lundi 21 septembre 2009
Blocus des esprits
3 tishri 5770 (A la suite du post précédent, je dois montrer l'exemple!)
Le journal Haaretz a publié cette veille de Rosh Hashana un article sur "l'appauvrissement culturel en Israël" (en hébreu). Des intellectuels et écrivains israéliens y font notre examen de conscience: crise des valeurs et ignorance s'imposent dans l'éducation et la vie publique.
La paralysie des esprits qu'ils ont analysé a beaucoup à voir avec celle de la situation politique. Cela m'a inspiré le commentaire suivant:
Le conflit israélo-palestinien a pour origine le lien unique dans son genre qu'entretient le peuple juif avec sa terre. Ce n'est pas tous les jours qu'un peuple revient d'exil après deux millénaires et trouve sa terre "occupée" par un autre! Ou inversement, vu depuis l'autre côté, il n'est pas fréquent qu'un peuple qui veut faire valoir ses droits à l'autodétermination soit contraint de constater qu'un autre peuple les a déjà obtenus à sa place... Une solution créative originale doit donc être construite à partir d'une compréhension en profondeur du judaïsme.
Comme je l'ai expliqué précédemment, il faut imaginer un cadre supranational qui permette aux deux peuples de vivre indépendants sur le même territoire.
Le mouvement sioniste, qui a créé l'Etat, est par définition nationaliste. Ce qu'il faut imaginer dès maintenant demande un dépassement du nationalisme classique du 19e siècle. C'est un tournant à 180 degrés très difficile à prendre, difficile à proposer sans se faire traiter d'"antisioniste". Les difficultés qu'a l'Europe à se constituer en cadre politique réellement supra-étatique - la fédération - illustrent bien le problème.
L'abandon du trésor des textes rabbiniques aux mains de l'orthodoxie bloque l'accès à une fécondation du présent israélien par le passé juif. Les orthodoxes, qui entretiennent et connaissent en profondeur l'héritage de la Tradition, sont coupés de la réalité politique qu'ils ne font que subir ou tout au plus aménager pour défendre leurs intérêts, tout en attendant un salut surnaturel. Ils ne reconnaissent l'Etat sioniste que de facto, sans rien avoir d'autre à proposer.
Les israéliens laïques, traditionalistes ou sionistes religieux sont impliqués dans la vie de l'Etat mais le judaïsme reste pour eux une religion, donc sans pertinence politique ou philosophique.
Telle est à mon avis la principale raison de la stérilité du débat politique et public dans mon pays.
La droite nationaliste, laïque ou religieuse, s'accroche au sionisme classique, tente de gagner du temps, d'empêcher la création d'un Etat palestinien. Elle n'a rien à proposer à la place: maintien impossible d'une autonomie palestinienne sous contrôle de Tsahal; laisser à d'autres qui n'en veulent pas la solution du problème: rattachement des Palestiniens à la Jordanie et l'Egypte... Et en attendant le spectre de leur demande de rattachement à Israël avec obtention de la citoyenneté israélienne, lui, court toujours.
L'admiration imitative et servile de "l'occident" qui règne sur l'élite politique, académique et économique d'Israël, l'absence d'esprit critique quant au modèle européen des droits de l'homme et de l'Etat-Nation démocratique, conduisent beaucoup d'Israéliens de gauche et du centre à l'auto-dénégation. Ils ne tiennent pas compte de notre situation sans précédent ni de son historique; ils portent un jugement moral et moraliste sur "l'occupation" - qui témoigne certes d'un sens élevé de la justice - mais les empêche d'identifier les vrais problèmes. Ils se trouvent pour la même raison dans l'impossibilité d'imaginer la solution créative nécessaire.
Ceux parmi eux qui ont vraiment pris leurs distances d'avec l'ancien sionisme se définissent comme post-sionistes. Ils ont une approche humaniste universaliste, mais pas de proposition politique concrète. Leur idéal se perd en un moralisme éthéré sans conséquence.
Etant donné que le cadre politique classique n'offre que la solution impraticable des "deux Etats", les découragés de l'activisme politique - la grande majorité - fuient dans la vie de l'instant: Sois cool, spontané, profite du moment! Ou bien ils se réfugient dans le travail et sombrent vite dans le workaolisme...
Et puisque l'horizon ici est bouché, que l'idéal humaniste est réalisé là-bas au paradis des "démocraties éclairées occidentales", pourquoi rester ici? L'autre forme d'escapisme consiste tout simplement à quitter le pays, si possible après avoir obtenu un passeport... polonais ou allemand!
Quant aux juifs de la Diaspora, ils se partagent aussi pour la plupart entre ces trois tendances politiques cloisonnées: sionisme classique à coloration religio-nationaliste, orthodoxes qui attendent le Messie, humanistes plus ou moins athées, plus ou moins assimilés à leur concitoyens.
Une quantité extraordinaire d'énergie se perd en activisme déplacé, en escapisme épicurien, en étude acharnée d'un judaïsme en conserve.
Une floraison de cercles d'étude et de réflexion - encore très minoritaires - cherchent une voie. Dès qu'elle trouvera une alternative valable ouverte devant elle, soyez-en sûr, toute cette énergie s'y engouffrera en un torrent irrésistible.
mercredi 10 juin 2009
Discours du Caire - l'obamaïsme en scène
Voulant marquer un "nouveau départ", le discours de Barak Obama à l'Université du Caire pourrait bien contenir en germe toute sa doctrine et sa politique moyenne-orientale future. C'est le discours d'un professeur d'université, préparé de longue date avec l'aide d'experts en islam, dont chaque mot a été soigneusement pesé. J'ai voulu l'étudier de près dans son intégralité.
Un nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis
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J'ai révisé la traduction médiocre fournie par le Bureau des services linguistiques du département d'État et que tous les médias citent telle quelle. J'ai trouvé par la suite une meilleure traduction publiée par La Paix maintenant.
Les passages soulignés en gras le sont par moi-même; j'ai pris mon stylo rouge pour corriger et commenter la copie du président américain dans le corps du texte. J'en ais fait une critique surtout, même si tout n'y est pas négatif, et j'ai essayé de lire entre les lignes.
Ce que j'ai trouvé en bref: derrière le discours qui proclame dire la vérité et l'histoire, un texte très politique et diplomatique qui vise à séduire la population des pays musulmans en s'adressant à elle directement (Moubarak n'est pas mentionné une seule fois). Le but est d'isoler les "extrémistes", ceux qui s'opposent en fait à l'ingérence américaine au Moyen Orient, pour amener le monde musulman dans le giron bienfaiteur de la bonne Amérique.
Les outils mis en oeuvre sont d'abord une série de bonbons donnés à sucer : une reconnaissance des erreurs commises dans le passé, telle que le colonialisme, l'interventionnisme, la torture en Irak; la grandeur de l'islam admirée; le "droit des femmes à porter le Hijab" protégé; la frustration, l'humiliation et la colère des musulmans comprises; la souffrance palestinienne mise sur le même plan que l'holocauste; le mirage d'une Amérique amie, définie comme rêve de réussite de toute l'humanité, incarné dans un corps cosmopolite mais Un, et qui inclue en lui toute les religions et cultures. La cerise sur le gâteau est le développement économique du monde musulman en récompense de la collaboration avec la fée Amérique.
Ces bonbons, déjà très bons, sont enrobés d'un vocabulaire modifié au point de former une véritable "novlangue" obamienne qu'Orwell n'aurait pas reniée, le fond de la politique américaine restant inchangé pour l'essentiel. Par exemple: une abstraction fourre-tout appelé "islam" devenu "partenaire" et non "protégé"; une démocratie à "encourager", pas à imposer; des "éléments extrémistes violents" qui menacent l'Amérique et seront pourchassés où qu'ils se trouvent dans le monde; tout cela arrosé d'un "parler musulman" pathétique dans ses amalgames et simplifications à outrance.
Le plus inquiétant à mon avis est cette conviction affichée qu'en gommant les différences, en se retrouvant autour de la "commune humanité", on désamorce les conflits. La vraie reconnaissance de l'autre passe par celle de sa différence irréductible, laquelle signe son rôle unique, son élection. Cette différence déniée risque de ressurgir encore plus violemment sous la forme d'attentats anti-américains, et surtout sous celle du conflit entre Israël et Palestiniens. Lié à la singularité juive, celui-ci va continuer à s'avérer irréductible à toute solution politique conventionnelle. Evidemment, la faute en incombera à Israël. Car il n'y aura plus de conflit entre l'Amérique et "l'islam". Parole d'Obama.
Epluchez le commentaire critique en détail, vous êtes juges. Bonne lecture!
Un nouveau départ
Université du Caire
Le Caire, Égypte
4 juin 2009
Chuck Kennedy/White House Photo
Je vous remercie. Bonjour à tous. C'est pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle qu'est le Caire (timeless city, vous auriez pu, M. Obama, parler de "ville antique", ou "ville éternelle", au lieu de tomber dans le poncif de l'"Orient hors du temps", alors que vous essayez de vous distancier de la prétention de l'occident chrétien à être le détenteur de la vérité et du progrès historique) et d'être reçu par deux institutions remarquables. Depuis plus de mille ans, Al-Azhar est un haut lieu de transmission du savoir dans le monde musulman et, depuis plus d'un siècle, l'université du Caire est une source de progrès pour l'Égypte. Ensemble, vous représentez l'harmonie entre la tradition et le progrès. Je vous suis reconnaissant de votre hospitalité et de celle du peuple égyptien. Je suis fier aussi de vous transmettre la bonne volonté du peuple américain et une salutation de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : " Salamm aleïkoum ". (Applaudissements)
Notre rencontre survient à un moment de grande tension entre les États-Unis et les musulmans du monde entier - tension ancrée dans des forces historiques qui dépassent le cadre des débats actuels de politique générale.
Les relations entre l'islam et l'Occident se caractérisent par des siècles de co-existence et de coopération, mais aussi par des conflits et des guerres de religion. Dans un passé relativement plus récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide (qui se poursuit contre la Corée du Nord et Cuba, qui n'ont d'autres torts que d'être communistes) qui s'est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l'Occident un élément hostile aux traditions de l'islam.
Des extrémistes violents ( "Violent extremists", exit "terroristes", il va falloir s'y faire) ont exploité ces tensions auprès d'une minorité de musulmans, qui pour être réduite n'en est pas moins puissante. Les attentats du 11 septembre 2001 (en réaction à la mondialisation à l'américaine, vous l'admettez donc vraiment?), conjugués à la poursuite des actions violentes engagées par ces extrémistes contre des civils, ont amené certains dans mon pays à juger l'islam inévitablement hostile non seulement à l'Amérique et aux pays occidentaux, mais aussi aux droits de l'homme. La peur et la méfiance se sont ainsi accentuées.
Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut aider nos
deux peuples (vous parlez d'un peuple musulman? N'est-ce pas faire le lit du panislamisme?) à connaître la justice et la prospérité. C'est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé.
Je suis venu ici au Caire en quête d'un nouveau départ pour les États-Unis et les musulmans du monde entier, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel (lequel suppose de reconnaître aussi les différences et les conflits d'idées, et non de les gommer), et reposant sur la proposition vraie que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas et qu'ils n'ont pas lieu de se faire concurrence (Entre la puissance géopolitique "Amérique" et l'abstraction nationalo-religieuse "islam" dans laquelle vous enfermez tous les musulmans, ces derniers ont perdu d'avance). Bien au contraire, l'Amérique et l'islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain.
Ce faisant, je reconnais que le changement ne se produira pas du jour au lendemain. Il y a eu beaucoup de publicité à propos de mon discours, mais aucun discours ne peut éradiquer des années de méfiance, et dans l'espace de cet après-midi, je n'ai pas la réponse non plus aux questions complexes qui nous ont menés au point où nous sommes maintenant. Mais je suis convaincu que pour aller de l'avant, nous devons dire ouvertement entre nous ce que nous recelons dans notre coeur et que trop souvent nous n'exprimons qu'à huis clos. Nous devons consentir un effort soutenu afin de nous mettre à l'écoute et d'apprendre les uns des autres ; de nous respecter mutuellement et de rechercher un terrain d'entente. Comme le dit le Saint Coran, " Crains Dieu et dis toujours la vérité ". (Bien, vous parlez en toute sincérité. Mais parler de "Saint Coran, "al qor'an al karim", c'est parler en tant que musulman, non? Que faites-vous – entre autres - des passages qui accusent les chrétiens d'associer une autre divinité à Allah? Entre islam et christianisme, quel est votre choix Obama?) (Applaudissements) C'est ce que je vais essayer de faire aujourd'hui - de dire la vérité de mon mieux, rendu humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons parce que nous sommes des êtres humains sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.
Cette conviction s'enracine en partie dans mon vécu. Je suis chrétien, mais mon père était issu d'une famille kényane qui compte des générations de musulmans. (Barak, formellement, votre père lui-même
était musulman - voir Libération - donc vous aussi, selon le droit islamique et le "Saint Coran" enseignés à la vénérable université islamique d'Al-Azhar)
Obama - Composite
Enfant, j'ai passé plusieurs années en Indonésie où j'ai entendu l'appel à la prière (azan) à l'aube et au crépuscule (Juste "entendu", comme un touriste qui passait par là en Indonésie? Vous étiez quand même inscrit à l'école comme musulman, prénommé Hussein. C'est dur de faire plaisir aux musulmans en se présentant comme l'un des leurs sans inquiéter l'Amérique chrétienne!) Jeune homme, j'ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j'ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane.
Féru d'histoire, je sais aussi la dette (poncif, vrai, mais c'est du passé) que la civilisation doit à l'islam. C'est l'islam - dans des lieux tels qu'Al-Azhar -, qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des Lumières en Europe. C'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes (Applaudissements) - c'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l'algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l'écriture et de l'imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l'élan des flèches de pierre vers le ciel, l'immortalité de la poésie et l'inspiration de la musique, l'élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l'histoire, l'islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l'égalité raciale (oublions la dhimmitude et la traite des esclaves africains, le fait que "noir" est encore souvent synonyme d'esclave, "'abed", dans la culture arabe). (Applaudissements)
Je sais aussi que l'islam a de tout temps fait partie de l'histoire de l'Amérique. C'est le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître mon pays. En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci : " Les États-Unis n'ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. "
Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble (serait-ce un rappel en compensation d'autre chose…) et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l'un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle. (Applaudissements)
J'ai donc connu l'islam sur trois continents ("malgré cela et mes origines, je ne l'ai ni adopté ni pratiqué, mais j'ai choisi le christianisme...": attention Obama, vous risquez de froisser les fidèles d'Allah-Le-Plus-Grand, et l'on connaît leur susceptibilité!) avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois (dire "où il a été prêché par Mahomet" aurait suffit. Dire qu'il a été révélé donne l'impression que vous y croyez. Cela aurait évité de paraître soutenir la doctrine islamique qui considère que la révélation de l'islam rend caduques les révélations précédentes) Cette expérience guide ma conviction que le partenariat entre l'Amérique et l'islam doit se fonder sur ce qu'est l'islam, et non sur ce qu'il n'est pas (oui certes, c'est préférable, mais quel mélange des genres, l'Amérique en partenariat avec une religion! La constitution
américaine sépare l'Etat de la religion, Monsieur le Professeur... de droit constitutionnel!), et j'estime qu'il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l'islam où qu'ils se manifestent. (Applaudissements) (Est-ce le rôle du président des USA de défendre une religion? Un peu de rigueur, il fallait dire par exemple: "combatte les stéréotypes par lesquels des américains stigmatisent les musulmans") Or ce même principe doit s'appliquer à la façon dont l'Amérique est perçue par les musulmans. Tout comme les musulmans ne se résument pas à un stéréotype grossier, l'Amérique n'est pas le stéréotype grossier d'un empire qui n'a d'autre intérêt que le sien (mais non, mais non, qui irait imaginer de telles horreurs!). Les États-Unis représentent l'une des plus grandes sources de progrès que le monde ait connues. Nous sommes nés d'une révolution contre un empire ; nous sommes fondés sur l'idéal de l'égalité de tous et nous avons versé de notre sang et combattu pendant des siècles pour donner un sens à ces mots - sur notre territoire et à travers le monde. Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum: " A partir de plusieurs, un " ("Out of many, one." Là est probablement la source le l'impérialisme américain: vouloir faire du "un" ici-bas, du "même" alors que seul le Dieu transcendant devrait être dit "un").
