Vu de Jérusalem

Commentaires de l'actualité israélienne, réflexions sur le conflit israélo-palestinien, le Judaïsme, les Sciences... le monde vu depuis son centre névralgique, depuis Jérusalem, d'un point de vue probablement juif, français, à la sauce israélienne, le mien

jeudi 26 mars 2009

Entre calotte et capote

Le pape va bientôt venir nous voir en "Terre Sainte", en notre bonne ville de Jérusalem. Il mérite bien que je lui consacre un message.

Décidemment ce pape fait beaucoup parler de lui... Après l'islam violent, les intégristes négationnistes blanchis, voilà les préservatifs qui propagent (ou risquent de propager, selon les versions) le SIDA...

PopeCap

Un pape dans le vent. Parfois

J'ai l'impression que Benoît XVI fait de la provocation systématique pour renforcer efficacement sa couverture médiatique et apostolique. B16 lâche des bombes comme un B52, alors autant ne pas réagir bêtement en tombant dans leurs cratères, et là je trouve que la presse, les ONG et les politiques dans l'ensemble n'ont pas sû les éviter.

Pour sa défense, je dirais que le pape s'est placé d'emblée sur le terrain d'une critique des mœurs et non sur celui de l'efficacité technique de l'accessoire en question. Celui-ci ne préserve pas seulement des maladies sexuellement transmissibles, mais aussi du don de la vie, tout aussi sexuellement transmise... Le condom peut se déchirer, ou - c'est peut-être plus sérieux - être réutilisé, là n'est pas la question: la rupture entre sexualité et procréation qu'il permet peut encourager des comportements irresponsables, et cette irresponsabilité devenue norme peut s'avérer être le vrai problème. La question ne me semble pas illégitime, ni à évacuer d'une simple pantalonnade. Nous n'avons pas et ne pouvons avoir de statistique qui permettrait de trancher. Mais il est certain que si une majorité de couples se faisaient fidèles et consistants, le SIDA pourrait être jugulé, en Afrique ou ailleurs.

La question est en fait beaucoup plus profonde et trace une ligne de partage des eaux entre, d'un coté, une laïcité "occidentale" matérialiste, et de l'autre une religiosité "orientale" commune aux trois monothéismes.

Défendre la dignité de la vie humaine implique en toute logique de défendre la sainteté de l'union sexuelle qui en est l'origine. "Humaniser la sexualité", pour reprendre l'expression papale, cela veut dire ne pas instrumentaliser et chosifier l'autre et soit même en séparant le corps - fait objet de plaisir - de la totalité entière de l'être humain. C'est l'engagement total qui fait l'homme; assumer entièrement la responsabilité de ses actes, jusque dans leurs conséquences pour les générations futures, ad eternam. Or cette simple membrane de latex à le pouvoir de permettre à l'homme de se couper de ce futur et de cette éternité, cet artifice lui ouvre les portes d'un paradis instantané. Mais rien n'est plus fugace et illusoire que la satisfaction au présent. Alors il faut la répéter, le plus souvent. Nous voilà dans le quantitatif, signe du matériel: combien d'orgasmes, combien de fois par mois? Le "corps" physique a ses besoins, alors pourquoi ne pas consommer un autre corps physique moyennant paiement, comme toute autre marchandise?

L'hébreu biblique n'a pas de terme pour "corps". L'hébreu moderne dit "gouf", or c'est un terme qui a pour origine "goufa", "cadavre". Séparé de la vie qui l'anime et le prolonge le corps se fait mortel, l'ouverture sur l'éternel - mortifère.

Humaniser la sexualité, oui, mais l'absolutisme éthique peut conduire à son contraire. Il faut poser des principes justes, mettre les limites où elles doivent se trouver - c'est le rôle du pape pour ses ouailles - mais il faut aussi gérer de façon responsable l'imparfaite réalité et ses transgressions.  En pratique, l'Église est responsable de nombreux morts et peut être considérée comme immorale, voire instigatrice de crimes: mère qu'un avortement aurait sauvé, enfant qu'un frère né par FIV aurait pu guérir, malades du SIDA que le préservatif aurait protégé, sont autant de morts au nom des sacro-saints principes de sacralité du mariage et de la vie. Voilà comment une éthique peut se faire absurde et inhumaine.

