Les primaires démocrates américaines suivent leur cours et Barack Obama apparaît de plus en plus comme leur futur vainqueur.

En attendant, les centrifugeuses iraniennes tournent et tournent et ne cessent de tourner à plein régime. Elles me semblent le principal enjeu des élections américaines. 

Les services secrets américains ont apparemment réussi à torpiller l'éventualité d'une attaque militaire préventive. Leur fameux rapport affirme que la République islamique a abandonné son programme nucléaire militaire, alors pourquoi s'inquiéter? Lorsqu'on sait qu'il suffit de quelques mois pour passer du nucléaire civil au militaire, il est clair que les services secrets ont délibérément mené une attaque préventive... contre Bush et ses velléités belliqueuses.

Sur les questions de politique intérieure américaine, les différences entre les trois candidats sont insignifiantes. Qu'en est-il de leur politique extérieure moyen-orientale, en particulier face à la menace nucléaire iranienne? Tous trois affirment haut et fort qu'ils ne resteront pas sans réagir si Israël est attaqué. Mais ne sera-t-il pas trop tard? Et même pour des représailles, peut-on leur faire confiance?

La position de McCain - qui a soutenu la guerre en Irak tout au long - s'annonce dans la continuité de celle de Bush Junior, vu son humour de caserne (Vidéo: Bomb bomb bomb bomb Iran...).
Celle d'Hillary Clinton apparaît plus nuancée: elle a soutenue l'intervention américaine tant qu'on pensait que Saddam détenait des armes non-conventionnelles. Elle s'y est opposé ensuite.
obamaAipacBarack Obama est celui qui me rend le plus perplexe, ne serait-ce que par ses revirements de position au gré des sondages d'opinion.  J'avoue qu'a priori, c'est le candidat qui m'est le plus sympathique: sourire charmant, esprit fin, et un air d'éternel adolescent qui s'invite dans la cours des grands. Pourtant j'ai beaucoup de doutes sur ses orientations politiques. Son opposition d'emblée à la guerre en Irak, dès son tout début, me semble très discutable. Même quand l'intervention est plébiscitée par la participation massive des irakiens aux élections, il n'émet pas le moindre doute. D'où lui vient la détermination sans faille dont il se prévaudra par la suite? Est-ce d'un réel démocratisme très exigeant? Je crains que sa source en soit un tiers-mondisme "anti-impérialiste" et dogmatique nourri de revancharde solidarité des humiliés, à en juger par sa culture politique acquise à la Trinity Church.

Mais le point qui m'inquiète le plus quant à Obama m'a été confirmé par une allusion des services secrets américains. Ils ont coutume de qualifier d'un nom de code le candidat à la présidence dont ils assurent la sécurité. Ainsi le cowboy Ronald Reagan était "Rawhide" ("cuir brut"); Bush à eu droit à "Tumbler" ("gobelet", on y boit le whisky).
Pour Obama le Secret Service a choisi "Renegade", c'est à dire "renégat", "apostat". J'ai sursauté en lisant la nouvelle: quelqu'un dans les bureaux obscurs de la Sécurité d'Etat avait pensé comme moi! Je pense qu'ils ont mis le doigt sur le véritable problème: ce n'est pas sa "race" (scientifiquement parlant cela n'existe pas), ni sa religion, ni même le simple fait d'en avoir changé qui fait question. Le vrai problème c'est le fait qu'il est un renégat pour un milliard et demi de musulmans, extrémistes et modérés confondus. Près du quart de la population mondiale tout de même... Mais personnellement je ne me serais pas permis de traiter de renégat le futur président des Etats-Unis d'Amérique!
Une autre explication serait que le Secret Service aurait choisi Renegade car c'est un nom de code couramment utilisé par l'OTAN pour désigné un terroriste qui a détourné un avion. L'avion USA pris en otage par le terroriste Obama... à ne pas prendre au sérieux bien sûr!

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Agents du Secret Service avec le Sénateur Barack Obama
Damon Winter/The New York Times

Le fait biographique que nul ne conteste - y compris Obama qui s'en est expliqué largement - est qu'il est né de père musulman puis s'est formellement converti au christianisme à l'âge adulte (voir ici). Pour la loi musulmane, l'appartenance à l'islam se transmet par le père. L'enfant né de père musulman est automatiquement musulman et le restera toute sa vie. Les autres détails de sa biographie sur lesquels les médias se sont appesantis - son beau-père musulman pratiquant, ses études primaires dans une école musulmane en Indonésie, etc. - sont sans importance de ce point de vue.

Barack Obama aurait pu ne pas occulter la question et même la retourner à son avantage comme il sait si bien le faire; il aurait pu revendiquer le fait qu'il a courageusement appliqué le droit fondamental de chacun à changer de religion.  Le problème est que l'apostasie en islam est un crime de haute trahison. Pas de pitié pour le félon qui a trahit Allah, Mahomet et la Oumma toute entière en abjurant sa foi: la loi islamique, la Shaarya, requiert la 150px_Salman_Rushdie_by_Kubik_03bispeine de mort, de préférence par décapitation au sabre. Si le transfuge ne se repend pas, il est du devoir de tout musulman zélé de le rechercher et le tuer. Salman Rushdie en sait quelque chose, lui qui a été condamné pour apostasie par Khomeini. Il a suffit d'un roman jugé peu révérencieux envers le Prophète...
Comment croire qu'une fatwa édictée contre  le Président Obama n'aurait aucune influence sur la politique étrangère américaine?

Mais ce qui m'étonne le plus c'est le fait que pratiquement personne ne parle de ce problème. Comme si il y avait une conspiration du silence autour de Barack Obama. On comprend que ce dernier veuille faire oublier cette question. Il y a habilement réussi d'ailleurs en laissant les racistes obtus et les anti-islamistes primaires qui gloussent "Obama-Osama" occuper le devant de la scène . Mais les islamistes sont-ils assez froids et calculateurs pour s'imposer le silence jusqu'à ce qu'Obama remporte les élections? Sommes-nous face à un cas de dissimulation religieuse, de taqiyya? Une fois les élections passées, ils sauraient bien lui rappeler ses devoirs, car Allahu akbar, Dieu est le plus grand, y compris plus que le président de la plus grande puissance. Ce pourrait être le cas du Hamas, par exemple, qui soutient la candidature d'Obama sans faire la moindre allusion à son apostasie, laquelle ils ne peuvent ignorer. Étrange non? Tous voient que le roi est nu, mais pas un enfant ingénu n'ouvre la bouche... Sauf quelques particuliers: l'exilé iranien Amil Imani; le juriste libanais Gabriel Sawma; l'historien de l'Islam Robert Spencer.

Du point de vue simplement technique, comment le Président Obama pourra-t-il représenter les USA auprès des Etats musulmans? Ne parlons pas de leur rendre visite... On voit ce qu'il en a coûté à Sarkozy pour le péché - bien mineur - de concubinage entre non-musulmans!
Plus grave, comment pourra-t-il échapper aux tentatives d'assassinat qui semblent tant inquiéter le Secret Service chargé de la sécurité des candidats?
Et certainement plus grave encore, comment le Président Obama résistera-t-il au chantage des islamistes - iraniens en premiers - qui lui offriront de se racheter en cédant à toutes leurs revendications?

C'est la grande réussite du candidat Barack Obama jusqu'à présent: il a réussi à nous faire oublier son vrai problème. A moins que sa baraka ne finisse par le lâcher...