendent les échelles et les niveaux de complexité.
On ne peut nier que ce regard du point de vue de la complexité dessine un sens:

Tout d'abord le plus simple apparaît aussi comme le plus ancien, le plus complexe est le plus récent. Même si une image détaillée laisse apparemment beaucoup de place à une errance indécise, les sauts de la complexité-gigogne sont aussi des sauts dans le temps sur une ligne passé-futur.

Une autre caractéristique constante au-delà des changements d'échelle: chaque niveau plus complexe est aussi quantitativement plus réduit. Dans l'univers, la matière condensée en atomes ne représente qu'un centième de toute la matière, le reste étant à l'état de plasma particulaire; les atomes qui font partie de molécules sont eux-aussi "un petit reste d'élus" d'entre tous les atomes; ceux qui ensuite entrent dans la structure des molécules complexes, les composés organiques, ne sont que six principalement: C O H N S P, et les molécules organiques ne sont qu'une partie infime du monde chimique. Et ainsi de suite, la matière vivante n'est qu'"un petit reste" animé parmi des masses de matière organique trouvée sur terre et diverses planètes, les virus sont bien plus nombreux (50 millions par ml d'eau de mer) que les bactéries, celle-ci que les flagellés… jusqu'à quelques grands primates et une unique espèce humaine.

Cette loi de l'élection du petit nombre de créatures plus complexes se retrouve à tous les niveaux. Elle est associée avec le principe d'unification complexifiante qui est au cœur de l'émergence elle-même.

L'univers entier lui-même, à en croire la cosmologie moderne, n'est que la trace qui subsiste d'un cataclysme inimaginable: au big bang a été créée une quantité semblable de matière et d'antimatière; puis ces dernières se sont annihilées mutuellement, et seule une très légère dissymétrie dans cette annihilation a fait qu'un résidu de matière d'environ un milliardième ait subsisté – notre univers - tel le rideau de fumée après une explosion.

Un principe électeur d'"unification complexifiante", voilà qui semble un peu paradoxal. Unification – car il y a regroupement de plusieurs éléments au sein d'un seul système. Complexifiante – car les éléments regroupés ne perdent pas leur spécificité. Bien au contraire, leur relation avec les autres et leur participation complémentaire à la construction de l'ensemble global accentuent encore plus leur individualité. Chaque TIEPOLOJACOBDREAMélément contribue au tout, mais le tout a aussi un effet en feed back renforçant le caractère irremplaçable de chaque partie.

Tiepolo - Le rêve de Jacob - 1726-29 Palazzo Patriarcale, Udine *

Les niveaux de complexité forment comme une "échelle de Jacob" où montent et descendent les anges en une boucle rétroactive.
Cela se voit clairement si l'on compare les cellules différenciées d'un animal pluricellulaire à l'unique cellule des protozoaires qui doit assurer toute les fonctions de l'organisme; même différence entre l'homme d'une société à division poussée du travail et les chasseurs-cueilleurs polyvalents d'une tribu primitive.

En hébreu cela tient en une racine: YH’D, qui donne à la fois "ensemble" (YaH’aD) et "unique" (YaH’iD), racine proche de 'eH’aD, "un". En français, de la même façon, nous pourrions parler d'"union des uniques".

Un autre trait traverse tous les niveaux: plus l'être est complexe, plus il possède de degrés de liberté. Son monde intérieur devient plus stable et plus autonome; le grand nombre des sous-systèmes fonctionne comme une redondance d'information qui rend le système intérieurement robuste et plus indépendant des influences de son environnement. Ses relations avec ses semblables et le monde s'enrichissent au point qu'il transforme de plus en plus le milieu qui l'entoure. Il en prend une "connaissance" plus étendue. Il tend vers la liberté.
La conscience humaine, la culture, n'apparaissent pas un accident lorsqu'on suit pas à pas la montée des êtres vers elles. C'est en ce sens que la Kabbale classe les créatures en quatre ordres successifs: minéral, végétal, animal, parlant.