L'Église reste malade de son dogmatisme qui découle de la coupure chez elle entre Royaume de Dieu et monde d'ici-bas. Entre calotte et capote c'est le divorce en quelque sorte.

Tout comme le pape, les rabbins sortent toujours couverts... de leur calotte. Leur position quant au préservatif est pourtant très différente. Ils restent, par la vertu de la casuistique talmudique, toujours très respectueux des  situations concrètes. Sauver une vie prime tout, la religion et les principes passent après. Curieusement le "Shabbat fait pour l'homme et non l'homme pour le Shabbat" du Nazaréen semble mieuxrbrody_1 appliqué par les Juifs que par les chrétiens...

Les rabbins n'interdisent pas la contraception à la femme, elle pour qui les grossesses à répétition peuvent devenir un cauchemar. Par contre elle n'est pas permise à l'homme qui est seul tenu au commandement de procréation et n'a pas le droit  "de répandre son sperme en vain". Si le couple a deux enfants, un garçon et une fille, une femme peut prendre la pilule sans le dire à son mari.

La joie hassidique - Rav Lazer Brody 

Le préservatif, que l'homme ne peut ignorer et qui rend le sperme "vain", est donc formellement interdit en tant que moyen contraceptif. Mais la halakha n'exige pas d'un malade du SIDA l'abstinence à vie. Elle ne s'occupe pas de savoir comment le SIDA a été contracté, une fois contaminé, le malade se doit impérativement d'utiliser dans tous les cas un préservatif, sinon il deviendrait un meurtrier.

Dans le cas de rapports hors mariage, interdits de par ailleurs, le décisionnaire rabbinique, pragmatique, exigera que l'homme se protège car le devoir de préserver la vie - la sienne comme celle de sa partenaire - ne peut être négligé. La halakha fait toujours la distinction entre l'a priori et l'après-coup.  Être dans une situation a priori interdite ne permet pas d'y ajouter une transgression encore plus grave!

TheTribe_Patch_and_Kippah

La tribu

Trouver la voie juste entre des impératifs moraux contradictoires, c'est tout l'art des discussions talmudiques. Le maître dans une école juive est sensé enseigner aux adolescents dont il a charge l'abstinence et la sainteté du mariage. Mais comme "la chair est faible", il devrait leur conseiller sans fausse pudeur des stratégies pour éviter le dérapage, tout en préparant une issue de secours au cas où il s'est malgré tout produit. Ne pas promouvoir le préservatif donc, tout en informant de sa possibilité comme moindre mal. Un travail d'équilibriste, mais ne pas informer  et mettre en garde serait coupable, interdire ce dernier recours - criminel. C'est le cas du pape, qui en outre traite les africains comme de grands enfants. Mais il est "il papa" après tout...

Je pourrais suggérer au successeur de Saint Pierre une solution supplémentaire, "décalottée", si je puis dire: la circoncision, dont nombre d'études épidémiologiques ont montré qu'elle peut réduire jusqu'à 60% la contagion par le SIDA et autres MST.

Lui demander de talmudiser passait encore, mais là je crains de lui en demander un peu trop...

Commentaires

Mon cher docteur!
je vous attend rapidement pour un face un face juif/catholique (habituellement je dis chrétienne mais là je me dois de préciser) pour vous faire part de ce que j'ai apprécié, mais surtout de ce qui m'a fait bouilloner!!!!
AC

Posté par godino, dimanche 29 mars 2009 à 21:14

trouver les textes du pape...

...arrêtez Libé, trouvez votre bonheur sur www.zenit.org

Posté par godino, dimanche 29 mars 2009 à 21:15

trouver les textes du pape...