Eh bien, qu'un Américain d'origine africaine et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être élu président a fait couler beaucoup d'encre. (Applaudissements)
Mais mon parcours n'est pas unique. Le rêve des chances de réussite ("dream of opportunity", j'espère que ce n'est pas pour cela que vous êtres devenu président, par "opportunisme"?) ne s'est pas concrétisé pour tous en Amérique, mais cette promesse demeure pour tous ceux qui débarquent sur nos rivages - y compris les près de sept millions de musulmans américains (en fait probablement pas plus de trois millions, mais gonfler les chiffres permet de renforcer le poids du lobby musulman qui devient précisément plus lourd que celui des juifs américains, lesquels sont environ six millions. Le prochain président des USA sera musulman, je vous le dis!) qui vivent aujourd'hui dans notre pays et dont le revenu et le niveau d'éducation, disons-le, sont supérieurs à la moyenne. (Applaudissements)
En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion (la liberté à l'américaine, c'est l'individu au-dessus de la religion, libre de choisir celle qui lui plait au rayon du super marché USA. Cette conception ne peut passer en pays d'Islam). C'est pour cette raison que chaque État de
notre union compte au moins une mosquée et qu'on en dénombre plus de mille deux cents sur notre territoire. C'est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit. (Applaudissements)
Université du Caire - femme couverte du khimar
Le doute n'est pas permis : l'islam fait bel et bien partie de l'Amérique. Et je suis convaincu que l'Amérique contient en elle cette vérité qu'indépendamment de notre race, de notre religion ou de notre condition sociale nous aspirons tous à la même chose - vivre dans la paix et la sécurité ; faire des études et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. C'est cela que nous avons en commun. C'est l'espoir de l'humanité tout entière. (L'Amérique possède en elle la vérité universelle, l'islam et toutes les religions font donc partie de l'Amérique; elle détient les clés du bonheur, qui est le même recherché par tous les peuples: le bonheur simple d'une vie familiale paisible et digne, "chacun sous sa vigne et sous son figuier", comme dans le royaume de Salomon).
Certes, notre tâche commence seulement quand nous avons pris conscience de notre humanité commune. Ce n'est pas par des paroles que nous pouvons répondre aux besoins de nos peuples. Nous ne pourrons les satisfaire qu'à condition d'agir avec audace dans les années à venir et de comprendre que nous nous heurtons à des défis communs et qu'en nous abstenant d'y faire face c'est à nous tous que nous faisons tort.
Car nous en avons fait récemment l'expérience : quand le système financier d'un pays particulier s'affaiblit, (pas n'importe lequel Obama, le vôtre proche de la faillite, sensé être un modèle de prospérité paisible) la
prospérité est mise à mal partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, nous courons tous un risque. Quand un pays particulier tente de se doter d'une arme nucléaire, le risque d'attaque nucléaire augmente dans toutes les nations. Quand des extrémistes violents (non, nous ne trouverons plus le mot "terroriste", voilà comment la "Novlangue" de l'obamaïsme change le monde. C'est grave: la blanchisserie des mots obamienne interdira par exemple de distinguer une opération armée menée contre des militaires par des "extrémistes" de l'agression de civils innocents sans défense) sévissent dans une certaine région de montagnes, les populations situées par-delà l'océan sont mises en danger. (Ce qui justifie de pouvoir intervenir militairement partout dans le monde, à tout instant, et pour cela maintenir une écoute mondiale "Big Brother") Et quand des innocents en Bosnie et au Darfour sont massacrés, c'est notre conscience collective qui est souillée. (Applaudissements) (Notre conscience, mais on ne va pas se salir les mains pour cela)
Voilà ce que signifie partager ce monde au vingt et unième siècle. C'est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu'êtres humains.
C'est une responsabilité difficile à assumer. Car l'histoire de l'humanité est trop souvent le récit de nations et de tribus - et admettons-le, de religions - qui s'asservissent en visant leur propre intérêt. Mais dans cette ère nouvelle, une telle attitude est auto-destructrice. Au vu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élève un pays ou un groupe d'individus au détriment d'un autre est inévitablement voué à l'échec. (Donc, plus de superpuissance "responsable" du bien être mondial, plus de "pax americana"!! ) Quelle que soit notre opinion du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nous devons régler nos problèmes par le biais du partenariat et partager nos progrès. (Lesquels viennent surtout des USA, et un peu de l'Université du Caire…) (Applaudissements)
Il ne faut pas en conclure que nous devrions faire semblant d'ignorer les sources de tension. C'est l'inverse qui nous est suggéré : nous devons aborder de front ces tensions. Dans cet esprit, permettez-moi de m'exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.
La première est celle de l'extrémisme violent sous toutes ses formes.
À Ankara, j'ai fait clairement savoir que l'Amérique n'est pas - et ne sera jamais - en guerre contre l'islam. (Applaudissements) ("en guerre contre l'islam"? C'est où ce pays? A moins que "l'Amérique" soit une religion? Nier qu'il n'y aura pas de guerre contre une entité imaginaire n'a rien de rassurant)
En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité. Parce que nous rejetons ce que rejettent les gens de toutes confessions : le meurtre d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Et il m'incombe d'abord, en tant que président, de protéger le peuple américain.
La situation qui prévaut en Afghanistan illustre les objectifs de l'Amérique et la nécessité de collaborer tous ensemble. Voilà maintenant plus de sept ans, forts d'un large appui de la communauté internationale, les États-Unis ont donné la chasse à al-Qaïda et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par choix, mais par nécessité. (Des bons renseignements et une unité de commando peuvent régler son compte à Osama. Par contre l'invasion de l'Afghanistan à mis les jihadistes sur le pied de guerre et ils sont en train de gagner comme ils l'ont fait face à l'URSS). Je suis conscient que d'aucuns mettent encore en question ou même justifient les événements du 11 Septembre. Mais soyons clairs : Al-Qaïda a tué près de trois mille personnes ce jour-là. Ses victimes étaient des hommes, des femmes et des enfants innocents, venus d'Amérique et de beaucoup d'autres pays, et qui n'avaient rien fait à personne. Mais al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd'hui encore sa détermination à commettre d'autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d'élargir son rayon d'action. Il ne s'agit pas là d'opinions à débattre - ce sont des faits à combattre.
Eh bien, ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas laisser nos soldats en Afghanistan. Nous ne cherchons
pas - nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires (effectivement, il y en a déjà assez). Il nous est douloureux pour l'Amérique de perdre ses jeunes gens et ses jeunes femmes. La poursuite de ce conflit s'avère coûteuse et politiquement difficile. (Pas un mots sur les centaines de civils afghans et pakistanais tués en "pertes collatérales")
War is peace
Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu'au dernier, si nous avions l'assurance que l'Afghanistan et maintenant le Pakistan n'abritaient pas d'éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d'Américains. (Qui d'autre que Ben Laden, qui a dit avoir agit contre la présence américaine en Arabie Saoudite?) Mais ce n'est pas encore le cas. (Qu'elle hypocrisie! L'intervention américaino-occidentale entretenant la motivation des "éléments extrémistes", il est clair que les soldats américains resteront bloqués pour des décennies). C'est pourquoi nous oeuvrons en partenariat avec une coalition de 46 pays. Malgré les coûts en cause, la volonté de l'Amérique ne va pas fléchir. Assurément, aucun d'entre nous ne doit tolérer ces éléments extrémistes. Ils ont fait des morts dans beaucoup de pays. Ils ont tué des gens de toutes religions - et surtout des musulmans. Leurs actions sont irréconciliables avec les droits de l'homme, le progrès des nations et l'islam. Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l'humanité tout entière, (Applaudissements) et que quiconque sauve quelqu'un, sauve l'humanité tout entière. (Texte emprunté à la Mishna par le "Saint" Coran qui ne reconnaît pas ses dettes) (Applaudissements) La foi enracinée de plus d'un milliard d'habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s'agit de combattre l'extrémisme violent, l'islam ne fait pas partie du problème - il constitue une partie importante de la marche vers la paix.
Nous savons en outre que la puissance militaire ne va pas à elle seule résoudre les problèmes qui se posent en Afghanistan et au Pakistan. C'est pour cette raison que nous comptons investir 1,5 milliard de dollars par an, au cours des cinq prochaines années, dans la construction d'écoles et d'hôpitaux, de routes et d'entreprises, en partenariat avec les Pakistanais, ainsi que des centaines de millions de dollars pour venir en aide aux personnes déplacées. C'est pour cette raison encore que nous fournissons plus de 2,8 milliards de dollars aux Afghans afin de les aider à développer leur économie (surtout par l'intermédiaire de sociétés américaines) et à prodiguer les services dont la population a besoin.
Je voudrais aussi aborder le dossier de l'Irak. Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d'un choix, (non, celle en Afghanistan est aussi un choix) lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l'Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c'est possible. (Applaudissements) De fait, nous avons en mémoire les propos de Thomas Jefferson, qui disait ceci : " J'espère que notre sagesse grandira avec notre puissance et qu'elle nous enseignera que moins nous utiliserons cette dernière, plus elle fera de l'effet. "
Aujourd'hui, l'Amérique possède une double responsabilité : aider l'Irak à se forger un avenir meilleur et laisser l'Irak aux Irakiens. J'ai fait clairement savoir au peuple irakien (Applaudissements) que nous ne cherchons nullement à établir des bases en Irak (dans quelle région du monde n'y a-t-il pas de bases américaines?) ni à revendiquer son territoire ou ses ressources. La souveraineté de l'Irak appartient à l'Irak. C'est pour cette raison que j'ai ordonné le retrait de nos brigades de combat d'ici au mois d'août de l'année prochaine. C'est pour cette raison que nous allons honorer l'accord que nous avons conclu avec le gouvernement irakien, élu démocratiquement, concernant le retrait de nos troupes de combat des villes irakiennes d'ici au mois de juillet et de toutes nos troupes du territoire irakien d'ici à 2012. (Applaudissements) Nous aiderons l'Irak à former ses forces de sécurité et à développer son économie. Mais c'est en tant que partenaires (voilà un mot joliment trouvé...), et jamais en tant que protecteurs, que nous apporterons notre appui à un Irak sécurisé et uni.
Enfin, tout comme l'Amérique ne tolérera jamais la violence des extrémistes, elle ne doit jamais altérer ni oublier ses principes. Les événements du 11 Septembre ont infligé un traumatisme considérable à notre pays. La peur et la colère qu'ils ont provoquées sont compréhensibles, mais dans certains cas ces sentiments nous ont conduits à agir de manière contraire à nos traditions et à nos idéaux. Nous prenons maintenant des mesures concrètes pour rectifier cette situation. J'ai interdit sans équivoque l'usage de la torture par les États-Unis (il ne faut pas en faire de trop non plus, l'armée américaine a employé des méthodes d'interrogatoire certes condamnables, qui font appel à des pressions psychologiques très dures et humiliantes, mais n'a pas procédé à de véritables tortures mutilantes comme cela se fait dans le pays où vous parlez, par exemple. Le risque est que les régimes des tortionnaires du Moyen Orient se disent qu'ils ne sont pas pire que les USA d'avant Obama...) et j'ai ordonné la fermeture de la prison à Guantanamo Bay d'ici au début de l'année prochaine. (Applaudissements)
L'Amérique va donc se défendre, dans le respect de la souveraineté des nations et de la primauté du droit. Et nous agirons en ce sens en partenariat avec les communautés musulmanes qui sont elles aussi menacées. Plus vite les extrémistes seront isolés et malvenus dans les communautés musulmanes, plus vite nous connaîtrons tous une sécurité accrue.
La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.
Les liens solides qui unissent l'Amérique à Israël sont bien connus. Cette relation est immuable. Elle se fonde sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance du fait que l'aspiration à un territoire juif est ancré dans un passé tragique indéniable (c'est continuer à lier création d'Israël et Shoa, et donner raison à Ahmedinejad qui répondrait: puisque les juifs n'ont pas souffert sous l'islam si tolérant, mais en Europe, prenez-les chez vous! Faut-il rappeler que le mouvement sioniste est né au 19e siècle, avec l'éveil des mouvements nationalistes en Europe? La légitimité d'Israël ne gagne rien à rappeler la "vallée de larmes" à laquelle on essaie de réduire l'histoire juive. Suffisent le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, à "l'autoémancipation", l'idéal socialiste des fondateurs, l'idéal messianique des religieux, l'héroïsme de ses défenseurs, les réalisations concrètes de l'Etat hébreu dans tous les domaines - scientifiques, artistiques, culturels et autres - les générations nées sur le sol d'Israël et qui n'ont pas d'autre patrie...)
À travers le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles et l'antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme avec un holocauste sans précédent. ("Holocauste", et non "shoa" pourtant devenu plus usité: surtout ne pas employer un mot hébreu, cela aurait gaché tout l'effet du parler en arabe) Demain, je me rendrai à Buchenwald, (pourquoi immédiatement après Le Caire, Buchenwald? Quel rapport avec un rapprochement avec le monde arabe? Un vaccin - avec l'aide d'Elie Wiesel - contre une future accusation d'antisémitisme, pour pouvoir librement faire pression sur Israël? Neutraliser immédiatement aux yeux des américains le sulfureux côté paternel musulman avec l'antidote du côté maternel - l'oncle libérateur des camps de concentrations?) qui faisait partie d'un réseau de camps où des Juifs étaient réduits à l'esclavage, torturés, abattus et envoyés aux chambres à gaz par le Troisième Reich.
Six millions de Juifs ont été tués - soit un nombre supérieur à celui de toute la population juive d'Israël aujourd'hui. Il est injustifié, ignorant et odieux de nier ce fait. Il est profondément injuste de menacer Israël de destruction, ou répéter de vils stéréotypes sur les Juifs et cela ne sert qu'à évoquer dans l'esprit des Israéliens cette page la plus douloureuse de leur passé et à empêcher de prendre racine la paix à laquelle ont droit les habitants de cette région.