Ce principe qui créé du nouveau en rassemblant, en conférant plus d'individualité et de liberté et en créant de nouvelles lois, me paraît ressembler de plus en plus au Dieu de la Bible. Dieu-Un, Dieu d'Amour et de Justice. Dieu personnel en ce sens qu'il confère de la personnalité et paraît donc se soucier de chaque créature en particulier.

Quant à la notion biblique de création, son étymologie la fait paraître étonnamment proche de la notion d'émergence et de sélection naturelle; la racine BR', créer, former, être gros, est proche des racines BR: extérieur, pur, clair; BRR:sélectionner, mettre à part, éclaircir, certain; BRH: guérir, restaurer, nourrir;  BRIT, alliance, traité.

Nous avons vu que la montée en complexité oriente la flèche du temps. Alors pourquoi ne pas la prolonger et essayer d'extrapoler pour voir où cela nous mène?

Cela nous mène à un niveau de complexité nouveau qui émerge avec ses propres lois, là où la création continue en ce moment-même à s'inventer dans un bouillonnement évènementiel : Histoire de l'homme.
Les humains se regroupent d'abord en familles, hordes, puis clans; les clans en tribus; les tribus en ethnies ou peuples. Des ethnies ou des Etats peuvent se fédérer. Les Etats fédéraux semblent avoir l'avantage sur les Etats monolithiques. Ces derniers s'épuisent à maintenir leur uniformité, alors que les premiers peuvent s'enrichir de leur diversité et former plus facilement des ensembles vastes et puissants...

C'est là où nous sommes arrivés.

Et plus loin? Il ne reste qu'une possibilité: l'unification complexifiante des peuples engendrera l'Humanité Une et fédérée dans toute sa diversité.

C'est ce qu'avaient vu les prophètes d'Israël:

Alors Je rendrai limpide la langue des peuples pour qu'ils appellent tous YHWH de son nom et qu'ils le servent d'un même effort (Sophonie 3, 9, ma traduction).

YHWH sera alors Roi sur toute la terre, en ce jour YHWH sera Un et son nom sera Un (Zacharie 14, 9, ma traduction).

C'est comme si en grimpant à l'échelle de Jacob de la complexité on arrivait à "sa tête qui touche le ciel" et rejoignait la prophétie...

CHILDJACOBDREAM

Comment l’”unification complexifiante” de l’humanité va-t-elle se faire?

L'échelle de Jacob - Enfant de huit ans - Hongrie *

Le “principe électeur” entrera-t-il là-aussi en action? Voyez-vous à présent où je veux en venir?

La suite au prochain numéro!

* http://www.artbible.net/1T/Gen2801Jacobs_ladder/index_3.htm

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dimanche 4 mai 2008

Un Créateur non-existant

Je vais essayer de résumer en une série de messages pas trop longs ma conception du monde.

A mon avis, la première question métaphysique est "le monde a-t-il été créé ou non?" La question classique: "pourquoi y a-t-il de l'être plutôt que rien?" vient ensuite. En effet, cette question admet implicitement le caractère contingent de l'être, donc la possibilité de la création. Sans création, l'être du monde est absolu, sans cause "extérieure". Plus de méta-physique possible. Sans création, la question de savoir pourquoi il n'y a pas rien devient oiseuse: s'il n'y avait rien, nous ne serions pas là pour poser la question. Avec la création la question devient beaucoup plus intéressante: "pourquoi y a-t-il quelque chose devient "pourquoi le Créateur a-t-il créé le monde?" "La création a-t-elle une finalité?"

Est-il possible de trancher rationnellement cette question? La physique nous permet-elle d'y répondre?

Jan_Matejko_Astronomer_Copernicus_Conversation_with_God

Jan Matejko: Copernic - Conversation avec Dieu

La possibilité – dans l'hypothèse d'une absence de création – que le monde soit immuable n'est pas soutenable: La cosmologie moderne, en particulier avec la théorie de "big bang", décrit le cosmos se développant par expansion à partir d'une singularité physiquement indescriptible : il est clair aujourd'hui que rien dans l'univers n'existe de façon immuable et de toute éternité; l'équivalence einsteinienne entre matière et énergie volatilise le caractère tangible d