...arrêtez Libé, trouvez votre bonheur sur www.zenit.org

Posté par godino, lundi 30 mars 2009 à 09:44

réponse amicale et franche

Quand on est de confession catholique, soit on rentre dans un délire de persécution qui n'avance à rien sauf à se prendre pour un saint martyr, soit on utilise sa raison et un peu de sa foi pour se forger un regard lucide sur les positions de l'Eglise, représentée par le pape.
L'objectif de ma réponse n'est pas d'exprimer mon avis(ce n'est pas l'essentiel) mais d'éclaircir et questionner.
Certains y verront peut être une opposition au préservatif ? non, vraiment pas. Faire avancer le débat : toujours.


Entre calotte et capote
Le pape va bientôt venir nous voir en "Terre Sainte", en notre bonne ville de Jérusalem. Il mérite bien que je lui consacre un message.
Décidemment ce pape fait beaucoup parler de lui... Après l'islam violent, les intégristes négationnistes blanchis
(http://www.vatican.va/roman_curia/secretariat_state/2009/documents/rc_seg-st_20090204_note-decree-cbishops_fr.html - « La levée de l'excommunication a libéré les quatre évêques d'une peine canonique très grave, mais n'a rien changé à la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X qui, à l'heure actuelle, ne jouit d'aucune reconnaissance canonique de la part de l'Église catholique. Les quatre évêques eux-mêmes, bien que déliés de l’excommunication, n'ont pas une fonction canonique dans l'Église et n'exercent pas un ministère licite en son sein.) »,
voilà les préservatifs qui propagent (ou risquent de propager, selon les versions le SIDA...


("Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du SIDA uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d'épreuve." Benoit XVI
source www.zenit.org )
J'ai l'impression que Benoît XVI fait de la provocation systématique pour renforcer efficacement sa couverture médiatique et apostolique
(jugement hâtif sans fondement et si je voulais continuer dans cette lignée puérile, je pourrai dire qu’Israël en fait autant (je parle de provocation uniquement) mais pas qu’avec des mots).
B16 lâche des bombes comme un B52
(jusqu’ici ça n’a tué personne !),
alors autant ne pas réagir bêtement en tombant dans leurs cratères, et là je trouve que la presse, les ONG et les politiques dans l'ensemble n'ont pas sû les éviter.
Pour sa défense, je dirais que le pape s'est placé d'emblée sur le terrain d'une critique des mœurs et non sur celui de l'efficacité technique de l'accessoire en question
(le manque d’efficacité technique de l’accessoire est prouvé ou/et lié à un mode d’emploi non respecté donc B16 n’a pas d’intérêt à revenir là dessus mais plutôt intérêt à réfléchir à des causes sur lesquelles il est possible d’agir et d’avoir des résultats).
Celui-ci ne préserve pas seulement des maladies sexuellement transmissibles, mais aussi du don de la vie, tout aussi sexuellement transmise... Le condom peut se déchirer, ou - c'est peut-être plus sérieux - être réutilisé, là n'est pas la question: la rupture entre sexualité et procréation qu'il permet peut encourager des comportements irresponsables, et cette irresponsabilité devenue norme peut s'avérer être le vrai problème. La question ne me semble pas illégitime, ni à évacuer d'une simple pantalonnade. Nous n'avons pas et ne pouvons avoir de statistique qui permettrait de trancher. Mais il est certain que si une majorité de couples se faisaient fidèles et consistants, le SIDA pourrait être jugulé, en Afrique ou ailleurs.
(Le professeur Montagnier évoque 3 moyens de lutte contre le VIH : abstinence, fidélité et préservatif, ce dernier n’arrivant qu’en 3 ème position même s’il reste indispensable…c’est un scientifique qui parle, d’autant plus qu’il a fortement contribué à la découverte du virus)
La question est en fait beaucoup plus profonde et trace une ligne de partage des eaux entre, d'un coté, une laïcité "occidentale" matérialiste, et de l'autre une religiosité "orientale" commune aux trois monothéismes (et qui applique la « morale » sous la pression sociale… mais heureusement il y a Tel Aviv !!!!).
Défendre la dignité de la vie humaine implique en toute logique de défendre la sainteté de l'union sexuelle qui en est l'origine. "Humaniser la sexualité", pour reprendre l'expression papale, cela veut dire ne pas instrumentaliser et chosifier l'autre et soit même en séparant le corps - fait objet de plaisir - de la totalité entière de l'être humain. C'est l'engagement total qui fait l'homme; assumer entièrement la responsabilité de ses actes, jusque dans leurs conséquences pour les générations futures, ad eternam. Or cette simple membrane de latex à le pouvoir de permettre à l'homme de se couper de ce futur et de cette éternité, cet artifice lui ouvre les portes d'un paradis instantané. Mais rien n'est plus fugace et illusoire que la satisfaction au présent. Alors il faut la répéter, le plus souvent. Nous voilà dans le quantitatif, signe du matériel: combien d'orgasmes, combien de fois par mois? Le "corps" physique a ses besoins, alors pourquoi ne pas consommer un autre corps physique moyennant paiement, comme toute autre marchandise?
L'hébreu biblique n'a pas de terme pour "corps". L'hébreu moderne dit "gouf", or c'est un terme qui a pour origine "goufa", "cadavre". Séparé de la vie qui l'anime et le prolonge le corps se fait mortel, l'ouverture sur l'éternel - mortifère.
Humaniser la sexualité, oui, mais l'absolutisme éthique peut conduire à son contraire. Il faut poser des principes justes, mettre les limites où elles doivent se trouver - c'est le rôle du pape pour ses ouailles - mais il faut aussi gérer de façon responsable l'imparfaite réalité et ses transgressions. En pratique, l'Église est responsable de nombreux morts et peut être considérée comme immorale, voire instigatrice de crimes: mère qu'un avortement aurait sauvé, enfant qu'un frère né par FIV aurait pu guérir, malades du SIDA que le préservatif aurait protégé, sont autant de morts au nom des sacro-saints principes de sacralité du mariage et de la vie
(Yehuda : l’Eglise ne m’impose rien et si les cathos sont assez cons pour se mettre en danger, ce n’est pas la responsabilité de l’Eglise….Benoit XVI parle assez de raison dans la religion, aux cathos de l’appliquer).
Voilà comment une éthique peut se faire absurde et inhumaine.
L'Église reste malade de son dogmatisme
(mais la connaissance scientifique a une grande place au Vatican)
qui découle de la coupure chez elle entre Royaume de Dieu et monde d'ici-bas
(pourquoi est elle alors le premier prestataire de services après les pouvoirs publics pour les malades séropositifs ? peut être me répondras tu que c’est pour déculpabiliser de sa réticence à l’égard du préservatif !!!! on ne peut savoir…).
Entre calotte et capote c'est le divorce en quelque sorte.
(ça l’a toujours été !!!)
Tout comme le pape, les rabbins sortent toujours couverts... de leur calotte. Leur position quant au préservatif est pourtant très différente. Ils restent, par la vertu de la casuistique talmudique, toujours très respectueux des situations concrètes. Sauver une vie prime tout