Ceci dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d'un territoire. (Etrange formulation, on se bat pour un territoire, on ne "souffre" pas! Le besoin irrépressible de créer une réciprocité avec la souffrance juive vous font dire des absurdités) Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur du déplacement ("déplacement" et non "dislocation" que la traduction de la Maison Blanche a gardé! C'est un faux ami, dislocation en anglais signifie déplacement, en français c'est un véritable démembrement. Déplacement douloureux, oui, et non exil, car un arabe n'est pas en exil dans un pays arabe, ou bien, la Nation Arabe, la Oumma, n'est qu'une fiction). Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés (ce ne sont plus les régugiés eux-mêmes qui attendent, mais leurs petits et arrières-petits enfants, dans de véritables villes en fait, que leurs habitants refusent de développer ou de quitter contre indemnisation, par volonté politique délibérée) en Cisjordanie, à Gaza (réfugiés en palestine!) et dans des terres voisines (effectivement, leurs déplacements n'ont pas excédé quelques dizaines de kilomètres, pour s'installer dans d'autres pays de la grande Nation Arabe, d'une région à l'autre de l'ancien empire ottoman) de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n'ont jamais eu le droit de goûter (contrairement à leurs frères qui n'ont pas fuit Israël). Ils subissent au quotidien les humiliations - grandes et petites - qui accompagnent l'occupation. Il n'est pas permis d'en douter : la situation du peuple palestinien est intolérable. L'Amérique ne tournera pas le dos à l'aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui. (Applaudissements)
Depuis des dizaines d'années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux (parallèle qui trahit la vérité: les Palestiniens ne sont pas des victimes passives, ils souffrent les conséquences des guerres qu'ils ont menées et mènent pour éliminer Israël tandis qu'Israël n'a pas cherché à les éliminer ; les Juifs européens n'ont jamais eu de revendication nationale ni pris les armes contre qui que ce soit) qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l'attention sur le déplacement provoqué par la création d'Israël, (Faux: l'ONU a voté la création de deux Etats, décision acceptée par le mouvement sioniste; c'est en premier lieu la défaite dans la guerre arabe contre la création d'Israël qui l'a provoqué) et les Israéliens peuvent dénoncer l'hostilité et les attaques dont le pays a de tout temps fait l'objet à l'intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit à travers le prisme de l'une ou de l'autre partie, nos oeillères nous cacheront la vérité : la seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. C'est dans l'intérêt d'Israël, dans l'intérêt de la Palestine (oui, mais de la Palestine future, elle n'existe pas encore, c'est là toute la question, faire comme si elle existait déjà, comme si des terres qui lui appartenaient étaient occupées, est une pure falsification de l'histoire), dans l'intérêt de l'Amérique, dans l'intérêt du monde. C'est pourquoi je compte personnellement poursuivre un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement qu'exige cette tâche. (Applaudissements) Les obligations qu'ont acceptées les parties en vertu de la Feuille de route sont claires. Pour que règne la paix, il est temps que les parties - et que nous tous -se montrent à la hauteur de leurs responsabilités.
Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n'aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l'humiliation de la ségrégation. (Comparaison révoltante et totalement hors sujet. Le but de cette violence est au mieux l'obtention de leur indépendance, au pire l'élimination physique des Juifs dont leur droit à un Etat n'est pas reconnu, et non l'obtention de droits égaux dans un même Etat coupable d'une "ségrégation" ou d'un "apartheid" chers à votre ami Jimmy Carter) Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d'obtenir l'égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au coeur même de la création de l'Amérique. Cette même histoire (tous pareils, toujours la même histoire…) peut être racontée par des peuples de l'Afrique du sud à l'Asie du sud ; de l'Europe de l'est à l'Indonésie. C'est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. (Non, dans le cas d'une authentique lutte de libération nationale d'un joug colonial ou impérial, la lutte armée - non le terrorisme qui est l'agression de civils sans défense - peut être justifiée, comme le montre l'histoire américaine elle-même et comme l'ont montré les combats de l'ANC en Afrique du Sud...) Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n'est pas un signe de courage ni de force. Ce n'est pas de cette manière que l'on revendique l'autorité morale ; c'est ainsi qu'on l'abdique.
Le moment est maintenant venu pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu'ils peuvent bâtir. L'Autorité palestinienne doit développer ses capacités de gouverner avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Le Hamas jouit du soutien de certains Palestiniens (? Il a obtenu la majorité aux législatives palestiniennes!), mais il doit aussi reconnaître ses responsabilités. Il doit jouer un rôle pour réaliser les aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien. (Finis l'OLP et le gouvernement Abbas pour les USA? Il aurait fallu parler d'un gouvernement d'union. Obama ouvre apparemment la voie à un dialogue avec les mouvements islamistes) Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l'existence d'Israël. (Oui, mais comment fait-on pour l'y amener? Le Hamas ne sera plus alors le Hamas)
En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l'existence d'Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine (non, nier le droit à l'existence d'un Etat qui existe depuis 60 ans n'est pas la même chose que celui d'un Etat qui n'a encore jamais existé et se définit surtout comme négation du premier).
Les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la poursuite des implantations israéliennes (continued Israeli settlements). (Applaudissements) Ces constructions constituent une violation des accords passés et portent préjudice aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces colonies cessent. (Applaudissements)
Israël doit aussi honorer ses obligations et assurer que les Palestiniens puissent vivre, travailler et développer leur société. Tout comme elle ravage les familles palestiniennes, la continuation de la crise humanitaire à Gaza (non, il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza, tous les biens de première nécessité entrent depuis Israël bien qu'elle continue à être bombardée. Si c'était le cas, pourquoi l'Egypte garde-t-elle sa frontière avec ses frères de Gaza hermétiquement bouclée?) ne sert pas à promouvoir la sécurité d'Israël, l'absence persistante de chances de réussite en Cisjordanie non plus. Des améliorations dans la vie de tous les jours du peuple palestinien doivent constituer une partie cruciale de la feuille de route pour la paix.
Enfin, les États arabes doivent reconnaître que l'initiative arabe de paix a été un début important, mais non la fin de leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne devrait plus être utilisé pour distraire les populations des États arabes des autres problèmes (bien dit). Il doit au contraire servir de raison pour aider les populations palestiniennes à développer les institutions qui permettront d'asseoir leur État ; à reconnaître la légitimité d'Israël ; et à opter pour le progrès au lieu de se polariser de manière autodestructive sur le passé.
L'Amérique alignera ses politiques avec ceux qui veulent la paix. Nous dirons en public ce que nous dirons en privé aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. (Applaudissements) Nous ne pouvons pas imposer la paix. Mais en privé, de nombreux Musulmans reconnaissent qu'Israël ne disparaîtra pas ; de même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d'un État palestinien. Le moment est venu de prendre une initiative, sur ce que tous savent être vrai.
Trop de larmes ont coulé. Trop de sang a été versé. Nous avons tous la responsabilité d'oeuvrer pour le jour où les mères d'Israéliens et de Palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte des trois grandes religions (pourquoi toutes ces contrevérités, diable? La Terre Sainte de l'Islam est l'Arabie, la notion même de terre sainte est chrétienne, et pour les Juifs c'est la Terre d'Israël tout simplement. Ce syncrétisme religieux à tout prix vous fait dire des absurdités) sera ce lieu de paix que Dieu avait voulu ; où Jérusalem sera un lieu de résidence sûr et permanent pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu où tous les enfants d'Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l'histoire d'Israh, (Applaudissements), - comme dans l'histoire d'Israh, dans laquelle Moïse, Jésus et Mohammed (que la paix soit avec eux) se sont joints dans la prière, (voyage nocturne de Mahomet à la mosquée lointaine sur la jument ailée, Bourak. C'est un mythe destiné à légitimer la prophétie de Mahomet et en faire le "sceau des prophètes" dont la prophétie contient celle de tous ses prédécesseurs. C'est le fondement théologique de l'impérialisme musulman. Il est lamentable que vous, le président des USA, donnez l'impression d'y accorder foi. Comment pouvez-vous accepter en tant que chrétien, que Jésus soit traité en prophète mort?). (Applaudissements)
La troisième source de tension est nos intérêts en commun à l'égard des droits et des responsabilités des États concernant les armes nucléaires.
Cette question a constitué une source de tension entre les Etats-Unis et la République islamique d'Iran. Pendant de nombreuses années, l'Iran s'est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l'Iran a joué un rôle dans la prise d'otages et dans des actes de violence à l'encontre des troupes et des civils américains. Cette histoire est bien connue. Plutôt que de rester emprisonné par le passé, j'ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l'avant. La question qui se pose maintenant n'est pas de savoir à quoi l'Iran s'oppose (l'existence de l'Etat d'Israël par exemple), mais plutôt quel est l'avenir qu'il souhaite bâtir ("un monde sans sionisme" selon le congrès à ce nom qui a eu lieu à Téhéran en 2005).
Je comprends qu'il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous allons procéder avec courage, rectitude et fermeté. Il y aura de nombreux problèmes à examiner entre nos deux pays et nous sommes disposés à aller de l'avant sans conditions préalables, sur la base d'un respect mutuel. Mais il est clair pour tous ceux préoccupés par les armes nucléaires que nous sommes arrivés à un tournant décisif. Ce n'est pas simplement dans l'intérêt des États-Unis, c'est pour empêcher une course aux armes nucléaires susceptible d'entraîner cette région sur une voie extrêmement dangereuse .
Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays possèdent des armes (Israël) que d'autres ne possèdent pas. Aucun État ne devrait décider et choisir qui sont les pays à avoir des armes nucléaires (tel que l'Iran par exemple). C'est pourquoi je réaffirme fermement l'engagement de l'Amérique à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne possède d'armes nucléaires (c'est un vœu pieu bon pour un prêche de curé. L'Amérique va-t-elle montrer l'exemple en démantelant son arsenal? Il faudrait un unique Etat mondial pour pouvoir faire disparaître l'équilibre de la terreur. En attendant il serait sage de ne pas mettre tous les Etats dans le même sac et distinguer les démocraties pacifiques qui ont l'arme nucléaire à fin défensive, de dictatures qui ont une idéologie agressive). (Applaudissements) Et chaque pays, y compris l'Iran, (gorgé de pétrole qu'il ne parvient pas à raffiner) devrait avoir le droit d'avoir accès à l'énergie nucléaire pacifique s'il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. Cet engagement est au coeur du Traité et il doit être pris par tous ceux qui y souscrivent pleinement. J'espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.
Le quatrième point que je vais aborder est la démocratie. (Applaudissements)
Je sais - je sais qu'il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu'une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre.
Toutefois, cela ne diminue pas mon engagement à l'égard des gouvernements qui reflètent la volonté du peuple. Chaque nation donne naissance à ce principe de sa propre manière, en fonction des traditions de son propre peuple. L'Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour tout et chacun, tout comme nous ne voudrions pas prétendre décider des résultats d'une élection pacifique (des mots, toujours des mots, voir les dernières élections libanaises: Joe Biden fait dépendre le soutien américain au Liban du résultat des élections, deux semaines avant leur échéances, ce qui ne manquera pas d'empoisonner la politique d'un pays au bord de la guerre civile... Si on s'ingère, il faut l'assumer. Mais cela rappellerait le style Bush). Mais j'ai la ferme conviction que tous les peuples aspirent à certaines choses : la possibilité de s'exprimer et d'avoir une voix dans la façon dont ils sont gouvernés ; la confiance en l'État de droit et l'application équitable de la justice ; un gouvernement qui est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient à son peuple ; la liberté de vivre selon leur choix. Il ne s'agit pas simplement d'idéaux américains, il s'agit des droits de l'homme et c'est pourquoi nous les encouragerons dans le monde entier. (Applaudissements)
C'est vrai, il n'y a pas de route directe pour honorer cette promesse. Mais une chose est claire, les gouvernements qui défendent ces droits sont à terme plus stables, meilleurs et plus en sécurité. La suppression des idées ne réussit jamais à les éliminer. L'Amérique respecte la liberté d'expression de tous ceux, dans le monde entier, qui sont pacifiques et respectueux de la loi, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux. Nous accueillerons tous les gouvernements élus pacifiques - à condition qu'ils gouvernent en respectant toutes leurs populations.
Ce point est important car il y a ceux qui encouragent la démocratie uniquement lorsqu'ils ne sont pas au pouvoir ; et une fois au pouvoir ils sont sans scrupules dans la suppression des droits d'autrui (le Hezbollah, le FIS, les partis islamistes sont prévenus : nous interviendrons dans les élections.
- Obama, je pense que c'est un tort. Si un peuple veut une dictature, un Etat terroriste, il faut l'en laisser assumer les conséquences. Celles d'une intervention extérieure seront encore plus graves). (Applaudissements) Quel que soit là où il prend forme, le gouvernement du peuple et par le peuple est le seul étalon par lequel on mesure tous ceux qui sont au pouvoir : il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition ; il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis ; il faut mettre les intérêts du peuple et le déroulement légitime du processus politique avant ceux de son parti. Sans ces ingrédients, les élections ne créent pas une vraie démocratie à elles seules.
Un membre du public : Barack Obama, on vous aime !
Président Obama : Je vous remercie. (Applaudissements)
Le cinquième point que nous allons aborder ensemble est celui de la liberté de religion.
L'Islam a une tradition de tolérance dont il est fier. Nous le constatons dans l'histoire de l'Andalousie et de Cordoue pendant l'Inquisition. Je l'ai constaté de première main pendant mon enfance en Indonésie, où des Chrétiens dévots pratiquaient ouvertement leur religion dans un pays à prépondérance musulmane (c'est vrai, là où il a dominé, l'Islam a su être tolérant, contrairement au christianisme). C'est cet esprit qu'il nous faut aujourd'hui. Les habitants de tous les pays doivent être libres de choisir et de vivre leur religion d'après leur conviction d'esprit, de coeur et d'âme (Obama, vous savez très bien que l'islam enseigné à Al-Azhar et ailleurs condamne à mort ceux qui – comme vous-même de son point de vue – ont commis le crime d'apostasie). Cette tolérance est essentielle pour que la religion puisse s'épanouir, or elle est assaillie de plusieurs façons différentes.
Parmi certains musulmans, on constate que certains ont malheureusement tendance à mesurer leur propre croyance à l'aune du rejet des croyances d'autrui. ("Indiques-nous le chemin droit, Celui de ceux que Tu as comblé de Ta grâce, Non pas celui de ceux qui encourent Ta colère (les juifs), Ni celui des égarés (les chrétiens)." Obama a "entendu" mais n'a pas compris Al-Fatiha, la prière principale de l'islam répétée 17 fois par jour, première sourate du Saint Coran. L'explication entre-parenthèse est celle des principaux commentateurs classiques. Voir aussi Coran 2:87-90 et 5:72) Il faut soutenir la richesse de la diversité religieuse, que ce soit pour les Maronites au Liban ou les Coptes en Égypte. (Applaudissements) Et pour être francs, il faut aussi mettre fin aux divergences entre les musulmans, car les divisions entre les sunnites et les chiites ont provoqué des violences tragiques, tout particulièrement en Irak.
La liberté de religion joue un rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie. Nous devons toujours examiner les façons dont nous la protégeons. Aux États-Unis, par exemple, les musulmans ont plus de mal à s'acquitter de l'obligation religieuse de la zakat étant donné les règles relatives aux dons de bienfaisance (qui financent le Hamas). C'est pour cette raison que je suis résolu à oeuvrer avec les musulmans américains pour leur permettre de s'acquitter de la zakat.
De même, il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu'une musulmane devrait porter (n'est-ce pas la France… En Israël les musulmanes s'habillent comme elles – ou leur père ou mari - le veulent). En un mot, nous ne pouvons pas déguiser l'hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme.
De fait, la foi devrait nous unir. C'est pour cette raison que nous sommes en train de créer de nouveaux programmes de service communautaire en Amérique qui réunissent des chrétiens, des musulmans et des juifs. C'est également pour cette raison que nous nous réjouissons des initiatives telles que le dialogue interreligieux du roi Abdallah d'Arabie Saoudite et le leadership de la Turquie dans l'Alliance des civilisations (quelle farce! Le but des Saoudiens et des Turcs est de faire admettre par l'ONU une relativisation culturelle des droits de l'homme et des principes démocratiques. Obama se déclare donc prêt à ce sacrifice, pour "renforcer le camp des modérés"). À travers le monde, nous pouvons transformer le dialogue en un service interreligieux de sorte que les ponts entre les êtres humains mènent à des actions en faveur de notre humanité commune, que ce soit pour lutter contre le paludisme en Afrique ou pour fournir des secours après une catastrophe naturelle (L'humanitaire est sacré religion universelle. L'hypocrisie va continuer de plus belle: d'une main on exploite le tiers-monde et maintient ses dictatures, de l'autre on accorde quelque miettes pour se donner une apparence humaine).
La sixième question - la sixième question dont je veux parler porte sur les droits des femmes.
(Applaudissements) Je sais - je sais, et vous pouvez le voir d'après ce public - que cette question suscite un
sain débat. Je rejette l'opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête (le problème n'est pas là, mais dans la contrainte. J'aurais parlé des crimes d'honneur très courants en Egypte, dans l'autonomie palestinienne et dans le reste du monde musulman, y compris chez les Arabes israéliens. Mais ne parlons pas des vraies questions qui pourraient déranger les "modérés") est d'une façon ou d'une autre moins égale, mais j'ai la conviction qu'une femme que l'on prive d'éducation est privée d'égalité. (Applaudissements) Et ce n'est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité.
Je tiens à préciser une chose : les questions relatives à l'égalité des femmes ne sont absolument pas un sujet qui concerne uniquement l'Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l'égalité des femmes continue dans beaucoup d'aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier (eh oui, nous aussi on est des vrais machos, on n'est pas mieux, je ne vous fais pas la leçon!).
Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils (Applaudissements)et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l'humanité, hommes et femmes. Je ne crois pas que les femmes doivent faire les mêmes choix que les hommes pour assurer leur égalité, et je respecte celles qui choisissent de suivre un rôle traditionnel. Mais cela devrait être leur choix (comme s'il était possible de vivre avec un seul salaire, même dans un pays riche). C'est pour cela que les États-Unis oeuvreront en partenariat avec tout pays à majorité musulmane pour améliorer l'alphabétisation des filles. Nous aiderons aussi les jeunes femmes à faire la transition de l'école au monde du travail par l'intermédiaire du microfinancement qui permet aux gens de réaliser leurs rêves. (Applaudissements)
Finalement, je veux parler de notre intérêt commun à favoriser le développement et les opportunités économiques (maintenant parlons de votre porte-monnaie, j'ai gardé le meilleur pour la fin, l'ultime et plus douce récompense. On veut tous la même chose, hein!).
Je sais que pour beaucoup, la mondialisation présente des aspects contradictoires. Internet et la télévision peuvent transmettre dans les foyers des connaissances et des informations, mais également une sexualité vulgaire et une violence gratuite (que c'est immoral! Vous voyez, ô musulmans, nous avons les mêmes valeurs...). Le commerce peut s'accompagner de nouvelles richesses et opportunités, mais aussi de grands bouleversements et de changements au niveau communautaire. Dans tous les pays, y compris en Amérique, ce changement provoque la peur (alors n'ayez pas honte, ô braves musulmans, nous aussi on a peur du progrès et de ses richesses!). La peur que la modernité signifie la perte du contrôle de nos choix économiques, de nos décisions politiques et, il s'agit d'un élément encore plus important, de notre identité, c'est-à-dire des choses qui nous attachent à notre communauté, notre famille et notre foi. (alors n'ayez pas peur d'entrer dans ma mondialisation, c'est normal d'être inquiets, au début on se sent perdus)
Mais je sais aussi qu'on ne peut pas empêcher le progrès humain (maktub, c'est le destin, on n'y peut rien!). Le développement et la tradition ne sont pas nécessairement contradictoires. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont connu une prodigieuse croissance économique tout en conservant leur culture distincte. Il en va de même pour les progrès remarquables au sein de pays à majorité musulmane, de Kuala Lumpur à Dubaï. Par le passé et de nos jours, des communautés musulmanes ont été à la pointe de l'innovation et de l'éducation.
Ceci est important car aucune stratégie de développement ne peut se fonder uniquement sur ce que produit la terre et elle ne peut être durable si les jeunes n'ont pas de travail. De nombreux pays du Golfe se sont énormément enrichis grâce au pétrole et certains commencent à concentrer leurs ressources sur un développement plus large. Mais nous devons tous garder à l'esprit que l'éducation et l'innovation seront la monnaie d'échange du 21e siècle. (Applaudissements) Dans trop de communautés musulmanes, le sous investissement en ces domaines persiste. J'attire l'attention sur cette réalité dans mon propre pays (et oui, chez nous aussi... ). Et à la différence du passé pendant lequel l'Amérique se concentrait sur le pétrole et le gaz, s'agissant de cette partie du monde, nous chercherons désormais à agir dans des domaines plus variés (maintenant nous allons aussi exploiter vos gisements de main d'oeuvre et de talents bon marché...).
Dans le domaine de l'éducation, nous allons élargir les programmes d'échange et augmenter les bourses, comme celle qui a permis à mon père de venir en Amérique (vous aussi, vous pourriez avoir un fils président de l'Amérique), (Applaudissements) tout en encourageant davantage d'Américains à étudier dans des
communautés musulmanes.
Gravure sur bois: Antonio Henrique Abreu Amaral
Nous offrirons à des étudiants musulmans prometteurs des stages aux États-Unis ; nous investirons dans l'enseignement en ligne destiné aux enseignants et aux enfants à travers le monde ; et nous créerons un nouveau réseau informatique qui permettra à un jeune du Kansas de communiquer instantanément avec un jeune du Caire (allez, soyez branchés, branchez-vous sur nous!).
Dans le domaine du développement économique, nous créerons un nouveau corps de volontaires des milieux d'affaires qui formeront des partenariats avec des homologues de pays à majorité musulmane. Je vais aussi accueillir un Sommet sur l'entreprenariat cette année pour trouver les moyens d'approfondir les liens entre les leaders du monde des affaires, les fondations et les entrepreneurs sociaux des États-Unis et des communautés musulmanes à travers le monde.
Dans le domaine des sciences et des technologies, nous établirons un nouveau fonds pour appuyer le développement technologique dans les pays à majorité musulmane et pour aider à concrétiser commercialement des idées pour qu'elles créent des emplois. Nous ouvrirons des centres d'excellence scientifiques en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, et nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d'énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l'eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j'annonce aujourd'hui une nouvelle initiative avec l'Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile.
Tout cela doit être accompli en partenariat. (A oui, il faut du partenariat, sinon tout cela aurait l'air d'une colonisation dorée. Et puis c'est vous qui financerez, nous les américains sommes déjà bien endettés...) Les Américains sont prêts à se joindre aux citoyens et gouvernements, aux organisations communautaires, aux dirigeants religieux et aux entreprises dans les communautés musulmanes du monde entier afin d'aider nos populations à améliorer leur vie.
Il ne sera pas facile de régler les questions dont je viens de parler. Mais nous avons la responsabilité de nous unir pour réaliser le monde auquel nous aspirons, (prions mes frères pour que ce monde arrive) un monde où les extrémistes ne menacent plus notre pays et où les soldats américains sont rentrés chez eux, un monde où les Palestiniens et les Israéliens vivent chacun en sécurité dans un État qui leur est propre (où le loup et l'agneau paîtront ensemble) et où l'énergie nucléaire est utilisée à des fins pacifiques (les panneaux solaires, c'est encore plus sûr), un monde où les gouvernements servent les intérêts de leurs citoyens et où les droits de tous les enfants de Dieu sont respectés. Tel est le monde auquel nous aspirons et nous n'y parviendrons qu'ensemble (car hors l'Amérique, point de salut).
Je sais qu'un grand nombre de gens - musulmans et non musulmans - se demandent si nous arriverons vraiment à prendre ce nouveau départ. Certains veulent attiser les flammes de la division et entraver le progrès. Certains suggèrent que ça ne vaut pas la peine ; ils avancent qu'il y aura fatalement des désaccords et que les civilisations finissent toujours par s'affronter. Beaucoup plus ont tout simplement des doutes (il y en a qui se demandent si l'american way of life c'est si bien, avec ces histoires de lycéens qui massacrent leurs camarades de classe, ces histoires de SIDA, de réchauffement climatique... ). Il y a tellement de peur, tellement de méfiance qui se sont accumulées avec les ans (je vous comprend, à voir les Marines débarquer dans le région presque tous les ans... ). Mais si nous choisissons de nous laisser enchaîner par le passé, nous n'irons jamais de l'avant. Je veux particulièrement le déclarer aux jeunes de toutes les fois et de tous les pays, plus que quiconque, vous avez la possibilité de ré-imaginer le monde, de refaire le monde (faites comme moi en ce moment! ).
Nous partageons tous cette planète pendant un court instant. À nous de décider si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous sépare ou si nous nous engageons à faire ce qu'il faut - de façon soutenue - pour trouver un terrain d'entente, pour nous concentrer sur l'avenir que nous désirons pour nos enfants, et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.
Tout ceci n'est pas simple. Il est plus facile de se lancer dans une guerre (c'est bien vrai, regardez la liste des nôtres) que de faire la paix. Il est plus facile de blamer autrui que de s'examiner soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous distingue, plutôt que ce que nous avons en commun. Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile. Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes les religions : celle de traiter les autres comme nous aimerions être traités (ô frère Obama, que c'est beau ce que tu dis! Mais notre Hillel, dans le Talmud, a préféré dire: "Ne fais pas à ton prochain ce que tu déteste pour toi-même." C'est moins "interventioniste", notre prochain à parfois envie d'être traité autrement, ou qu'on ne lui fasse pas du bien, qu'on le laisse tranquille, tout simplement). Cette vérité transcende les nations et les peuples. C'est une croyance qui n'est pas nouvelle, qui n'est ni noire ni blanche ni basanée, qui n'est ni chrétienne ni musulmane ni juive. C'est une foi qui a animé le berceau de la civilisation et qui bat encore dans le coeur de milliards d'êtres humains. C'est la foi dans autrui (non, c'est la foi en moi-même et ma capacité de bienfaiteur à "traiter" les autres) et c'est ce qui m'a mené ici aujourd'hui.
Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l'esprit ce qui a été écrit.
Le Saint Coran nous dit : 'Ô hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez."
Le Talmud nous dit : " Toute la Torah a pour objectif de promouvoir la paix. "
La Bible (pas "Les Saintes Ecritures" par exemple, ce sera pour un public chrétien… mais on dira que je chipote) nous dit : " Bienheureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu. " (Peut être vous-même ô Obama?)
Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C'est maintenant notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous. (La formule est adaptée de l'arabe. Amine!) (Applaudissements).
dimanche 31 mai 2009
Répétez après moi: Deux Etats!
Répétez encore: Deux Etats!
A force de répéter, comme dans la méthode Coué, cela va peut être devenir vrai? Obama, les Européens, et même le Pape il y a quelques semaines, tout le monde tourné vers Jérusalem implore en coeur : Deux Etats, deux Etats!
J'avoue, je ne comprend pas. Tous font comme si l'Autorité palestinienne et le Hamas n'étaient pas en guerre civile.
Je ne vois vraiment pas - avec la meilleure des volontés pacifistes de quelqu'un qui est convaincu de la nécessité d'un Etat palestinien - comment procéder au vu de la situation. En toute logique, si Israël signait avec Abbas ce n'est pas un Etat qui serait créé, mais deux: un satellite iranien islamique à Gaza et un Banthoustan pro-occidental palestinien en Cisjordanie qui ne tardera pas à tomber lui aussi sous la coupe des islamistes.
Tous disent : Négociez avec les Palestiniens", mais de quels Palestiniens parlent-ils? Et si la majorité des Palestiniens n'en veulent pas de la solution à deux Etats? Comment le savoir puisqu'à cause de leur guerre civile "les Palestiniens" n'ont pas tenu d'élections. Le Hamas a eu la majorité au parlement; Mahmoud Abbas ne représente plus que lui-même et les intérêts économiques de son fils Yasser, face à la gronde montante de l'OLP auquel il n'a pas fait assez de place dans son gouvernement.
Il faudrait au moins la formation d'un gouvernement d'union nationale et la tenue de nouvelles élections. Cela est extrêmement improbable, à moins que les iraniens ne prennent peur. Et puis le Hamas a toutes les chances de remporter le suffrage...
Le lien que fait l'administration Obama entre processus de paix et soutien face au nucléaire iranien a tout du chantage révoltant! Il fait des Américains les complices du terrorisme iranien, d'autant plus que la République des Mollahs bloque toute négociation avec les Palestiniens par l'intermédiaire de leur marionnette de Gaza. Sur fond de passé musulman d'Obama, cela ne fait pas très convenable...
Ou plutôt si, à réflexion fait, j'ai bien peur de comprendre. Car quelque chose ne colle pas:
Obama n'est certainement pas un idiot. Il sait très bien que la création d'un Etat palestinien est impossible en ce moment. A preuve le précédent gouvernement qui, malgré toutes les embrassades d'Olmert avec Abbas et ses trémolos sur la nécessité de la création d'un Etat palestinien, n'a rien pu entreprendre. Les USA eux-mêmes ont défini le Hamas comme mouvement terroriste et se refusent à tout contact avec lui!
Etant donné que le processus de paix avec les Palestiniens est bloqué, Obama pourra en prétexter pour se dédouaner et se débarrasser du fardeau d'une attaque sur l'Iran. Netanyahou n'a pas voulu des "deux Etats"? Et bien qu'il se débrouille tout seul avec Ahmedinejad! Il n'est plus question de se mettre à dos le monde musulman. Là est l'essentiel: réparer les conséquences désastreuses de la politique Bush junior et rétablir des relations chaleureuses entre USA et monde arabo-musulman. Peu importe si la mise en scène est surréaliste au possible et si Israël y joue le rôle du vilain garnement.
Netanyahou est-il dans le coup? Probablement. Que lui en aurait-il couté de prononcer les trois mots
fatidiques "two states solution"? Rien. Même Lieberman n'aurait pas bronché. Bibi l'a d'ailleurs lui-même reconnu: tout cela n'est rien d'autre qu'une affaire de sémantique: quelle différence entre l'autonomie élargie qu'il propose, et l'Etat palestinien démilitarisé et aux frontières sous contrôle souhaité par Barack Obama? Rien. Et puis tant que le Hamas bloque la situation et qu'Abbas n'est pas prêt à reconnaître le "caractère juif" - c'est à dire non-envahissable - de l'Etat d'Israël, où est le risque?
En échange Obama a pu lui proposer le soutien logistique discret des USA. Et encore plus discrets, ceux de l'Egypte et des Saoudiens.