(laquelle choisissent-ils : celle de la mère ou celle de l’enfant en cas de grossesse à très haut risque ? La vie de l’un a-t-elle plus de valeur que l’autre ? Qui peut le dire ? )
, la religion et les principes passent après
(la loi naturelle passe avant, la religion et les principes passent effectivement après s’ils ne sont pas dans la voie de la nature) .
Curieusement le "Shabbat fait pour l'homme et non l'homme pour le Shabbat" du Nazaréen semble mieux appliqué par les Juifs que par les chrétiens
(sans conteste, mais ce n’est pas le sujet ! ou alors pardon si je n’ai pas fais un lien.)...
Les rabbins n'interdisent pas la contraception à la femme
(sur ce point, la religion passe devant la loi naturelle, sur quel arbre puis je cueillir la pilule, monsieur l’écologiste ?)
, elle pour qui les grossesses à répétition peuvent devenir un cauchemar
(méthode Billings, est ce que les rabbins connaissent et les juifs en général ??? 100% écolo).
Par contre elle n'est pas permise à l'homme qui est seul tenu au commandement de procréation et n'a pas le droit "de répandre son sperme en vain". Si le couple a deux enfants, un garçon et une fille, une femme peut prendre la pilule sans le dire à son mari.
(encore une fois, sur quel arbre puis je la cueillir ??? et s’il y a bien un domaine à ne pas négliger en matière de communication dans un couple, c’est bien celui de la sexualité….et pourquoi mentir ? en tant que femme, je suis irritée de voir que je serai seule à porter le choix de l’infertilité alors que concevoir un enfant comme ne pas en concevoir se décide à 2 )
Le préservatif, que l'homme ne peut ignorer et qui rend le sperme "vain", est donc formellement interdit en tant que moyen contraceptif. Mais la halakha n'exige pas d'un malade du SIDA l'abstinence à vie. Elle ne s'occupe pas de savoir comment le SIDA a été contracté, une fois contaminé, le malade se doit impérativement d'utiliser dans tous les cas un préservatif, sinon il deviendrait un meurtrier.
(La femme ne contracte pas systématiquement le VIH, elle a les muqueuses pour, c’est bien connu ! mais effectivement, c’est un danger même si les statistiques le minimise).
Dans le cas de rapports hors mariage, interdits de par ailleurs, le décisionnaire rabbinique, pragmatique, exigera que l'homme se protège car le devoir de préserver la vie - la sienne comme celle de son partenaire - ne peut être négligé (et si ça pète ?). La halakha fait toujours la distinction entre l'a priori et l'après-coup. Être dans une situation a priori interdite ne permet pas d'y ajouter une transgression encore plus grave!
Trouver la voie juste entre des impératifs moraux contradictoires, c'est tout l'art des discussions talmudiques. Le maître dans une école juive est sensé enseigner aux adolescents dont il a charge l'abstinence et la sainteté du mariage. Mais comme "la chair est faible", il devrait leur conseiller sans fausse pudeur des stratégies pour éviter le dérapage, tout en préparant une issue de secours au cas où il s'est malgré tout produit. Ne pas promouvoir le préservatif donc, tout en informant de sa possibilité comme moindre mal
(c’est purement la réalité de prêtres catholiques, comme par exemple Guy Gilbert, surnommé prêtre des loubards. Ses jeunes savent bien sa position que la consommation de sexe n’est pas une voie de bonheur mais il leurs sort de sa poche le « nécessaire » Et il baigne totalement dans la conception du pape)
Un travail d'équilibriste, mais ne pas informer et mettre en garde serait coupable, interdire ce dernier recours – criminel
(trouve moi un texte qui interdit ce dernier recours…il y a un manque évident de référence. Je propose une parmi d’autres : « En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand (17) il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien » Humanae Vitae.
Jean-Paul II a rappelé à plusieurs reprises la position de l'Église sur la contraception et la prévention du sida. En 1993, en Ouganda devant des jeunes, il expliquait sur la question du sida que " le langage sexuel honnête exige un engagement à la fidélité qui dure toute la vie. Donner votre corps à une autre personne, c'est vous donner tout entier à cette personne [...] La force de votre futur amour conjugal dépend de la force de votre effort actuel pour apprendre le véritable amour, une chasteté qui implique que l'on s'abstienne de tout rapport sexuel en dehors du mariage. Le lien sexuel fidèle de la chasteté est l'unique manière sûre et vertueuse pour mettre fin à cette plaie tragique" – Je n’interprète pas ces propos comme un interdit mais comme une proposition de liberté(dans le sens choisir ce qu’il y a de mieux pour l’homme, ce qui le rend moins esclave).
C'est le cas du pape, qui en outre traite les africains comme de grands enfants. Mais il est "il papa" après tout...
(comme ces chers rabbins dont certains juifs ne peuvent plus se passer pour résoudre les détails de leur existence)
Je pourrais suggérer au successeur de Saint Pierre une solution supplémentaire, "décalottée", si je puis dire: la circoncision, dont nombre d'études épidémiologiques ont montré qu'elle peut réduire jusqu'à 60% la contagion par le SIDA et autres MST.
(parfaitement d’accord : si j’ai des garçons, ils seront circoncis de toute évidence)
Lui demander de talmudiser passait encore, mais là je crains de lui en demander un peu trop...