Alors Bibi peut jouer un peu les méchants. Cela ne le dérange pas. A en voir son sourire en coin plus marqué que jamais, il en jouit!
Tara Todras-Whitehill/Associated Press
AFP/GETTY
dimanche 10 mai 2009
Bienvenue en Terre d'Israël
Une amie m'a proposé, avec quelques amis, d'être interviewé pour FR3 à propos de la visite du pape qui arrivera demain à Jérusalem.
La journaliste nous a demandé comment les israéliens voient ce pape. Je ne sais pas ce qui en sera diffusé (ce soir à 19h et demain à 13h). La télévision étant un écran superficiel - comme son nom l'indique - éloigné d'une vision réelle, je vais m'expliquer sur internet - comme son nom l'indique - de façon plus intime, entre-nous.
J'attend de cette visite qu'elle soit pour le Catholicisme une occasion de rupture d'avec le totalitarisme religieux.
Propos Explosifs?
J'espère que le pape et les pélerins qui commencent à affluer regardent Israël autour d'eux, et non la "Terre sainte" des images pieuses. Qu'ils voient la coexistence amicale, paisible et active des Juifs et des Arabes dans ce pays, telle que je la vis au jour le jour. Je leur dit: Voyez la tolérance religieuse totale qui règne ici comme jamais elle a régné, dans les églises, les mosquées et les synagogues de Jérusalem!
Donc je dis au Pape : Bienvenue en Terre d'Israël, terre de tolérance mutuelle, et non " bienvenue en Terre Sainte", si c'est la terre des croisades; ne venez pas non plus en "Terre de Palestine" si c'est terre du Jihad. Pour nous la terre n'est pas sainte par elle-même, ne vaut pas le sacrifice d'une vie; bien au contraire, c'est ici à Jérusalem qu'Abraham a mis fin au sacrifice humain. La terre promise est tout au plus "Eretz ha-kodesh", "Terre de sainteté", celle que l'homme lui confère par le culte qu'il y rend à Dieu.
Je lui dis encore: Rompez avec le totalitarisme religieux, lequel vous partagez avec l'Islam! Il faut en finir avec le "hors de l'église point de salut".
Annulez donc votre autorisation de cette prière en latin du Vendredi Saint qui appelle les Juifs à reconnaître Jésus! Vous ne pouvez pas dire qu'il y a eu erreur, comme dans l'annulation de l'excommunication du prêtre négationiste, le pape doit connaître son missel! Entre l'unité avec les intégristes et la paix avec les Juifs, il faut choisir! Car que signifie "reconnaître Jésus" si ce n'est se convertir au christianisme? Jésus, selon les évangiles, ne demande rien d'autre à ses frères que ce que demande tout rabbin: soyez de bons juifs, faites la volonté de notre Père, accueillez son Royaume, qu'il vienne tout de suite.
Et j'ajouterais: Vous qui êtes allemand et avez été jadis membre des Jeunesses Hitlériennes, vous devez être celui qui prend le plus de distances avec le poison du négationisme.
Benoît XVI à Auschwitz - 28 mai 2006.
L'Eglise de Vatican II était dans la bonne voie, ne remettez pas cela en cause! Elle reconnaît que l'Alliance de Dieu avec son premier-né Israël n'est pas révoquée; Il pardonne à son peuple, ne remet pas en cause ses promesses, y compris celle de la Terre. Il ne remplace pas la première Alliance par une nouvelle, mais élargit celle-ci pour y faire entrer tous les peuples païens. Si l'Eglise montre l'exemple en reconnaissant l'Election d'Israël, alors l'Islam pourra suivre aussi et la paix deviendra possible.
Renoncez à la béatification de Pie XII! Certes il a probablement sauvé beaucoup de Juifs, comme s'était son devoir, mais n'en a pas fait sa priorité, laquelle était la défense de l'Eglise dans la lutte contre le communisme. Son refus de condamner publiquement et explicitement l'extermination des Juifs durant la Shoa, le maintien des relations diplomatiques entre le Vatican et l'Etat nazi pour ménager l'épiscopat allemand, ne peuvent en faire un saint. S'il avait dit les mots qu'il faut, peut-être moins de catholiques allemands ou polonais auraient interprété ce qu'ils voyaient comme la punition divine du déicide, ou du "ne pas avoir reconnu Jésus".
La canonisation de Pie XII serait avant tout une façon de dire que l'Eglise a été parfaite pendant la Shoa. Mais face au "Golgotha du monde moderne" - selon les termes du pape Jean-Paul II - Pie XII n'a pas pris de risque en prenant parti au grand jour pour le camp de la victime comme il aurait pu le faire. Par contre les enjeux théologiques pour le christianisme sont clairs:
- Si le peuple de Dieu a été crucifié à Auschwitz, l'arbre de la croix ne cache-t-il pas la forêt des martyrs juifs?
- Que signifie la Passion si tant de Juifs ont beaucoup plus souffert que le Nazaréen?
- Si la Shoa est une Passion moderne, qui est l'Eglise? Rome la chrétienne n'est-elle pas restée malgré tout dans la continuité de la Rome impériale, persécutrice à la fois du Christ et de son peuple?
Palestine crucifiée - revue palestinienne Intifada du 14 décembre 2000
Je rencontre parfois des catholiques qui viennent en visite ici. Ils viennent pour beaucoup soutenir les Palestiniens et sont souvent hostiles envers les Juifs. Pourquoi? Parce qu'à leurs yeux aveuglés par les médias et les apparences extérieures, les Palestiniens sont les victimes sans défense et Israël le puissant agresseur. Le Hamas et l'OLP manipulent habilement le sens chrétien de la miséricorde et de la compassion charitable. Et puis, si les Juifs sont les bourreaux et les Palestiniens le "Peuple souffrant" crucifié, plus de problème théologique!
J'ai vu Jérusalem en 2000-2003 devenir Bagdad. Sans ce mur qui sépare la ville des territoires palestiniens nous réciterions encore en ce moment la litanie des noms des victimes d'attentats tombés chaque jour. Les Palestiniens n'ont pas la vie facile, mais personne ne les menace d'extermination. Ce n'est pas le cas des Israéliens que l'Iran et ses prolongements - Hamas et Hezbollah - veulent et essaient d'éliminer. Les Palestiniens du Hamas restent de ce point de vue fidèles au fondateur de leur nationalisme: Amin Al-Husseini a directement collaboré avec Hitler pour qui il a organisé la Waffen SS musulmane, il était le conseiller de Himmler et de Eichmann pour la Solution Finale. Il a obtenu d'Hitler qu'il déclare illégal le foyer juif en Palestine, empêchant ainsi Hitler de déporter les Juifs au lieu de les massacrer. Les Etats arabes ont eu une responsabilité directe comparable dans la Shoa - contrairement à ce qu'en dit le président iranien - en poussant les Anglais à fermer les portes de la Palestine devant les rescapés de l'Holocauste, avec la publication du fameux "Livre blanc".
En acceptant le Plan de partage de 1947, en reconnaissant l'OLP et en signant les accords d'Oslo, le mouvement sioniste naissant et l'Etat d'Israël mature ont montré qu'ils acceptaient le partage de cette terre. Les sondages récents montrent que la majorité des Israéliens restent favorables à une solution à deux Etats, dans la mesure où elle ne les met pas en danger. Chrétiens, ne vous trompez pas de camp!
Car sur cette terre doit être réparé le premier crime, celui du fraticide commis par Caïn. C'est là, je le crois fermement, le sens du conflit provoqué par le retour du peuple juif. Il y a ici place pour deux peuples et deux Etats.
Je dis aux chrétiens et aux musulmans: l'élection d'un frère ne nie pas celle de l'autre frère et son rôle complémentaire à découvrir. Notre discours sur D. n'est pas la vérité, il ne reflète que ce que l'humain peut en saisir par son esprit et ses traditions imparfaits. D. est la vérité - sa parole est création - et personne ne peut la saisir ni se l'approprier. Dans cette conception originellement juive se trouve la racine de la vraie tolérance. Méditez-la.
mardi 28 avril 2009
Mahmoud Abbas récidive
A la veille du 61e anniversaire de l'indépendance d'Israël Mahmoud Abbas, Président de l'Autorité Palestinienne, nous envoie ses voeux:
"Etat juif, c'est quoi ça? Vous pouvez vous faire appeler comme ça vous plaît, mais moi je ne l'accepte pas et je le dis publiquement".
Le président palestinien Mahmoud Abbas (AFP)
"Vous pouvez-vous faire appeler la République sioniste hébraïque nationale socialiste si ça vous plaît, ça ne me regarde pas. Moi je sais qu'il existe un Etat d'Israël sur les frontières de 1967 et pas un centimètre de plus ou de moins".
Telle a été, selon l'AFP, la réponse de Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, à la demande que lui a fait le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de reconnaître Israël en tant qu'Etat juif.
Ce n'est pas la première fois que le plus modéré des dirigeants palestiniens associe sionisme et national-socialisme: "Les relations secrètes entre le mouvement sioniste et les dirigeants de l’Allemagne nazie" est le titre de la thèse de doctorat d'Histoire qu'il a soutenu à Moscou en 1980 et qu'il a publié ensuite sous forme de livre. Il n'y lie pas seulement sionisme et nazisme, mais y nie aussi la réalité de la Shoa.
Ce qu'on pouvait attribuer à "un péché de jeunesse" s'avère dans la continuité de toute une vie...
Netanyahou avait simplement déclaré à l'envoyé spécial du président Barack Obama, George Mitchell :"Israël attend que les Palestiniens reconnaissent d'abord Israël comme un Etat juif avant de discuter de deux Etats pour deux peuples".
C'est assez logique: le refus constant des Palestiniens de la définition d'Israël comme "Etat juif" vient de ce qu'ils veulent qu'Israël soit ouvert au "retour des réfugiés" palestiniens, tout en exigeant que leurs territoires soient vidés de leurs Juifs. Voir dans cette définition - quelque soit son caractère problématique - du racisme, voire du nazisme, est une dénégation de l'existence même d'un peuple juif et de son droit à vivre libre dans son propre Etat.
Je nous souhaite bonne fête d'Indépendance!
jeudi 26 mars 2009
Entre calotte et capote
Le pape va bientôt venir nous voir en "Terre Sainte", en notre bonne ville de Jérusalem. Il mérite bien que je lui consacre un message.
Décidemment ce pape fait beaucoup parler de lui... Après l'islam violent, les intégristes négationnistes blanchis, voilà les préservatifs qui propagent (ou risquent de propager, selon les versions) le SIDA...

Un pape dans le vent. Parfois
J'ai l'impression que Benoît XVI fait de la provocation systématique pour renforcer efficacement sa couverture médiatique et apostolique. B16 lâche des bombes comme un B52, alors autant ne pas réagir bêtement en tombant dans leurs cratères, et là je trouve que la presse, les ONG et les politiques dans l'ensemble n'ont pas sû les éviter.
Pour sa défense, je dirais que le pape s'est placé d'emblée sur le terrain d'une critique des mœurs et non sur celui de l'efficacité technique de l'accessoire en question. Celui-ci ne préserve pas seulement des maladies sexuellement transmissibles, mais aussi du don de la vie, tout aussi sexuellement transmise... Le condom peut se déchirer, ou - c'est peut-être plus sérieux - être réutilisé, là n'est pas la question: la rupture entre sexualité et procréation qu'il permet peut encourager des comportements irresponsables, et cette irresponsabilité devenue norme peut s'avérer être le vrai problème. La question ne me semble pas illégitime, ni à évacuer d'une simple pantalonnade. Nous n'avons pas et ne pouvons avoir de statistique qui permettrait de trancher. Mais il est certain que si une majorité de couples se faisaient fidèles et consistants, le SIDA pourrait être jugulé, en Afrique ou ailleurs.
La question est en fait beaucoup plus profonde et trace une ligne de partage des eaux entre, d'un coté, une laïcité "occidentale" matérialiste, et de l'autre une religiosité "orientale" commune aux trois monothéismes.
Défendre la dignité de la vie humaine implique en toute logique de défendre la sainteté de l'union sexuelle qui en est l'origine. "Humaniser la sexualité", pour reprendre l'expression papale, cela veut dire ne pas instrumentaliser et chosifier l'autre et soit même en séparant le corps - fait objet de plaisir - de la totalité entière de l'être humain. C'est l'engagement total qui fait l'homme; assumer entièrement la responsabilité de ses actes, jusque dans leurs conséquences pour les générations futures, ad eternam. Or cette simple membrane de latex à le pouvoir de permettre à l'homme de se couper de ce futur et de cette éternité, cet artifice lui ouvre les portes d'un paradis instantané. Mais rien n'est plus fugace et illusoire que la satisfaction au présent. Alors il faut la répéter, le plus souvent. Nous voilà dans le quantitatif, signe du matériel: combien d'orgasmes, combien de fois par mois? Le "corps" physique a ses besoins, alors pourquoi ne pas consommer un autre corps physique moyennant paiement, comme toute autre marchandise?
L'hébreu biblique n'a pas de terme pour "corps". L'hébreu moderne dit "gouf", or c'est un terme qui a pour origine "goufa", "cadavre". Séparé de la vie qui l'anime et le prolonge le corps se fait mortel, l'ouverture sur l'éternel - mortifère.
Humaniser la sexualité, oui, mais l'absolutisme éthique peut conduire à son contraire. Il faut poser des principes justes, mettre les limites où elles doivent se trouver - c'est le rôle du pape pour ses ouailles - mais il faut aussi gérer de façon responsable l'imparfaite réalité et ses transgressions. En pratique, l'Église est responsable de nombreux morts et peut être considérée comme immorale, voire instigatrice de crimes: mère qu'un avortement aurait sauvé, enfant qu'un frère né par FIV aurait pu guérir, malades du SIDA que le préservatif aurait protégé, sont autant de morts au nom des sacro-saints principes de sacralité du mariage et de la vie. Voilà comment une éthique peut se faire absurde et inhumaine.
L'Église reste malade de son dogmatisme qui découle de la coupure chez elle entre Royaume de Dieu et monde d'ici-bas. Entre calotte et capote c'est le divorce en quelque sorte.
Tout comme le pape, les rabbins sortent toujours couverts... de leur calotte. Leur position quant au préservatif est pourtant très différente. Ils restent, par la vertu de la casuistique talmudique, toujours très respectueux des situations concrètes. Sauver une vie prime tout, la religion et les principes passent après. Curieusement le "Shabbat fait pour l'homme et non l'homme pour le Shabbat" du Nazaréen semble mieux
appliqué par les Juifs que par les chrétiens...
Les rabbins n'interdisent pas la contraception à la femme, elle pour qui les grossesses à répétition peuvent devenir un cauchemar. Par contre elle n'est pas permise à l'homme qui est seul tenu au commandement de procréation et n'a pas le droit "de répandre son sperme en vain". Si le couple a deux enfants, un garçon et une fille, une femme peut prendre la pilule sans le dire à son mari.
La joie hassidique - Rav Lazer Brody
Le préservatif, que l'homme ne peut ignorer et qui rend le sperme "vain", est donc formellement interdit en tant que moyen contraceptif. Mais la halakha n'exige pas d'un malade du SIDA l'abstinence à vie. Elle ne s'occupe pas de savoir comment le SIDA a été contracté, une fois contaminé, le malade se doit impérativement d'utiliser dans tous les cas un préservatif, sinon il deviendrait un meurtrier.
Dans le cas de rapports hors mariage, interdits de par ailleurs, le décisionnaire rabbinique, pragmatique, exigera que l'homme se protège car le devoir de préserver la vie - la sienne comme celle de sa partenaire - ne peut être négligé. La halakha fait toujours la distinction entre l'a priori et l'après-coup. Être dans une situation a priori interdite ne permet pas d'y ajouter une transgression encore plus grave!
La tribu
Trouver la voie juste entre des impératifs moraux contradictoires, c'est tout l'art des discussions talmudiques. Le maître dans une école juive est sensé enseigner aux adolescents dont il a charge l'abstinence et la sainteté du mariage. Mais comme "la chair est faible", il devrait leur conseiller sans fausse pudeur des stratégies pour éviter le dérapage, tout en préparant une issue de secours au cas où il s'est malgré tout produit. Ne pas promouvoir le préservatif donc, tout en informant de sa possibilité comme moindre mal. Un travail d'équilibriste, mais ne pas informer et mettre en garde serait coupable, interdire ce dernier recours - criminel. C'est le cas du pape, qui en outre traite les africains comme de grands enfants. Mais il est "il papa" après tout...
Je pourrais suggérer au successeur de Saint Pierre une solution supplémentaire, "décalottée", si je puis dire: la circoncision, dont nombre d'études épidémiologiques ont montré qu'elle peut réduire jusqu'à 60% la contagion par le SIDA et autres MST.
Lui demander de talmudiser passait encore, mais là je crains de lui en demander un peu trop...
vendredi 9 janvier 2009
Abdou et Yehuda, pendant une nuit de guerre à Gaza
Cette nuit sur internet, je suis interrompu par un appel sur Skype.
Voilà le dialogue qui en a résulté:
[12:52:03 AM] abdou a dit : (handshake)
[12:52:53 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Hi Abdou!
[12:53:02 AM] abdou a dit : salam
[12:53:20 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : shalom
[12:53:31 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : kifak?
[12:53:51 AM] abdou a dit : vs parler arabe ou francais
[12:54:03 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : francais!
[12:54:09 AM] abdou a dit : ok
[12:54:12 AM] abdou a dit : ca va
Coucher de soleil sur Gaza. AFP/Patrick Baz
[12:54:44 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : d'ou es tu?
[12:55:04 AM] abdou a dit : d'algerie
[12:55:46 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Bien. De quoi as tu envie de parler?
[12:56:07 AM] abdou a dit : de ce que on vie ces jours ci
[12:56:29 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Gaza
[12:56:32 AM] abdou a dit : oui
[12:57:08 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : J'habite pres de Jerusalem, je suis ca a la tele aussi
[12:57:26 AM] abdou a dit : terible
[12:57:38 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : oui
[12:58:16 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : les islamistes ont fait bcp de mal en Algerie aussi
[12:58:33 AM] abdou a dit : oui
[12:58:56 AM] abdou a dit : est ca etee terible pour nous aussi
[12:59:03 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Comment on sort de cela?
[1:00:41 AM] abdou a dit : de rendre a ceux qui ont le droit d'existe leur droit
[1:02:09 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : je ne peux qu'etre d'accord. Peux tu preciser?
[1:02:35 AM] abdou a dit : la palestine est pour qui
[1:02:40 AM] abdou a dit : ????
[1:03:50 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Rachi, un rabbin du moyen Age a dit: pr qui est droit aux yeux de D.
[1:04:13 AM] abdou a dit : ??
[1:04:37 AM] abdou a dit : d
[1:04:48 AM] abdou a dit : D ?
[1:04:58 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Dieu
[1:05:19 AM] abdou a dit : est la repence
[1:06:41 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : je crois qu'il y a des justes et des salauds des deux cotes
[1:07:34 AM] abdou a dit : ci on simplifie l'equation
[1:07:47 AM] abdou a dit : il reste que nous deux
[1:08:03 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : :)
[1:08:29 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Non ily en a beaucoup d'autres
[1:09:11 AM] abdou a dit : des jent comme nou qui cherche a voir la verite de face
[1:09:18 AM] abdou a dit : sans tabous
[1:10:13 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : quelques uns
[1:10:20 AM] abdou a dit : ok
[1:10:59 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Pourmoi ce conflit a un sens special
[1:11:18 AM] abdou a dit : ca ve dire?
[1:12:55 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Au fond, nous enfants d'Abraham savons que la terre ne nous appartient pas, le Createur nous la prete un court moment si on s'en sert bien
[1:13:17 AM] abdou a dit : oui
[1:13:37 AM] abdou a dit : c'est ma convection a moi aussi
[1:15:29 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : As tu une idee de solution pour Israel/Palestine?
[1:16:02 AM] abdou a dit : ils y'a la deux peuple
[1:16:30 AM] abdou a dit : qui ont le droit d'exister sur terre
[1:17:15 AM] abdou a dit : et etre sur la meme terre c'est pas possible
[1:17:35 AM] abdou a dit : vu les diverjence qui les differe
[1:17:53 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Alors?
[1:18:37 AM] abdou a dit : dans le temps de notre prophet MOHAMED dans la medinne musulment juiffe coabiter
[1:19:53 AM] abdou a dit : mais les juiffe n'ont pas respecter les engajement qui ont donner au prophette
[1:20:28 AM] abdou a dit : et jus qu'a maintenant
[1:21:04 AM] abdou a dit : ils ne tienne jamais a leur engajement
[1:21:28 AM] abdou a dit : c'est pour cela on est arive la
[1:23:08 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : La ce que tu dis ne me plait pas du tout. Beaucoup de Juifs pensent la meme choses des Arabes. Quand a la cohabitation, jes Juifs devaient etre dhimmis.
[1:23:38 AM] abdou a dit : dhimmis??
[1:23:57 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Soumis aux musulmans
[1:24:17 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : C'est dans la Shaaria
[1:24:48 AM] abdou a dit : soumis non
[1:25:33 AM] abdou a dit : il etee proteger par la shariaa
[1:26:54 AM] abdou a dit : et ils avaient plein droit
[1:27:22 AM] abdou a dit : de vivre et de pratique leur religion
[1:27:39 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Si! Et humilies: un juif devait porter une ceinture speciale pour qu'on le reconnaisse, ne devait pasmonter a cheval, ne pas porter d'habit neufs, ne pas regarder unMusulman dans les yeux, passer dans les chemins les plus etroits, avoir une maison plus basse que celle du Musulman, etc...
[1:27:45 AM] abdou a dit : dans leur village
[1:28:24 AM] abdou a dit : qui a dit tous ca
[1:28:29 AM] abdou a dit : ???????????
[1:28:32 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Un juif ne pouvait pas temoigner dans un proces, ni evidemment porter d'armes
[1:29:25 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : C'est ecrit dans la Shaaria, cela s'appelle les lois de la dhimma. Demande a un religieux
[1:29:53 AM] abdou a dit : non
[1:30:02 AM] abdou a dit : et mille foi non
[1:30:12 AM] abdou a dit : c'est reducule
[1:30:53 AM] abdou a dit : le prophete et mort endetter a un juif
[1:31:08 AM] abdou a dit : d'un bouclier de gere
[1:31:16 AM] abdou a dit : guere
[1:31:57 AM] abdou a dit : ils aurait pu le prendre de force
[1:32:23 AM] abdou a dit : celon ce que vs ditte
[1:32:49 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : ?
[1:33:58 AM] abdou a dit : le prophete MOHAMED est mort est son bouclier hypotiquer chez un juif
[1:34:42 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Il est mort parce qu'il n'avait pas son bouclier?
[1:35:32 AM] abdou a dit : non son bouclier etee chez le juif comme garantie
[1:35:52 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Et alors?
[1:36:26 AM] abdou a dit : ca montre que le juif a plein
[1:36:39 AM] abdou a dit : pouvoir de vivre
[1:36:53 AM] abdou a dit : parmis les musulement
[1:37:16 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Oui, je ne dis pas que tout etait negatif
[1:37:31 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Mais il ne faut pas idealiser
[1:37:51 AM] abdou a dit : c'est un exemple a suivre
[1:38:10 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Non, je ne crois pas
[1:38:29 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Les Juifs veulent vivre libres maintenant
[1:38:40 AM] abdou a dit : que ont pe vivre ensemble dans le respect de l'autre
[1:39:02 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Regarde cet article de Wikipedia par exemple
[1:39:05 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dhimmi
[1:39:11 AM] abdou a dit : et le respect de ses engajement
[1:40:09 AM] abdou a dit : l'etat d'israel
[1:41:13 AM] abdou a dit : n'a jamais tenu un seul engajement envert nous
[1:41:25 AM] abdou a dit : are u here
[1:41:32 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Oui
[1:42:40 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Ce n'est pas vrai. Nous avons signe la paix avec l'Egypte, avec la Jordanie, et n'avons jamai trahi. Mais les Egyptiens laissent passer des armes au Hamas
[1:43:16 AM] abdou a dit : et envert les palistinien
[1:44:05 AM] abdou a dit : oslo et madrid ..........
[1:45:03 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : En 48 les juifs ont accepte la creation de deux Etats. Les palestiniens et les etats arabes ont refuse et declanche la guerre. Nous respectons les autres, et les autres ne nous laissent aucune place
[1:45:28 AM] abdou a dit : est avant 48
[1:45:56 AM] abdou a dit : la palistinne etes pour les palistinien
[1:46:32 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Avant 48 les arabes ont massacres les Juifs a Hebron et ailleurs, les ont attaques tout le temps.
[1:47:18 AM] abdou a dit : c'est par simple promess de bilfor que vs avez ue ce droit d'exister sur cette terre
[1:48:43 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Non, la Tora et tous les prophetes ont dit que les Juifs retourneront sur la terre d'Israel. C'est meme marque dans le Coran
[1:49:27 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Pendant 2000 ans 3 fois par jour nous avons prie pour retourner a Jerusalem!
[1:49:59 AM] abdou a dit : vous n'avez exister sur cette que pour 70 ans dans tous les temps depuit addam
[1:50:15 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Et + que 3 fois, meme dans la benediction apres les repas!
[1:51:07 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Abdou mon ami, il faut que tu lises la Bible, tu ne connaus rien aux peuple juif
[1:51:31 AM] abdou a dit : vous pouvez prier le temps qu'il faut ci vous vouler mais pas pour priver autre de leur droit et terre
[1:52:15 AM] abdou a dit : la bible n'est que des ecris de l'homme
[1:53:00 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous n'avons pas voulu priver les palestiniens de leur droit. Il y a place pour 2 peuples sur cette terre, c pourquoi nous avons toujours ete d'accord pour 2 Etats
[1:53:00 AM] abdou a dit : la vrai bible nous l'avant nous les musulement
[1:55:34 AM] abdou a dit : mais vous ditte deux etats que pour faire taire le monde ce que veu l'etas d'israel c'est
[1:55:38 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Votre prophete Mohamed respectait la Thora. Je crois que tu n'as pas lu non plus le Coran. Lis les 2 livres, juge par toi-meme, ensuite tu parleras
[1:56:43 AM] abdou a dit : notre quran dit que la thora et la bible ont etes
[1:58:12 AM] abdou a dit : truque par les juiffe pour qu'il fasse ce qu'ils veulllent et dire qu'ils sont le peuple choisi par dieux
[1:59:07 AM] abdou a dit : et la vrai thora est cheez nous aussi
[1:59:35 AM] abdou a dit : inclu dans notre quran
[2:00:13 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Les universitaires qui ont etudie les sources du Coran disent qu'il est une pale copie du la Bible.
[2:00:54 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Cela ne mene a rien, a chacun de tes arguments j'en aurait un autre a t'opposer
[2:00:59 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Et apres?
[2:01:22 AM] abdou a dit : les univercitaire de qui
[2:01:52 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : occidentaux
[2:01:53 AM] abdou a dit : a tu lu le quran
[2:02:08 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : oui, en francais et un peu en arabe
[2:02:19 AM] abdou a dit : athee ou cretien ouu juif
[2:02:37 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : je suis juif mon frere
[2:02:54 AM] abdou a dit : non les univercitaire
[2:02:59 AM] abdou a dit : mon frere
[2:03:32 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : les 3
[2:04:35 AM] abdou a dit : donc ils dise que le qurant contien des dire de la bibile et la thora
[2:05:52 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : oui, tous les personnages du Coran sont dans la Bible, un passage entier est repris de la Mishna, un texte du Talmud ecrit 4 siecles plus tot
[2:07:23 AM] abdou a dit : ohhh ca confirme que le quran contien que le vrai de ce que dit la bibile et lea thora
[2:08:04 AM] abdou a dit : que dieux est unique
[2:08:45 AM] abdou a dit : est ils n'a pas de fils ni de peuple prefere
[2:09:06 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : oui, on peut dire cela
[2:09:18 AM] abdou a dit : donc
[2:12:07 AM] abdou a dit : are u here
[2:12:23 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Dites:"Nous croyons en Dieu et en ce qu'on nous a fait descendre, et en ce qu'on a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes de la part de notre Seigneur: nous ne faisons de différence entre aucun d'eux. Et à lui nous sommes soumis." Sr 2: 135
Et si tu as des doutes sur ce que Nous avons fait descendre vers toi, interroge alors ceux qui dès avant toi lisent le Livre. Certes, la vérité t'est venue de ton Seigneur : ne sois donc point de ceux qui doutent. Sr 10:93
[2:13:07 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Tu vois quele Coran m'interesse!
[2:14:24 AM] abdou a dit : c'est du quaran
[2:14:58 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Oui, tu vois le numero des sourates
[2:16:25 AM] abdou a dit : je verifie car j'est pas l
[2:16:49 AM] abdou a dit : l'habitude de le lire en fraçais
[2:16:57 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : OK
[2:17:26 AM] abdou a dit : et tu est encor juiff
[2:17:38 AM] abdou a dit : on lissant tous ca
[2:18:19 AM] abdou a dit : tu crin pas le chatiment de dieux
[2:18:39 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Oui. Moi aussi je crois que tu ne rsterais pas Musulmans si tu avais lu la Bible
[2:19:29 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : J'aime la verite, ce n'est pas un peche
[2:19:32 AM] abdou a dit : qu'elle bible c'elle de qui des 4
[2:20:34 AM] abdou a dit : les quatre bible qui existe ce contradie entre eux
[2:21:25 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Le mieux c'est de tout lire, moi je n'aipas vu de contradiction
[2:21:55 AM] abdou a dit : et dise des atrocitter sur jesus et ca mere
[2:23:06 AM] abdou a dit : et de la fassant que vous les juiffe que vs avez tenter de le crussufier et le torturer mais dieuxla pris
[2:23:36 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : OK, je te parle de la Bible juive. Les histoires sur la naissance de Jesus c'est des histoires d'idolatres
[2:24:25 AM] abdou a dit : svp d'idolatres??