Je ne suis pas sûre que B16 réponde à ton message mais il se serait une fois de plus senti incompris...pire qu'une femme!!!

Posté par godino, mardi 31 mars 2009 à 13:18

Réponse à AC

Merci pour ton commentaire si détaillée!
Je te dois quelques explications:

Le pape s'est excusé publiquement auprès des musulmans pour ses paroles sur l'Islam, puis pour les intégristes à propos desquels il a reconnu avoir fait une erreur. Des négationnistes auraient pu rester excommuniés, mais ce n'est pas mon affaire c'est vrai. Je ne suis pas le seul à penser que ces "bourdes" sont délibérées, avec pour but de mettre l'Eglise au premier rang des débats publics, dans l'espoir que son message reste d'actualité. Quant on connaît l'extrême prudence du Vatican et la professionnalité des conseillers qui entourent le pape, il est difficile de croire à une simple erreur.
Je t'ai dis que j'avais beaucoup d'estime pour les qualités intellectuelles du pape dont j'ai lu quelques articles et apprécié leur justesse.
N'empêche, je maintiens que le préservatif - même au 3e rang - sauve des vies humaines et continuera à en sauver tant que les hommes (et les femmes...) ne se comporteront pas comme des saints.

La parole du pape fait évidemment autorité pour beaucoup de chrétiens croyants et elle est dite pour être suivie d'effet. Cette parole tue, oui, et je suis désolé de le dire.
Quant à ce que tu dis des rabbins ou de l'infantilisme de croyants juifs, je suis d'accord avec toi, mais ce n'était pas mon propos...

Et pour ce qui est des muqueuses féminines, je ne conseillerai à aucune femme de jouer à cette roulette russe!

Citation très à propos: « En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien » Humanae Vitae. C'est toute la question!
Je ne sais pas si B16 suit Humanae Vitae ni comment il l'interprète. Il applique apparemment la 2e partie:
"il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien". Faire le mal pour sauver une vie humaine sera interdit aussi? Quel mal? La Halakha enseigne - comme Jésus - que le shabbat doit être transgressé pour le moindre doute de risque pour une vie. Autrement dit, les commandements divins et ce qu'il y a de plus sacré passent après la sainteté de la vie humaine. C'est ce que je voulais dire. C'est cela ne pas être dogmatique.
Sinon je n'ai pas compris ce que tu veux dire avec "la loi naturelle", et la pilule dans les arbres?

Pour le cas ou l'accouchement met en danger la vie de la mère, c'est celle-ci qui est choisie, parce que 1) c'est elle qui est, en quelque sorte, "attaquée", par l'enfant; 2) parce qu'il n'est pas sûr que l'enfant survive dans ces conditions et sans mère; 3) parce que la mère pourra avoir d'autres enfants... De toute façon, même s'il est sûr que les 2 vont mourir au cas où la grossesse n'est pas interrompue, l'Eglise catholique laisse faire - autant que je sache - et je trouve cela impardonnable.
La seule limite à faire le mal admise par le judaïsme est dans le cas ou un homme est contraint sous menace de mort de tuer un autre homme, de pratiquer l'idolâtrie ou l'inceste, alors il doit se laisser tuer et ne pas transgresser. Cela ne concerne que sa propre vie, qu'il n'a le droit que de ne pas protéger, mais pas d'y attenter délibérément...

Posté par Yehuda, mercredi 1 avril 2009 à 11:57

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