[2:24:44 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : qui adorent de faux dieux
[2:24:53 AM] abdou a dit : ok
[2:25:05 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : ils ont divinise Jesus
[2:25:42 AM] abdou a dit : et vous que ditte vs de dieux
[2:25:51 AM] abdou a dit : et de jesus
[2:26:33 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous ignorons Jessu
[2:26:54 AM] abdou a dit : et ALLAH
[2:27:03 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous disons qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui a tout cree
[2:27:21 AM] abdou a dit : ET QUOI ENCOR
[2:27:47 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous l'appelons Elohim, c'est la meme racine que le nom Allah
[2:28:00 AM] abdou a dit : oui
[2:28:34 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous disons qu'il est le Roi des rois et que la royaute lui appartient
[2:28:46 AM] abdou a dit : et quel est votre devoir enver ce qui ns a cree
[2:29:03 AM] abdou a dit : tous
[2:29:40 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous avons 613 commandements dans la Bible...
[2:31:04 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous le remercions de nous rendre notre ame chaque matin en nous reveillant
[2:31:26 AM] abdou a dit : parmis eux c'est aime soit meme et l'autre
[2:31:37 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Oui
[2:32:19 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous essayons de respecter ce commandement essentiel
[2:32:36 AM] abdou a dit : mais malheuresement c'est pas ce qu'on voi a gaza
[2:32:47 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Je ne crois pas que les musulmans fassent mieux.
[2:33:20 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Regarde les sunnites massacrer les chiites et vice versa a Bagdad
[2:33:43 AM] abdou a dit : restant a gaza
[2:33:49 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : tous les pays arabessont en guerre l'un contre l'autre, regarde chez toi!
[2:34:29 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Israel n'a pas attaque Gaza
[2:35:02 AM] abdou a dit : est qu'est ce qu'elle fait a gaza du tourisme
[2:35:23 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : On s'est retire de Gaza et les gazaouis ont commence a nous bombarder de qassams pendant huit ans!
[2:35:55 AM] abdou a dit : qui fond plus de bruit que de degat
[2:36:23 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Toute une generation d'enfants juifs sont traumatises, ce n'est pas des degats?
[2:36:39 AM] abdou a dit : et vs avec vos loi vos apatchis et f16
[2:37:01 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Que ferais-tu si un missile traversait le toit de ta maison?
[2:37:30 AM] abdou a dit : donner a ce qui de droit sont droit
[2:37:58 AM] abdou a dit : ci cette maison c'est la sienne
[2:38:16 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Et a nous, les palstiniens sont prets a nous donner notre droit?
[2:38:23 AM] abdou a dit : je lui la donnerais
[2:38:49 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Merci Abdou! mAIS CE N'EST PAS LE CAS DU haMAS
[2:39:07 AM] abdou a dit : quel droit vs avez on vs le donne
[2:39:33 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Que ldroit dis?
[2:40:25 AM] abdou a dit : ??
[2:41:15 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Tu as dit qu'on ne peut pas etre 2 peuples sur la meme terre, moi je dis que si
[2:41:43 AM] abdou a dit : ci ca peu ce faire mais
[2:42:49 AM] abdou a dit : avec un mur comme celui de berlin non
[2:43:16 AM] abdou a dit : avec des loi scioniste raciste non$
[2:43:23 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : si il n'y a pas de terrorisme, il n'y a pas de mur
[2:44:05 AM] abdou a dit : differancier entre terorisme et revolution
[2:44:22 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : en Israel tous les citoyens, juifs ou arabes, sont egaux devant la loi
[2:44:59 AM] abdou a dit : dans israel de 48 oui
[2:45:11 AM] abdou a dit : mais celle de 67 non
[2:45:23 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : s'exploser dans un bus de civils qui vont a l'ecole ou au travail, ce n'est pas la revolution
[2:45:48 AM] abdou a dit : c'est du terorisme
[2:45:52 AM] abdou a dit : oui
[2:45:55 AM] abdou a dit : oui
[2:45:56 AM] abdou a dit : oui
[2:45:59 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : oui
[2:46:48 AM] abdou a dit : mais bombarde une ecole c'est du self deffance
[2:46:58 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : 67 OK. L'occpaton est mauvaise, mais ce n'est pas de la faute d'srael
[2:47:48 AM] abdou a dit : c'est israel qui occupe c'est pas le contraire a ce que je s'ache
[2:48:04 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Tirer des mortiers depuis une ecole c'est quoi? Cacher des armes dans une ambulance c quoi
[2:48:30 AM] abdou a dit : c'est vs qui le ditte
[2:48:47 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Tu veux des preuves?
[2:49:21 AM] abdou a dit : et dire qu'ont a fait une erreur de bombarder l'ecole c'est quoi
[2:49:51 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : La même école financée et administrée par l'ONU a déjà été utilisée comme base de tirs contre Israël en 2007. Deux tirs de mortier ont été saisis par la caméra d'un drône israélien:
http://www.youtube.com/watch?v=zmXXUOs27lI&eurl
[2:49:52 AM] abdou a dit : dit par le porte parol de votre armmeee
[2:51:27 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Abdou ca sert a rien de se disputer. Chacun voit les choses comme il veut. Pourtant il y a des faits
[2:52:11 AM] abdou a dit : et il y'a des centaine de morts
[2:53:08 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : En 60 ans il y a eu 60000 morts arabes par Israel
[2:53:28 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : 12 millions entre musulmans
[2:54:04 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : un million rien qu dans la guerre Iran Irak, mais cela ne te fait rien!
[2:54:31 AM] abdou a dit : une ames tue me fait de la paine
[2:54:47 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Moi aussi
[2:55:09 AM] abdou a dit : qu'elle soi juif ou autre
[2:56:47 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Ce que disent nos prophetes, c'est qu'a la fin de l'histoire toutes les nations reconnaitront Dieu come roi et formeront une grande famille pour le serivr. Alors il y aura la paix.
[2:57:47 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Apprendre a partager la meme terre d'Israel Palestine, je pense que c'est le defi.
[2:58:04 AM] abdou a dit : mais priver tous un peuple de sont droid de vivre a cause de quelque (teroriste)
[2:58:42 AM] abdou a dit : me fait de la paine aussi
[2:59:10 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Nous avons le droit de nous defendre. Que ferais-tu a la placed'Israe?
[2:59:38 AM] abdou a dit : deja rependu a la qustion
[2:59:54 AM] abdou a dit : rendre le droit
[2:59:56 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : ?
[3:00:26 AM] abdou a dit : ace qui ont le droit
[3:01:27 AM] abdou a dit : que dieux eclerci ton chemin pour voir ca veriter mon frere
[3:01:36 AM] abdou a dit : salam
[3:01:58 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Bonne nuit, layla saida!
[3:02:27 AM] abdou a dit : mon francais n'est pas aussi bon que le votre
[3:03:45 AM] abdou a dit : mais j'ai yn peu compris a traver vs ce que vs les israelien veulle au juste
[3:04:07 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Pas de probleme, moi je parle tres mal arabe
[3:04:23 AM] abdou a dit : bey salam
[3:05:10 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Les Isareliens veulent vivre en paix et son pret sa partager leur terre, salam alek
[3:07:45 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Abdou, tu es d'accord si je montre a d'autres notre dialogue?
[3:08:58 AM] abdou a dit : et il aussi important que ca
[3:10:22 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : je ne sais pas, je crois que c'etait interessant. On a essayer de se comprendre
[3:10:33 AM] abdou a dit : et ci je dit non tenier vs a cette engagement
[3:11:22 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : oui, je n'est qu'une parole, c'est pour cela que j'ai pose la question.
[3:12:05 AM] abdou a dit : !!!!! oui
[3:12:58 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Merci Abdou! J'appelerai ce dialogue: Abdou et Yehuda, pendant une nuit de guerre a Gaza
[3:14:13 AM] abdou a dit : on gardant l'integrlite de tous
[3:14:34 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : 100%
[3:15:44 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Je t'enverrai une cpie
[3:17:22 AM] abdou a dit : et le droit d'auteur ahhhhh
[3:18:29 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : T'en fais pas, je pense le mettre sur internet, cela ne me rapportera rien!
[3:19:05 AM] abdou a dit : ok bey
[3:19:15 AM] Yehuda-Alain Schwartz a dit : Bey!
mercredi 11 juin 2008
Pour se faire plaisir
Pour les 60 ans de l'Etat d'Israël plusieurs chefs d'Etat ont prononcé des discours plus que chaleureux à l'égard de notre pays. Est-ce dû en partie à la montée du danger terroriste un peu partout dans le monde? Peu importe, faisons-nous plaisir!
Je cite ici le discours du premier ministre canadien Stephen Harper que m'a communiqué mon ami Serge Lukasiewicz:
8 mai 2008
Toronto
Merci de cet accueil chaleureux. Merci, Ivan de cette aimable présentation. Monsieur le Consul général, Monsieur le ministre Flaherty, honorable Chef de l’opposition, chers collègues des législatures fédérale et provinciale, membres de la United Jewish Appeal Federation, Mesdames et Messieurs, je suis très honoré de participer aux célébrations entourant ce soir le soixantième anniversaire de la fondation de l’État d’Israël.
C’est vraiment pour moi un honneur de prendre part à la célébration de ce soir. Israël a toujours été pour moi un symbole – un symbole du triomphe de l’espérance et de la foi. Après 1945, le monde dévasté dans lequel nous vivions avait désespérément besoin de se sortir de la désolation et de l’obscurité dans lesquelles l’avait plongé la guerre. Après tant de peine et de souffrance, l’humanité avait besoin de réconfort et d’un vent d’optimisme. Après tant de morts et de destruction, nous avions besoin de nous forger un nouveau rêve : celui d’un monde meilleur et plus civilisé. Nous avions besoin d’une source d’inspiration. Et c’est le peuple qui avait le plus souffert qui a été cette source. En prêchant par l’exemple, il a mené le monde vers la lumière. Venant de l’Europe dévastée et d’autres pays sur la planète, les descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ont pris la route pour rentrer chez eux. Leur pèlerinage était l’aboutissement d’un rêve vieux de deux mille ans, un tribut à la quête insatiable de liberté de l’humanité, un testament à la volonté invincible du peuple juif.
Ces soixante dernières années, Israël est devenu l’un des pays les plus prospères du monde, une terre où l’on cultive l’ingéniosité et l’esprit d’initiative, une oasis qui rend hommage au génie agricole de ses habitants, une source inépuisable d’art et de haute culture, un modèle de démocratie. Israël est, à n’en pas douter, le « miracle du désert ».
Mais, à mon avis, Israël puise sa force et sa réussite parce qu’il est voué aux valeurs universelles de tous les peuples civilisés et que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.
J’espère pouvoir me rendre bientôt en Israël pour constater le « miracle » de mes propres yeux. Pour voir comment des millions de gens de tous les coins du monde avec leurs langues et traditions si différentes se sont regroupés pour bâtir un pays moderne, prospère, vibrant et démocratique. C’est un pèlerinage auquel je rêve depuis bien longtemps et auquel je tiens encore plus depuis ma visite d’Auschwitz au printemps dernier. Je veux voir personnellement ce que les survivants de l’holocauste et leurs descendants ont accompli. Car ils symbolisent au plus haut point – et comme cela n’a jamais été vu dans l’histoire de l’humanité – la résilience et le renouveau. Je veux aussi transmettre en personne le message d’appui inébranlable du Canada envers Israël.
Malheureusement, à 60 ans, Israël demeure un pays menacé – menacé par les groupes et les régimes qui nient jusqu’à ce jour son droit d’exister. et pourquoi? Ne nous y trompons pas, au-delà de rationalisations à peine voilées, ils détestent Israël, tout comme ils détestent le peuple juif. Notre gouvernement estime que ceux qui menacent Israël menacent par là même le Canada. Car, comme nous l’avons vu pendant la dernière guerre mondiale, le sectarisme alimenté par la haine et dirigé vers quelques-uns est finalement une menace pour tous. On doit donc s’y opposer, où qu’il se manifeste.
Dans cette bataille incessante, le Canada se range de tout cœur aux côtés de l’État d’Israël, notre ami et allié dans la famille des pays démocratiques. Nous nous sommes portés à la défense d’Israël quand cette démarche n’était pas très populaire et nous continuerons de le faire, comme je l’ai promis.
Nous espérons tous – et prions pour cela je le sais – qu’un jour la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit seront des réalités pour tous les peuples du Moyen-Orient.
La consécration de ces valeurs est le meilleur moyen d’assurer une paix durable à la fois pour les Israéliens et les Palestiniens. Les fondements d’un avenir pacifique existent. partout en terre sainte, chacun, quelle que soit sa religion veut ce que nous voulons tous et toutes, à savoir un lieu sûr où vivre, des possibilités d’avancer, une bonne vie pour les enfants et un avenir pour les petits enfants. Alors que nous sommes réunis ce soir pour célébrer les premiers soixante ans de l’État d’Israël, prenons tous la résolution qui est la nôtre, à titre de Canadiennes et de Canadiens, de faire notre possible pour appuyer les Israéliens et leurs voisins dans leur quête d’un avenir meilleur.
La route sera parsemée d’embûches, mais si l’on songe au chemin qu’Israël a parcouru en si peu de temps et face à des obstacles apparemment insurmontables, aucune force ne pourra – je crois – réussir à assombrir les perspectives de liberté et de démocratie que fait briller ce pays.
Joyeux 60e anniversaire.
Merci beaucoup.
Shalom.
Stephen Harper
vendredi 23 mai 2008
Les affaires sont les affaires
Enfin cette bonne nouvelle dans Haaretz d'avant-hier:
Contrairement à sa précédente décision d'il y a un an déjà (4 juin 2007), le ministère de la défense a finalement décidé de tester le système anti-roquette Vulcan Phalanx. Le ministre avait préféré alors le système de la société israélienne Rafael "Iron Dome" qui n'a pas encore fait ses preuves, coûtera des
milliards de shekels, et ne devrait être fonctionnel qu'en 2011! Les habitants de Sdérot et des Kibboutz environnants n'avaient qu'à s'armer d'un peu de patience! Et d'ici là, les Palestiniens auront trouvé autre chose...
Le système Vulcan Phalanx
Le système Phalanx produit par la société américaine Raytheon, lui, est parfaitement opérationnel et peut être immédiatement mis en place. De plus il est relativement bon marché (8 à 15 millions $) et ses munitions aussi. Chaque missile lancé par "Iron Dome" coûtent de 30 à 50,000 dollars alors qu'un Kassam ne coûte presque rien!
En fait on a appris ensuite, bien après que le "Dome de fer" soit approuvé, qu'il ne pourrait pas protéger Sdérot car elle est trop proche de Gaza. On a envisagé de créer une zone tampon pour que les tireurs soient à la bonne distance... (Haaretz).
Le système de défense rapprochée Vulcan Phalanx a été à l'origine mis au point pour la marine et donne satisfaction depuis plusieurs décennies. Sauf dans la dernière guerre du Liban lorsqu'une corvette porte-missile israélienne Saar-5 a été touchée par un missile. Mais le Phalanx n'avait pas été mis en route!
La version terrestre plus récente s'appelle le système C-Ram. La batterie se compose d'une mitrailleuse lourde à tir ultra-rapide (6.000 projectiles à la minute) couplée à un système radar. Une fois un missile détecté, les canons créent un rideau d’acier de balles volant à la vitesse d'un kilomètre par seconde - quatre fois plus vite qu’un Kassam. Selon les rapports américains le système est d'efficace à 80 % contre les missiles et obus de mortier.
Ce système est bien assez bon pour les États-Unis et les forces armées britanniques et canadiennes qui emploient le Phalanx pour protéger leurs bases en Irak et en Afghanistan. Mais le plus convainquant est que
les américains s'en servent pour défendre toute la zone verte, la zone gouvernementale de Bagdad.
Le système terrestre C-RAM
Mais le ministre israélien voit les choses d'un autre oeil. Cela fait environ un an maintenant que des experts indépendants et des spécialistes de Tsahal avaient essayé de convaincre Ehud Barak. Cependant, l'idée a été constamment rejetée par le ministère de la défense.
Un autre spécialiste en balistique dont j'avais lu un article il y a quelques mois, le Dr. Nathan Farber, avait essayé de convaincre le ministère depuis longtemps, sans succès. Je m'étais dit alors les spécialistes du Ministère doivent savoir de quoi ils parlent...
L'explication officielle du rejet reste dans le flou: "après étude les experts ont conclu que le système ne satisfait pas les besoins de défense d'Israël contre des mortiers et des missiles Kassam".
Des sources au ministère ont ensuite expliqué que le système ne convient pas pour Sdérot parce qu'il ne peut protéger que des zones de quelques centaines de mètres carrés seulement.
On nous prend pour des imbéciles? La Green Zone de Bagdad à une surface de 10 km², ce n'est pas si petit! Et la base militaire de Zikim, près d'Ashkelon - où avant-hier encore un soldat a été blessé par un tir de mortier - elle est aussi trop grande pour être protégée? Et les kibboutz qui jouxtent la frontière?
D'après Uzi Rubin, un spécialiste des missiles et ancien responsable du Ministère de la Défense, quatre batteries C-RAM - pour 15 million $ pièce - pourraient défendre Sdérot de façon efficace contre les roquettes Kassam. Cela aurait pu être fait depuis des années. (Voir ce site militaire). Pour comparaison, le renforcement en béton des 8000 maisons proches de Gaza que le gouvernement a été contraint d'approuver il y a peu coûtera près de 100 millions $.
Un autre système américain qui a été rejeté est un système laser nommé "Skygard" de Northrop Grumman. 100% efficace, moins cher que le système de Rafael et pouvant être mis en place plus rapidement. Le ministère de la défense n'a pas daigné répondre aux propositions des américains.
Lorsque le directeur général du ministère de la défense décide l'année dernière d'aller voir sur place aux USA le système laser, "on" fait passer dans les médias israéliens une fausse information: la plupart des essais ont échoué. En fait il n'y a eu aucun essai et ne devait pas y en avoir. (omedia.co.il, aujourd'hui). Les défenseurs de l'industrie bleu-blanc sont vraiment très efficaces...
Une batterie C-RAM a finalement été commandée aux USA pour la tester contre les mortiers et Kassams tirés depuis la bande de Gaza. Toutefois, on ignore quand elle arrivera en Israël. On raconte que le directeur général du ministère, Pinhas Buchris, aurait pris cette décision malgré l'opposition de plusieurs haut-fonctionnaires.

Le vaisseau Saar-5. Un missile chinois tiré par des experts iraniens l'a touché depuis la côte libanaise
Début mars, une délégation des fonctionnaires du ministère de la défense et des officiers de l'Armée de l'Air est allé aux USA évaluer le Phalanx. La délégation a conclu que "le système pourrait fournir au moins une réponse partielle à la menace venant de Gaza".
L’année dernière ce n’était pas suffisant?
Visiblement il y a d'autres raisons qui ont fait préférer le projet de Rafael malgré son coût.
Une première hypothèse est une mesure de rétorsion contre les américains qui ont refusé d'acheter le système israélien de protection active de blindés TROPHY produit par Rafael.
L'autre hypothèse est plus probable mais j'ai du mal à l'envisager: si le système C-RAM s'avérait suffisant pour contrer les roquettes Kassam, on risquerait de ne plus avoir besoin du Iron Dome et le gouvernement aurait du mal à justifier son achat. Et si au contraire celui-ci avait l'occasion de prouver son efficacité à protéger la population du Néguev Occidental, ce serait un argument de vente inestimable pour son exportation vers tous les théâtres de combat.
Ce qui me rend d'autant plus suspicieux - outre notre manque maintenant chronique de confiance envers la classe politique - est la façon dont les décisions ont été prises: parmi les membres du panel d'expert qui a approuvé le projet et lui a alloué un fond de recherche d'un milliard de shekels se trouvait Yedidya Ya’ari, un proche d'Ehud Olmert et PDG de Rafael Armements! (Haaretz).
Olmert avait nommé son ami Ya'ari dans la Commission Winograd qui a enquêté sur la seconde guerre du Liban. Le Conseiller juridique du gouvernement, Menahem Mazouz, a annulé sa nomination une semaine plus tard pour conflit d'intérêt. Rafael, en effet, est une compagnie gouvernementale, ce qui plaçait Ya'ari dans la dépendance d'Olmert.
L'opinion publique israélienne, écoeurée par les effluves nauséabondes des "affaires" que laisse Olmert dans son sillage, n'est pas encore vraiment au courant. Le mépris de la direction politique et militaire du pays pour sa population civile était patente durant la deuxième guerre du Liban. Ce nouveau scandale le confirme encore d'avantage.
S'il s'avère que la population de Sdérot subit depuis huit ans un des pires traumatismes qu'une population civile ait connu pour les intérêts du complexe politico-militaro-industriel, les réactions risquent d'être très dures.
mardi 20 mai 2008
Guerres inutiles / Guerres utiles
Le film de l'Israélien Ari Folman - Valse avec Bachir (Waltz With Bashir) - reçoit des critiques élogieuses et est pressentit pour les Palmes d'Or à Cannes. Je n'ai vu que la bande annonce, les premières images et quelques critiques, mais ce film d'un genre nouveau, un des premiers long-métrages documentaires d’animation de l'histoire du cinéma, m'a tout de suite enthousiasmé.
Outre la valeur purement artistique de ce drame psychologique, l'apport essentiel du film tient dans sa démystification de la guerre. Dans la foulée de "Beaufort", il met en scène la guerre dans sa banale et absurde cruauté; des soldats y sont jetés sans raison valable, antihéros qui subissent les évènements sans les comprendre. Un film à l'opposé de toute l'esthétisation hollywoodienne de la guerre.
Je me réjouis du succès de ce film qui reste dans le droit fil de l'éthique juive: tel Jacob qui selon le Midrach prie - avant le combat contre son frère Esau qui approche, entouré d'hommes en armes - "Que je n'aie pas à tuer et que je ne sois pas tué" et fait tout pour apaiser son frère; ou comme la coutume de ne pas chanter le psaume du Hallel en entier au Seder de Pâques parce qu'il ne faut pas se réjouir de la mort des Égyptiens, dans l'esprit de Proverbes 24:17: « Lorsque ton ennemi tombe, ne te réjouis pas ; s’il succombe, que ton cœur ne jubile pas ».
Puis je surfe encore pour voir ce que l'auteur lui-même dit de son film.
Elizabeth Tchoungui a interviewé Ari Folman sur France_24. Il explique que son but était d'abord de traiter son stress post-traumatique dû à la première guerre du Liban, en 1982, puis l'espoir de faire passer leur engouement pour la guerre à au moins quelques jeunes. "Les guerres, la guerre, n'importe où, sont inutiles... rien de bon ne peut en sortir" conclue-t-il.
Je suis déçu. C'est exactement la douce musique que les oreilles européennes veulent entendre. Ah, c'est tellement tentant de plaire encore plus aux admirateurs et de les caresser dans le sens du poil, pour être ensuite ovationné sur les tapis rouges de Cannes.
Autrement dit ce n'était pas la peine de faire la guerre à Hitler, il fallait laisser les Serbes continuer à massacrer en paix, il aurait fallu laisser le Koweït à Saddam, à quoi bon Israël se défend-elle contre le Hezbollah ou le Hamas...
Que Folman exploite ainsi son traumatisme de la guerre du Liban est d'autant plus dommage que celle-ci
précisément a été sanctionnée de façon différentielle sur sa légitimité: Sharon, alors ministre de la Défense, avait mandat du gouvernement pour repousser l'OLP à 40 km à l'intérieur du Liban. Toute la population du Nord d'Israël était bombardée depuis cette zone. Jusque-là il s'agissait d'une guerre de légitime-défense parfaitement justifiée, et légitimée par un gouvernement démocratique lui-aussi parfaitement légitime.
Ensuite, ce n'est plus le cas: Sharon - désobéissant délibérément aux décisions du gouvernement de Menahem Begin - lança de son propre chef tanks et avions sur Beyrouth pour en déloger Arafat. Bachir Gemayel assassiné par un agent syrien, Sharon entre dans Beyrouth-Ouest. Le film se termine là: les Forces Libanaises - alliés d'Israël alors - se vengent de la mort de leur nouveau président et en profitent pour "nettoyer" à leur façon le camp palestinien de Sabra et Shatila.
La commission Kahan qui enquêtera en 1983 a montré que les Forces libanaises sont les seules directement responsables du massacre. Elle retiendra une responsabilité indirecte, morale, non juridique, pour Menahem Begin et exigea le limogeage d'Ariel Sharon, en ce qu'il n’a "pris aucune mesure pour surveiller et empêcher les massacres".
L'armée israélienne aurait-elle dû se douter de ce que les phalangistes chrétiens, entraînés par elle, risquaient de lui désobéir et de s'en prendre aux civils et non uniquement aux terroristes de l'OLP? Des soldats israéliens ont-ils été témoins impassibles des massacres et des viols, ou étaient-ils trop loin pour distinguer des civils de terroristes ou pour voir quoique ce soit? (voir l'article de l'Arche) Et quid de la responsabilité de l'OLP qui avait truffé le sous-sol des quartiers de Sabra et Shatila de galeries bourrées d'armes et qui n'avait pas retiré tous ses combattants? Et celle des forces internationales franco-italo-américaines, qui étaient garantes de la sécurité des populations civiles et se retirent plus tôt que prévu? Ou pire, le refus de l'armée libanaise elle-même d'intervenir?
Si le film se contentait de critiquer cette partie de la guerre, je comprendrais, quoique cela ne serait pas bien intéressant: les 400,000 israéliens qui sont alors descendus dans la rue, le gouvernement qui a nommé la commission d'enquête qui a renvoyé Sharon à ses moutons pour de longues années, Begin qui a démissionné et finit sa vie reclus dans son appartement, n'ont pas de leçon à recevoir d'un cinéaste à l'âme particulièrement sensible.
Quant à se lancer dans de grande tirades sur la vanité des guerres quand on vit dans un pays qui serait dévoré par ses voisins au moindre signe de faiblesse...
Faire la distinction entre ces deux guerres au sein de la guerre du Liban, c'est cela qui était important et qui est gâché par l'état d'esprit de cette Valse avec Bachir.
Folman donne une autre interview en hébreu sur YNET qui est un peu différente: à la fin de ses périodes de réserve il y a cinq ans, il suit une psychothérapie dans le cadre d'un essai thérapeutique. C'est alors qu'il comprend qu'il doit faire ce film. Le but: "Entre-temps ma femme et moi avons amené trois enfants dans ce monde [...] quand ils grandiront et verrons le film, peut-être qu'il les aidera à prendre les bonnes décisions, c'est à dire ne participer à aucune guerre".
Est-ce à dire que Folman appelle à la désertion? Ou tout simplement à quitter le pays et aller se planquer en laissant dans le pire des cas les goyim s'entre-tuer dans leurs guerres stupides?
Mais peut-être suis-je trop dur avec Folman, moi qui n'ai fait aucune guerre? Après tout on peut penser qu'aucun État ne vaut la peine de sacrifier ses enfants pour lui. Peut-être suis-je influencé par tous ces commentaires de talkbackistes israéliens de droite qui vitupèrent contre "ces gauchos d'artistes dévorés par leur haine d'eux-mêmes, quand ils ne font pas qu'exploiter l'antisémitisme des milieux intellectuels de gauche tiers-mondistes pour se faire une carrière en Europe sur le compte d'Israël qui en plus finance leurs travaux..."
Car son traumatisme est réel; ce sentiment de culpabilité qui a gommé cette époque de sa mémoire mérite d'être respecté. C'est une courageuse tentative de thérapie par un film d'animation / réanimation (j'ai emprunté ce jeu de mot) du souvenir qui nous offre ce film et les magnifiques illustrations de David Polonsky.
Cette culpabilité - ne serait-ce que d'être associé de loin à une boucherie - mérite qu'on y réfléchisse.
Mais pourquoi cette culpabilité chez un soldat qui personnellement n'a commis aucun massacre?
Le Monde commente: "Valse avec Bachir est un film sur la peur et sur la culpabilité qui ose montrer ces soldats israéliens comme victimes [...] ils n'ont pas participé aux massacres mais ne sont-ils pas suspects d'avoir endossé le rôle des nazis durant la seconde guerre mondiale, se demande Folman. Leur chaos psychologique met en effet en regard Sabra et Shatila et le ghetto de Varsovie."
Voilà, nous retrouvons le nazisme "en regard" d'Israël. Dans un message précédent j'ai montré un exemple de documentaire télévisé patriotique qui voit dans la puissance militaire israélienne la réponse à Hitler. Si le patriote israélien se veut aussi fort qu'Hitler, le pacifiste qui dénonce le patriotisme se doit de dire "nous ressemblons aux nazis".
Dans les deux cas la réaction est délirante. Hitler et le nazisme ne sont plus là. Israël - justement - a plutôt bien réussi jusqu'à aujourd'hui à relever le défi d'avoir à recourir fréquemment à la force militaire sans trahir ses valeurs éthiques juives et démocratiques. Pourtant ses ennemis font systématiquement tout pour que le soldat israélien soit dans la position de l'Occupant qui opprime des civils.
Tant qu'une solution politique ne sera pas adoptée par les camps en présence, Hamas, Hezbollah et Iran y compris, ou tant que le Messie ne sera pas arrivé, il faudra se salir parfois les mains dans des guerres défensives et justifiées, des GUERRES UTILES. Car tant que le monde restera soumis au règne des Etat-Nations, les Juifs auront besoin du leur pour essayer d'exister en tant que peuple, avec toutes les contradictions que cela implique. Mais c'est une question trop vaste pour en traiter ici.
Folman définit son film comme parfaitement apolitique. Dire que toutes les guerres sont inutiles, ce n’est pas politique? La désinformation médiatique dont nous sommes coutumiers a fait porter sur Israël toute la responsabilité du massacre de Sabra et Shatila (voir sur Le Monde Diplomatique). Déjà le Guardian (Folman's confession thrills Cannes) voit dans ce film le mea culpa d'un soldat israélien. Est-il permis, dans ce contexte, de s'offrir de telles compassions nombrilistes et apolitiques?
Aucun responsable libanais des nombreux massacres (Damour, Chekkra, Mont-Liban, Karantina, Tel Al-Zaatar...) qui ont émaillé la guerre civile n’ont été inquiétés. Tous ont été automatiquement amnistiés. Tant pis pour les familles des victimes. Le Liban soubresaute en ce moment. Ses charniers ne sont-ils pas encore digérés? Le commandant des Phalanges Chrétiennes qui a dirigé le massacre de Sabra et Shatila, Elie Hobeika, est même devenu ministre après la guerre, en 1990, dans un gouvernement dirigé par un certain… Rafic Hariri. Ministre de quoi? Ministre en Charge des Réfugiés. Mais quel humour, ces Libanais!






